Spécialisée dans le développement, le financement et l'exploitation de centrales photovoltaïques en France et à l’international, Tryba Energy possède de nombreux projets en cours et dans les tuyaux en Alsace, son berceau, et ailleurs. La division du groupe Atrya qui souhaiterait construire davantage de centrales et plus vite, déplore des freins au niveau des démarches administratives et de l’approvisionnement en panneaux photovoltaïques.
Alors que la guerre en Ukraine a rouvert les débats sur la souveraineté énergétique de l’Europe, Tryba Energy poursuit son développement. Depuis presque trois ans, l’entreprise de Mertzwiller (Bas-Rhin) a doublé ses effectifs. Elle compte aujourd’hui une quinzaine de salariés et a réalisé en 2021 un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’€. Cette division du groupe familial Tryba est présente sur le marché de l’énergie solaire depuis 2008. Elle développe et exploite des centrales photovoltaïques au sol, en toitures et en ombrière de parking, pour le compte d’un investisseur principal, le groupe industriel Atrya.
Face aux grands groupes de l’énergie et à une concurrence accrue, Tryba Energy a réussi à se faire une place sur le marché. Depuis une dizaine d’années, l’entreprise répond chaque année aux appels d’offres pour l’installation de centrales au sol de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et elle affiche un taux de réussite de 100%. « Ce bon résultat vient du fait que nous sommes très sélectifs sur les terrains des constructions », précise Mathieu Foerderer, directeur général délégué. La société s’oriente en priorité vers des terrains dégradés, pollués, des friches industrielles ou encore des sites ne présentant pas d’impacts environnementaux importants.

L’entreprise a notamment remporté l’appel d’offres « Transition énergétique du territoire de Fessenheim », et installe actuellement une centrale au sol dans l’ancienne gravière de Reguisheim (Haut-Rhin). Sur 22,9 hectares, elle doit produire 20 mégawatts. D’autres projets sont programmés pour 2023-2024 également dans le Haut-Rhin à Wittenheim, Aspach-Michelbach et Kingersheim.
Tryba Enegry a également signé un contrat avec Vinci pour installer une centrale de 5 mégawatts sur un ancien chantier de l’autoroute A19, à l’est de Montargis, dans le Loiret. Le dossier est en phase d’autorisation administrative. La société compte aujourd’hui plus de 200 mégawatts de projets en cours de développement et 40 mégawatts « prêts à construire ». Même si elle a conduit des projets à l’international dans des pays comme l’Ukraine, la Roumanie ou encore l’Ouganda, Tryba Energy se focalise aujourd’hui en priorité sur la France.
Trop peu de fabricants de panneaux en France et en Europe

Tryba Energy aimerait intensifier le rythme d’installation de ses projets en toiture et au sol, mais elle déplore de nombreux freins. « Les contraintes environnementales freinent les projets même sur les terrains dégradés. Il y a beaucoup de démarches et de lourdeurs administratives qui rendent le développement des projets de plus en plus longs. Pour qu’un projet de centrale au sol voit le jour, il faut compter entre quatre et cinq ans. Nous espérons des efforts de la part du législateur pour faciliter les démarches administratives », souligne Mathieu Foerderer. D’autant que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) incite à produire plus de centrales solaires. L’objectif de la PPE est de doubler la capacité installée des énergies renouvelables électriques en 2028 par rapport à 2017.
L’autre obstacle au développement rapide des projets solaires est l’approvisionnement, difficile, en panneaux photovoltaïques. La Chine est le principal pays producteur, mais durant la crise de la Covid, elle a conservé les panneaux pour son propre marché et les coûts de transports se sont envolés. Des fabricants européens et français existent, mais ils sont peu nombreux. Tryba Energy travaille notamment avec Photowatt, une filiale du groupe EDF. « La création d’une filière industrielle solaire en France est un vrai sujet. Notre indépendance énergétique nationale en dépend », prévient Mathieu Foerderer.

Le mix énergétique français
La France est relativement souveraine en matière d’énergie grâce au nucléaire. Le nucléaire représente environ 40% de notre consommation d’énergie, le pétrole 30%, le gaz 15% et les énergies renouvelables 11%.
Photos fournies par l’entreprise.








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