Le fabricant d’équipements de stérilisation et de pasteurisation basé à Saverne (Bas-Rhin) a gagné deux marchés de respectivement 8 millions d’euros au Mexique et 2,5 millions en Chine. Ses machines automatisées, connectées et économes en énergie séduisent les industries agroalimentaires dans le monde entier.
Une énorme machine sortira des ateliers de production de l'entreprise Steritech à Saverne (Bas-Rhin) avant la fin de l’année. Elle mesure 25 mètres de long et 12 mètres de haut, pèse environ 200 tonnes et sera capable de produire 320 pochons de haricots cuisinés à la minute.
Opérationnelle en 2025, elle appartient à Sabormex, le géant de l’agroalimentaire au Mexique. Sa commande, passée en 2023 s’élève à 8 millions d’euros. Steritech avait déjà fabriqué un équipement de ce type pour Fleury Michon, mais selon son président, Pierre Gavignon, l’entreprise a « franchi un cap : si ce client mexicain est satisfait, nous aurons d’autres machines identiques à produire pour lui », annonce-t-il.

Grâce à ce marché, le chiffre d’affaires de la PME alsacienne va bondir de 10 millions d’euros en 2023 à 17 millions en 2024. L’export en représente 95%. Steritech est présent dans 46 pays, un peu partout dans le monde, sur les continents américain, et européen, en Asie, en Australie et Nouvelle-Zélande…
En outre, l’entreprise doit livrer en 2025 des autoclaves pour un industriel chinois qui produit des plats cuisinés, un contrat de 2,5 millions d’euros. Pour ce projet qui comprend une ligne complète incluant des robots de convoyage, Steritech travaille avec un sous-traitant italien qui fabriquera les robots mêmes. « Aujourd’hui, nous sommes capables de livrer une ligne quasiment complète », affirme Pierre Gavignon. Et grâce à son service après-vente et ses innovations numériques, la petite entreprise de 46 salariés a engrangé plusieurs atouts face à ses concurrents.
Des lunettes connectées pour la maintenance à distance

Pionnier du pilotage des machines par ordinateur, Steritech a développé son propre logiciel qui permet d’optimiser la production, la traçabilité et la maintenance des équipements via des plannings d’entretien et des messages d’alerte. Depuis trois ans, la société a également développé une solution de réalité augmentée. Par le biais de lunettes connectées, le client peut montrer en direct les problèmes rencontrés sur sa machine ou son autoclave et le service technique peut ainsi le dépanner à distance en 5 à 10 minutes.
Afin de faciliter la maintenance, la PME bas-rhinoise mise également sur la transparence : si une pièce casse, elle envoie le plan de celle-ci, de sorte que le client puisse la réusiner. Et pour la réalisation de ses équipements, elle utilise au maximum des composants standards de grande marque, vendus partout dans le monde. « Nous sommes plus chers que nos concurrents, mais au final, le client s’y retrouve », assure le dirigeant.
L’un des autres arguments commerciaux réside dans les économies d’eau et d’énergie des machines. L’entreprise qui détient près d'une dizaine de brevets internationaux, travaille constamment sur ces sujets. Elle développe actuellement des projets d’économie de vapeur d’eau et elle teste de nouveaux matériaux isolants pour ses autoclaves. Elle planche également sur des emballages contenant moins de plastique.
Conséquence de sa croissance : Steritech manque de place dans ses 2.600 m2 actuels à Saverne. Après une extension de 600 m2 en 2020, elle souhaiterait ajouter 500 m2 pour l'agrandissement de l’atelier de production et des bureaux. Mais la configuration du terrain impose de construire sur pilotis, ce qui ferait dépasser les 5 millions d'euros au budget du chantier. Dès lors, Pierre Gavignon, a décidé de remettre le projet à plus tard. En attendant, il va réorganiser les flux et investir dans un magasin de stockage en hauteur dans le but d’y gagner de l’espace libre.
Quant à un autre enjeu, la réduction de consommation énergétique, Steritech y répond par le projet de s’équiper d’une VMC double flux, de couvrir l’usine de panneaux photovoltaïques - en complément des 125 panneaux déjà achetés - et d’installer un système de récupération des eaux de pluies destinées au test des autoclaves. L’ensemble de ces investissements s’élève à 500.000 euros.



















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