TEXTILE/SAÔNE-ET-LOIRE. Le sauvetage en avril dernier de MCD Confection, devenue L'Atelier MCD, doit beaucoup à Christian Mottey, qui avait revendu cette même entreprise en novembre 2014 pour prendre sa retraite.
Ce véritable personnage dans le monde de la confection, friand des moutons à cinq pattes, relance de belle manière son ancienne société, rachetée par le Lyonnais Yves Goutagny, lui aussi dans le métier. Explications.

On écoute avec plaisir Christian Mottey parler des heures durant de son savoir-faire de couturier prototypiste dans son atelier, implanté à Montceau-les-Mines (Saône-et-loire) et baptisé L’Atelier MCD (12 salariés), acronyme en référence à son nom, son prénom et celui de son épouse Dominique qui ne l’a pas suivi dans cette nouvelle aventure professionnelle.
Le “Monsieur à la blouse bleue”, comme on le surnomme depuis si longtemps, ne devrait pourtant plus travailler à l’âge de 67 ans, mais les hasards de la vie l’ont conduit à reprendre du service dans ce qui fut naguère “La montcellienne”. Il s’agit de l’ancien gymnase où s’entraînait Henri Boerio, l’un des très grands champions français, notamment médaillé de bronze à la barre fixe aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976.
Dans ce vaste local très haut de plafond, l’homme est à son aise et délaisse souvent le cliquetis des machines à coudre pour son poste de prédilection à la découpe des tissus reçus des créateurs de mode qui lui demandent de réaliser un prototype à partir d’un croquis, puis d’un patron et enfin d’un patronnage.
« Nous sommes spécialisés dans ce domaine, ainsi que dans les préséries et jusqu’aux petites séries, que ce soit pour du vêtement très haut de gamme, voire de haute couture, du vêtement professionnel et même du vêtement de sport particulièrement difficile à réaliser comme celui des escrimeurs », indique Christian Mottey.

« Croyez-moi, nous ne manquons pas d’activité, le nombre d’heures supplémentaires payées en témoigne et nous avons l'ambition d’atteindre à terme les 500.000 € de chiffre d’affaires », poursuit-il aux côtés de sa fille et complice Alexandra Darroux qui s’occupe de l’administratif.
Un savoir-faire à préserver
En remontant le temps d’une année, Yves Goutagny, le dirigeant de la société lyonnaise Robur, spécialiste du vêtement professionnel (chiffre d'affaires de 15,9 millions d’€ en 2016), notamment pour l’hôtellerie-restauration, sauve l’entreprise de la liquidation en avril 2017, via sa holding. Mais à la seule condition que Christian Mottey la "redirige”. Un verbe parfaitement idoine.
Car les deux hommes se connaissent bien et s’apprécient depuis longtemps pour œuvrer dans le même domaine de prédilection à leurs yeux : le beau vêtement. « Je ne voulais pas laisser disparaître ce que j’avais lancé à Génelard (Saône-et-Loire), en reprenant un établissement d’Adolphe Lafont, toujours l’un des spécialistes du vêtement professionnel, et ce depuis 1844 », explique Christian Mottey.
Cette aventure commence donc en 1984 pour ce mécanicien de bureau d’études, puis représentant en vêtements de travail. Jean-Paul Meunier, élu du canton, puis maire de la commune de Génelard le convainc de racheter cet établissement. A l’époque restent douze couturières – alors que l'atelier en avait compté jusqu’à 150 – peu polyvalentes qui font soit des blouses soit des combinaisons ou encore des vestes et des pantalons.

Le tout nouveau chef d’entreprise les forme dans le cadre d’une société nouvelle, baptisée Mocrido – autre acronyme pour Mottey Christian Dominique - et après une année de commandes accordée par Adolphe Lafont, trace sa route avec une trentaine de personnes sur le même créneau textile.
Quatre années plus tard, naît à Saint-Vallier, toujours en Saône-et-Loire, un établissement secondaire qui se consacre à la maille : pulls, robes, vestes, gilets…, et collabore notamment avec une entreprise mythique du cru : Clayeux (Lire du même auteur dans Les Echos). Toute l’activité se regroupe sur place en 1998 avec une vingtaine de salariés et la réalisation, en autres, de vêtements de haute sécurité.
C’est l’âge d’or du fabricant qui, à partir de la décennie 2000, décline également des produits très haut de gamme pour de jeunes créateurs. Et puis, c’est la cession, avec une année de tutorat et deux années plus tard un redressement judiciaire qui aboutit à la liquidation… Une nouvelle page s’écrit aujourd’hui.

















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