Des caves de 70 mètres de long et 10 mètres de large.
Des caves de 70 mètres de long et 10 mètres de large.

VIN. Commencées il y a une semaine pour les crémants, les vendanges battent maintenant leur plein presque partout, dans les vignobles de l'Est.

L'occasion de rendre visite à un domaine pas comme les autres.

Ses propriétaires sont des entrepreneurs bien connus dans la région : le groupe familial de travaux publics Roger Martin bien implanté en Bourgogne et Franche-Comté.

Bienvenue au domaine de la Pinte, dans le vignoble d'Arbois, dans le Jura.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

La Pinte : rien à voir avec une chopine, même si la production réalisée ici est propice à la remplir. C'est le nom du lieu-dit (précisément La Pinte à la Capitaine), tout près d'Arbois (Jura) où le grand-père de Vincent Martin, l'actuel président du groupe de BTP bourguignon Roger Martin, a planté une douzaine d'hectares de vignes, dans les années 1950.

Depuis, le vignoble s'est agrandi pour s'étendre sur 34 ha, tout autour de deux imposantes bâtisses en pierre qui abritent la société d'exploitation.

34 hectares dont la moitié en cépage savagnin, caractéristique des vins blancs du Jura.
34 hectares dont la moitié en cépage savagnin, caractéristique des vins blancs du Jura.

Sous les voûtes de 70 mètres de longueur et 10 mètres de large des trois gigantesques caves construites sous la maison, vieillit dans des foudres et des fûts en chêne, le savagnin, cépage d'un vin blanc typique du Jura qui représente la moitié de la production du domaine.

Mais aussi le fameux vin jaune mis en bouteille au bout de six années et trois mois minimum, et les Poulsard, des rouges moins nobles, mais caractéristiques du vignoble jurassien.

Un domaine en biodynamie

A la disparition de son grand-père, Pierre Martin, le père de Vincent, alors président de l'entreprise de travaux publics dont le siège est à Dijon, décide de garder le vignoble dans le patrimoine familial.

Aujourd'hui, à la retraite, c'est lui qui gère la société viticole qui emploie neuf personnes et réalise un chiffre d'affaires d'un million d'€ avec une production de 700 à 800 hl selon les années.

Plusieurs fois par semaine, il fait le trajet Dijon-Arbois. Toujours en verve, Pierre Martin est aussi disert sur la géologie des sous-sols marneux du Jura que sur la lente et patiente évolution du vin jaune…

Indissociable du groupe de travaux publics « parce qu'il est les racines de la famille », Le Domaine de la Pinte est aujourd'hui une filiale du groupe Roger Martin (chiffre d'affaires de 200 millions d'€, 1300 salariés). Lire les articles de TEN sur le groupe de BTP ici et ici.

Le siège de la société d'exploitation sert aussi à recevoir les salariés et clients du groupe de travaux publics.
Le siège de la société d'exploitation sert aussi à recevoir les salariés et clients du groupe de travaux publics

Respectivement régisseur et maître de chai, Bruno Ciofi et Emmanuelle Perraut, ont entrepris à la fin des années 2000, la mutation du domaine en culture biologique, puis en 2009, en biodynamie.

Tous les circuits de vente

Argument commercial, cette technique respectueuse du cycle naturel de la plante et exempte de produits phytosanitaires, est aussi selon Pierre Martin, « une culture, une philosophie ».

Son fils Vincent, fort occupé à la direction du groupe de travaux publics, « défriche le terrain en amont de la commercialisation ». Pas un restaurant où il ne passe, pas un contact professionnel, n'échappent à un couplet sur la promotion des vins du domaine, assure t-il.

La clientèle est aujourd'hui principalement formée de particuliers qui disposent de tous les circuits de vente : une boutique au centre-ville d'Arbois depuis 1986, une boutique en ligne, sans oublier la vente à la propriété et les salons.

Pierre Martin et son fils Vincent. ©Traces Ecrites
Pierre Martin et son fils Vincent. ©Traces Ecrites

Progressivement, la famille Martin souhaite développer une clientèle des professionnels (cavistes, restaurateurs) ainsi que l'exportation.

"Avec 10% des volumes, les ventes à l'étranger ont déjà doublé ces cinq dernières années", précise Vincent Martin qui ambitionne de les porter rapidement à 30%.

La clientèle, essentiellement américaine, est acheteuse de Poulsard.

 

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