Nous observons la toujours bienvenue pause d'été. Nous vous la souhaitons reposante, ressourçante et plus particulièrement cette année, propice à garder ou retrouver une forme olympique ! En attendant de nous retrouver fin août, nous vous proposons un retour sur des actualités marquantes des trois derniers mois. Aujourd'hui : Patek Philippe. La prestigieuse manufacture genevoise fait fabriquer et décorer certains composants de ses mouvements horlogers de l’autre côté de la frontière, à Petite-Chaux, dans sa filiale Betakron. Cette unité franc-comtoise qui emploie déjà près de 200 salariés est arrivée à saturation. Elle bénéficie d’une extension d’environ 7 millions d’euros, afin de doubler la surface de production, qui devrait s'accompagner de la création d'une cinquantaine d'emplois.


ARTICLE PUBLIE Le 10 JUIN 2024. Au sud du département du Doubs, Petite-Chaux, commune de 163 habitants entre Mouthe et Chaux-Neuve, accueille un fleuron de l’horlogerie : Betakron, la seule filiale française de production de la luxueuse maison suisse Patek Philippe. Cette entreprise emploie 190 salariés, davantage donc que le village ne compte de population. Pourtant, fidèle à la tradition de discrétion de la filière, elle passe quasiment inaperçue, ses deux ateliers ayant été construits en 2007 et 2008 à l’arrière d’une ancienne fromagerie.


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Juste derrière, un peu plus haut sur la colline, une troisième halle, plus vaste que les précédentes, est en train de sortir de terre et devrait être opérationnelle ce mois d'août. Le nouveau bâtiment permettra de doubler la surface de production, de 1.200 à 2.400 m2. Betakron se trouvait en effet à l’étroit après avoir embauché 53 personnes en CDI en 2023.

Évalué à 7 millions d’euros, l’investissement vise à améliorer le confort des opérateurs et à préparer la future croissance de Patek Philippe. « La marque se porte bien avec des volumes qui progressent de 1 à 3 %, dans le respect de la qualité requise, indique le directeur du site franc-comtois, Olivier Grolleau. Mais c’est surtout la perspective de développer les complications (*) de nos montres qui nécessitera de produire davantage de pièces de forme. »

 

Un million de pièces décorées 

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Situé dans le prolongement des deux premières halles construites en 2007 et 2008 derrière l’ancienne fruitière de Petite-Chaux, le nouveau bâtiment permettra à Betakron d’accueillir à terme 250 salariés.


Chaque année, Petite-Chaux livre un million de composants de mouvements horlogers, majoritairement en acier, à la manufacture de sa maison-mère située à Plan-les-Ouates, dans le canton de Genève. « Nous traitons deux flux de production principaux, explique Olivier Grolleau. L'un procède à l’usinage, au découpage et à la décoration, l'autre se consacre uniquement à la décoration. »

Cette dernière opération manuelle de finition, très minutieuse, consiste à « embellir » toutes les surfaces de pièces, dont les plus petites ne dépassent pas un millimètre de longueur pour quelques centièmes d’épaisseur. Le délicat travail de précision comporte plusieurs étapes : « l’étirage » des flancs, « l’anglage », « l’adouci » sur la partie visible et « le brouillage » sur la face cachée du composant.

 

Atelier-relais provisoire dans le Jura 

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Les travaux de construction ont démarré en mars dernier pour une mise en service du nouveau bâtiment programmée en ce mois d'août.


Afin d’acquérir ces savoir-faire bien particuliers, l’entreprise propose à ses salariés une formation interne de trois à six mois. Elle identifie là l’un des atouts qu’elle met en avant pour rester attractive dans ses recrutements, malgré la proximité de la frontière helvétique. Au chapitre de ses avantages concurrentiels, s’ajoutent également, selon son dirigeant, un niveau de salaire « intermédiaire entre la France et la Suisse », des horaires de travail souples et « la stabilité » conférée par l’appartenance à « une belle maison. »

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Faute de place à Petite-Chaux, une vingtaine de personnes récemment embauchées sont formées actuellement dans un atelier-relais provisoire à Saint-Laurent-en-Grandvaux, dans le Jura. Elles intégreront le nouveau bâtiment d’ici la fin de l’année. Patek Philippe prévoit d’augmenter de 30 à 40 % ses effectifs dans le Doubs, soit une cinquataine de recrutements destinés à atteindre à terme 250 salariés.

 

Des montres de luxe pour amateurs de complications

Fondée en 1839 sur les bords du Lac Léman, et propriété de la famille Stern depuis 1932, Patek Philippe se targue du titre de « dernière manufacture horlogère genevoise indépendante en mains familiales. » Le groupe, qui ne communique pas son chiffre d’affaires, emploie 3.180 collaborateurs dans le monde et produit 72.000 montres par an.

Vendus à plusieurs dizaines de milliers voire quelques millions d’euros le modèle, ces articles de luxe sont réputés pour leurs grandes complications. À l’image de la montre-gousset Calibre 89 dont les 1.728 composants ont nécessité neuf ans de travail avant sa mise sur le marché en 1989 !

En 2001, Patek Philippe est entré au capital de Betakron, l’un de ses sous-traitants depuis les années 1990, puis il en a pris le contrôle à 100 % à 2004. La marque compte sept autres filiales de production, toutes localisées en Suisse.


(*) Les complications horlogères désignent les fonctions autres que le simple affichage de l’heure et des minutes  : date, chronographe, phase de lune, réserve de marche.... 

Photos fournies par l’entreprise

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