Nous vous souhaitons de passer de belles fêtes et de profiter d'un repos bienfaiteur au terme d'une année sans doute intense. Nous vous retrouverons pour relater de nouvelles actualités dès les premiers jours de 2024. En attendant, nous vous proposons de revenir sur quelques informations marquantes depuis deux mois dans les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est. Aujourd'hui : Lilly. Le groupe pharmaceutique américain va engager l’an prochain près de Strasbourg la création de nouvelles lignes de production, dont une pour son dernier médicament antidiabétique innovant. L’ « excellence » du site de 1.100 salariés continue de le séduire.
ARTICLE DÉJÀ PUBLIÉ LE 24 OCTOBRE 2023. Lilly ne fait pas d’infidélité à Fegersheim. L'usine du groupe pharmaceutique en périphérie de Strasbourg (Bas-Rhin) partait favorite pour l’accueil de la production européenne de son dernier médicament présenté comme révolutionnaire contre le diabète et contre l’obésité : elle constitue le plus gros site du laboratoire américain (*) dans les produits injectables, et elle a toujours rempli son contrat lors des précédents développements.
C’est bien elle qui a décroché la timbale. Les dirigeants des maisons-mères Eli Lilly (monde) et Lilly France, flanqués du ministre délégué à l’Industrie Roland Lescure, sont venus, lundi 23 octobre, y annoncer un investissement de 160 millions d’€ à partir de l’an prochain. La majorité de l’enveloppe, soit 107 millions d’€, est destinée à ouvrir, mi-2026 une ligne du « Mounjaro », le nouveau traitement du groupe contre le diabète de type 2.
Les capacités de production n’ont pas été dévoilées, question de confidentialité envers la concurrence. Mais elles ne seront pas anecdotiques. « C’est une ligne dite « à grande vitesse », de fabrication à cadence industrielle que nous implantons ici », souligne Marcel Lechanteur, président de Lilly France. Toute la chaîne de réalisation sera déployée à Fegersheim : formulation, remplissage, création de la cartouche, intégration dans le stylo et emballage final.
ll s’agira pour Lilly de la deuxième unité Mounjaro dans le monde après les Etats-Unis, l’autre marché, avec l’Europe, où le traitement a obtenu son autorisation de commercialisation pour ses vertus antidiabétiques, annoncées exceptionnelles. « Il permettra à neuf diabétiques sur dix d’atteindre leur objectif de glycémie et à un sur deux d’atteindre une glycémie normale, c’est la vie de millions de patients qui va changer », assure Marcel Lechanteur.

Le montant d’investissement total sera atteint par l'ajout de 35 millions d’€ pour l'installation, en 2025, d’une ligne supplémentaire de stylos injecteurs d’insuline, la spécialité de longue date de Fegersheim. Quelques modernisations et extensions d’activité, dans le stockage ou la purification d’eau, entre autres, figurent aussi au programme.
Des embauches doivent accompagner ce développement, sans doute en nombre limité compte tenu du fort degré d’automatisation. Pas de précision chiffrée là encore, mais en guise de repère, Lilly rappelle avoir créé 40 emplois depuis l’an dernier sur ce site d’un peu plus de 1.100 salariés.
Plus de 500 millions d’€ injectés en dix ans

la renforce également, par la construction d'une ligne supplémentaire opérationnelle en 2025.
Le compteur des investissements, quant à lui, grimpe à 540 millions d’€ sur dix ans avec les annonces du 23 octobre dernier. Ils ont porté sur le diabète et les anticorps. Au fil de leurs réalisations, ils ont conforté l’ « excellence » de Fegersheim, le maître-mot prononcé lors de l'annonce pour justifier son choix pour le Mounjaro. Cette qualité s’est forgée sur des projets de plus en plus technologiques, qui ont fait entrer par exemple Fegersheim dans l’univers des médicaments biosimilaires. L’étape la plus récente, en 2021/22, a donné naissance à une ligne de stylos de dernière génération pour 91 millions d’€.
« Fegersheim est un site-clé pour nous, qui s’appuie sur les talents et la force d’innovation de la France », a commenté Eamonn Warner, vice-président à la production de médicaments injectables du groupe et ancien directeur du site alsacien. Celui-ci réunit une combinaison idéale, selon Marcel Lechanteur : « La production à grande échelle, dans le domaine diabétique, et la production à très forte valeur ajoutée, d’anticorps monoclonaux en immunologie, oncologie et demain contre la maladie d’Alzheimer. »
En ajoutant les perspectives dans l’obésité si le nouveau médicament obtient son feu vert pour cette indication, Lilly Fegersheim va « se situer dans les cinq domaines thérapeutiques majeurs d’avenir », assure le patron France du laboratoire américain.
De quoi dessiner avec une certaine confiance un avenir positif pour un site bientôt soixantenaire dont le chemin parcouru est impressionnant, depuis des débuts dans des fabrications de base en cosmétique. Même si des plans sociaux ne l’ont pas épargné dans des périodes moins favorables, et si l’automatisation et la productivité ont eu pour effet une baisse tendancielle des effectifs, depuis le pic proche de 2.000 collaborateurs atteint dans les années 2000.
Photos fournies par l’entreprise
(*) Eli Lilly employait 41.000 salariés au 30 juin dernier. Durant son exercice 2022, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 28,5 milliards de dollars pour un bénéfice net de 6,2 milliards de dollars, et il a dépensé 7,2 milliards en recherche et développement.





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