TRAVAUX PUBLICS. Depuis le 17 septembre, Vincent Martin est le nouveau P-DG du groupe dijonnais de travaux publics Roger Martin.

La nouvelle n'en est pas une dans la profession, tant la transmission a été  minutieusement préparée par son père Pierre.

Et pourtant, elle s'apprécie dans le paysage des PME qui, selon un rapport remis au gouvernement en 2009, ne sont que 10% à rester dans le giron familial au passage d'une génération.

A 38 ans, Vincent Martin hérite d'un groupe d'un millier de salariés qui, avec un chiffre d'affaires de 155 millions d'€, s'impose désormais parmi les opérateurs indépendants significatifs.

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En douze ans, après un diplôme de l'École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP) et un apprentissage sur le terrain en dehors du cercle familial, Vincent Martin a gravi tous les échelons du management au sein du groupe Roger Martin.

Quatrième génération, le petit-fils d'Eugène, fondateur en 1895 d'une entreprise d’asphaltage et de pavage à Dijon, occupait le poste de directeur général depuis 2008, sous la houlette  de Jean Cerutti, installé à la présidence du directoire en 2004 pour assurer la transition entre le père et le fils.

Seul actionnaire avec son père de la SA Roger Martin, le nouveau P-DG s'entoure de nouveaux hommes (1) tous issus des rangs de l'entreprise. Composé de cinq cadres, le comité de direction - organe décisionnel - est élargi d'autant de collaborateurs, la majorité directeurs de filiales. Son père Pierre demeure président du conseil de surveillance. Une mission de conseil est confiée à Jean Cerruti, l'ancien P-DG.

Une conjoncture en berne qui a amputé significativement les résultats ces dernières années (2,5 millions d'€ de résultat d'exploitation en 2011-2012), n'empêche pas le nouveau P-DG de prédire un grand dessein à l'entreprise, «en bonne santé financière».

Sa préoccupation reste double : continuer de participer à des grands travaux, à l'instar des LGV Méditerranée, Est et Rhin-Rhône, et maintenir des marchés de proximité.

«La seule garantie d'indépendance du groupe, ce sont ses résultats». Vincent Martin fait sien le discours déjà tenu par son père. Accroître sa capacité d'autofinancement «pour ne pas trop dépendre des établissements financiers», passe par un développement des outils industriels.

Si le groupe dispose d'un bon niveau d'équipement en centrales à enrobés, satisfaisant 90% des besoins internes, une marge de progression reste à faire pour le béton et les carrières.

Ce sont dans ces domaines que le nouveau dirigeant concentrera ses investissements à court terme. Deux projets sont en route : une centrale à béton en Rhône-Alpes et une carrière en Bourgogne.

L'investissement, représentant 6 à 8% du chiffre d'affaires,  a dernièrement été consacré à la rénovation de la centrale à enrobé du Val de Saône en Côte-d'Or partagée avec le major Eiffage, et celle de Châteauroux (Indre-et-Loire). Une partie du parc de scrapeurs a également renouvelée pour 3 millions d'€.

Source de la mutation du groupe ces quinze dernières années, la croissance externe passe au second rang.

Il a élargi ses assises au-delà de ses racines dijonnaises sur une diagonale qui va de la Franche-Comté au sud-ouest, en passant par le Centre et Rhône-Alpes. Depuis l'an dernier, Saint-Chaly d'Apcher, en Lozère, est l'implantation la plus méridionnale.

Consolider les implantations locales

«Des opportunités de rachat peuvent se présenter si elles concernent des outils industriels qui consolideraient nos implantations locales», précise Vincent Martin.

En marge des travaux publics, VRD et génie civil qui génèrent 80% du chiffre d'affaires, Roger Martin possède également une filiale électricité connue sous le nom de Damongeot. Concentrée sur la Bourgogne et la Franche-Comté, cette activité se prépare à un bond en avant avec le développement très attendu de la fibre optique.

Elitec illustre aussi la diversification du groupe. En plus de prestations d'ingénierie (bilan carbone, plans de gestion des déchets), cette société de conseil en environnement fait de la location de toilettes sèches.

Un parc d'une cinquantaine de cabines se déplace sur des événements grand public, comme ce fut le cas aux Eurockéennes de Belfort.

Anecdotique, mais culturellement forte, l'activité viticole avec Le Domaine de La Pinte dans le Jura, engendre 0,3% du chiffre d'affaires.

(1) Le comité de direction :  Charles Bricogne, directeur Régions routières ; Bruno Letzelter, directeur de l'agence grands travaux ; Vincent Larrochette, directeur du développement ; Cyril Peyron, directeur administratif et financier ; Catherine Mignard, directrice des ressources humaines.

Photos : Traces Ecrites et Roger Martin/EDTP.

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