A l'Ecole de Production de Besançon, Elisabeth Borne confirme l’intérêt de l’Etat pour ce système original de formation à des métiers en tension. Hager démarre son centre logistique mondial au nord de Strasbourg, un investissement de 40 millions d'€. Le Bourguignon CLM Industries investit 1,5 million d’€. Garnier-Thiébaut injecte 2 millions d’€ pour relocaliser une partie de ses activités. L’Allemand Benteler décide de fermer son usine de Migennes, dans l’Yonne. 300 millions d’€ vont façonner le territoire de l’agglomération de Mulhouse.

 

• A l’Ecole de Production de Besançon, Elisabeth Borne confirme l’intérêt de l’Etat pour ce système original de formation à des métiers en tension


Joli coup de projecteur hier 23 novembre sur l’Ecole de Production de Besançon à l’occasion de la venue de la ministre du Travail Elisabeth Borne, avant de sa visite à Stellantis (PSA) Sochaux où elle a été interpellée sur «  les pertes d’emploi dues à la marche forcée de l’électrification des véhicules et de l’emploi des salariés âgés » selon le syndicat FO.
A Besançon, la ministre a confirmé le soutien de l’Etat au fonctionnement des écoles de production en 2022 (7,5 millions pour 40 établissements et 1.200 élèves) sans doute convaincue de l’efficacité de cette « autre façon d’apprendre un métier », dixit le slogan de l’école. Elles ont en effet le mérite de « repêcher » les jeunes en panne du système scolaire en les formant à un métier de l’industrie en pénurie. A Besançon, l’usinage des métaux.
La particularité de l’enseignement qui prépare à un CAP et depuis le début de cette année scolaire, également à un bac professionnel, est de placer les jeunes en situation réelle de travail. Les pièces qu’ils fabriquent pour apprendre à faire fonctionner une machine à commande numérique sont de véritables commandes d’entreprises locales, « d’une pièce unitaire à des petites séries de 1.000-1.500 unités », précise le président  Michel Goetz. « Produire pour de vrai est perçu comme un acte de confiance du donneur d’ordre et un exercice incomparable à des travaux scolaires », ajoute t-il.
L’activité de sous-traitance permet aussi à l’école d’asseoir son fonctionnement. Le chiffre d’affaires généré alimente environ un tiers du budget annuel qui s’élève à 800.000 €,  les deux autres tiers apportés par le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté et  l’Etat. Créée par l’UIMM Franche-Comté, l’école de production de Besançon accueille en ce moment 30 jeunes, 24 en CAP, la moitié en première année, l’autre en seconde, et 6 en bac professionnel. C.P.

 

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Un élève de l'Ecole de Production de Besançon explique son travail sur machine à commande numérique à la ministre du Travail Elisabeth Borne avec à ses côtés, Alexis Guilmain, directeur de l'école. © Laurent Cheviet

 

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• Hager démarre son centre logistique mondial au nord de Strasbourg, un investissement de 40 millions d'€.

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La plateforme logistique internationale d'Hager à Vendenheim au nord de Strasbourg (Bas-Rhin) réceptionnera la quasi-totalité des produits du groupe venus du monde entier et destinés à repartir aux quatre coins de la planète. © Mathieu Noyer


Le groupe de solutions électriques Hager a inauguré ce mardi 23 novembre, sa plateforme logistique internationale, qu’il a établie à Vendenheim au nord de Strasbourg (Bas-Rhin) sur l’ancien site de la raffinerie d’agglomération, « une position centrale par rapport à nos principaux sites de production », a souligné Ralph Fürderer, directeur technique membre du directoire du groupe franco-allemand.
La construction des 27.500 m2 a représenté un investissement de 40 millions d’€. Ces surfaces réceptionneront la quasi-totalité des produits du groupe venus du monde entier et destinés à repartir aux quatre coins de la planète, essentiellement vers des « centres de distribution » nationaux (en Rhône-Alpes s’agissant de la France). Les quelque 30.000 références stockées (disjoncteurs, interrupteurs, goulottes, armoires, coffrets…) parviendront par camions jusqu’à 30 quais et seront expédiés à raison de près d'un millier de palettes.
Très automatisé et à la pointe des dernières technologies notamment pour les préparations de commandes, l’entrepôt exercera une fonction jusqu’alors localisée en sortie des unités de production. « En adaptation aux exigences du marché, il marque un passage de notre logistique de la configuration "proche de l’usine" à celle du "proche client" », a expliqué Ralph Fürderer. La plateforme deviendra pleinement opérationnelle au premier trimestre prochain. Elle emploiera 100 personnes (50 pour le moment), en grande majorité en transfert de l’usine de Bischwiller (Bas-Rhin) dont l’activité logistique s’arrête, en conséquence de la nouvelle approche du groupe. M.N.

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• CLM Industries investit 1,5 million d’€

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CLM Industries a bénéficié d’un soutien du plan de relance à hauteur de 736.000 €. © Marie Michoux (Galilé)

 

Le fabricant de solutions chaudronnées et mécaniques très spécifiques, ainsi que de boîtes à gants pour le nucléaire, investit 1,5 million d’€ pour robotiser et diminuer la facture énergétique  de ses équipements de production.
CLM Industries (près de 7 millions d’€ d’activité, 36 salariés), implantée à Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or) et filiale du groupe Galilé que préside Éric Michoux, a bénéficié d’un soutien du plan de relance à hauteur de 736.000 €.  L’occasion était trop belle pour réunir dans les locaux de l’entreprise ses principaux clients : la Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) et Framatome. D.H.

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• Garnier-Thiébaut injecte 2 millions d’€ pour relocaliser une partie de ses activités

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Le fabricant vosgien de linge de maison va produire lui-même ses tissus à base de lin. © Philippe Bohlinger


Le fabricant de linge de maison Garnier-Thiébaut à Gérardmer (Vosges) relocalise certaines activités en injectant 2 millions d’€ dans ses ateliers. « Nous complétons nos lignes de production à tous les échelons, du tissage à la confection en passant par la teinture/ennoblissement. L’objectif consiste à réintégrer dans nos processus certains produits que nous ne fabriquions plus ou pas », éclaire Paul de Montclos, PDG de l’entreprise textile de 120 salariés (chiffre d’affaires  de 21 millions d’€ en 2020).
C’est le cas notamment de la fabrication de tissus à base de lin, jusqu’à présent importés d’Asie par Garnier-Thiébaut. L’entreprise transforme chaque année 40.000 m de textile intégrant cette fibre naturelle. Grâce aux nouveaux investissements, les produits en lin vont progressivement être confectionnés à partir de tissus fabriqués sur place.
En outre, l’acquisition de deux métiers à tisser va permettre la fabrication de linge de lit en grande largeur et de plaids. L’entreprise boucle actuellement son plan de relocalisation soutenu à hauteur de 400.000 € par France Relance avec la commande d’un ourdissoir, un équipement destiné à fabriquer la chaîne, l’ensemble des fils tendus servant de support à la trame sur les métiers à tisser. P.B.

 

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• L’Allemand Benteler décide de fermer son usine de Migennes, dans l’Yonne

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Benteler fabrique des pièces de moteurs et de châssis pour l'automobile. © Benteler Automotive


Coup dur pour la petite cité icaunaise qui va voir l’équipementier allemand Benteler, emboutisseur à chaud de pièces de moteurs et de châssis pour l’automobile (Stellantis, Renault...). L’unité  perdrait 10 millions d’€ par an depuis une décennie et son chiffre d’affaires fond comme neige au soleil. Ce sont 400 emplois qui risquent de disparaître à l’horizon fin 2022-début 2023.
La raison de ce plan social tient à une concurrence low cost pour ce type de technologie de la part des pays asiatiques et de l’est. Mais comme dans l’automobile, seul compte la chasse au coûts, le résultat se solde par ces pertes d’emplois, mais aussi de compétences. En difficulté le groupe d’outre-Rhin travaille à renégocier sa dette et a cherché en vain à trouver un repreneur. D.H.

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• 300 millions d’€ vont façonner le territoire de l’agglomération de Mulhouse

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 Mulhouse Alsace Agglomération subventionne le projet de plateforme d’expertise et d’accompagnement des entreprises dans leur déploiement de l’industrie 4.0, élaboré par le Cetim, dans le quartier de la Fonderie à Mulhouse. © M2A


Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) a adopté lundi 22 novembre son plan pluriannuel d’investissements (PPI) d’un montant de 363 millions d’€ jusqu’en 2026 en addition des crédits inscrits chaque année au budget principal (274 millions au cumul de la période) et aux budgets annexes des transports et des réseaux de chaleur. Quelque 40 % de la somme portent sur des actions au titre de la transition énergétique et climatique. Le chapitre « développement économique, soutien à l’innovation, développement universitaire » reçoit 46 millions d’€ avec comme morceau principal, le « Technicentre » qui s’implantera dans le quartier de la Fonderie en y emmenant notamment le Cetim Grand Est.
L’adoption du PPI est intervenue en même temps que celle du projet de territoire 2030, ce qui ne relève pas du hasard, explique le président de M2A Fabian Jordan : « Le document financier sert d’appui au projet territorial mais c’est bien lui qui est au service de l’autre. » Fruit de plus d’un an d’élaboration et de 17 versions, ce document-cadre sera, selon le président, le « fil conducteur » et le « garant de la cohérence » d’actions au service du quatuor d’ « ambitions » intitulées « nouvelle donne environnementale », « accueil dynamique », « territoire solidaire » et « territoire d’équilibre et de coopération ». Il se décline en un impressionnant nombre de 275 objectifs et mesures ciblés, dont les élus de M2A ont conscience qu’il constitue un idéal dans lequel il faudra probablement faire des choix. De même que le PPI ne se réalisera pas forcément à 100 %.
Le projet de territoire entend aussi incarner une vision partagée entre les 39 villes et villages d’une agglomération qui a subi ces dernières années plusieurs épisodes de tension entre la ville-centre et M2A.  M.N.

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