HP Proled a breveté une forme en nid d’abeilles qui permet de composer des éclairages Led plus confortables à l’oeil. Un éclairage bioluminescent, grâce aux plantes, c’est le défi que s’est lancée la start-up strasbourgeoise Woodlight.


• HP Proled, une nouvelle vision de l’éclairage


HP Proled inverse la façon de concevoir les luminaires. « En général, c’est la lampe qui s’adapte au mobilier. Chez nous, c’est le luminaire qui se conçoit en fonction de l’éclairage, en l’occurrence la Led, qui est la solution d’avenir », décrit Paul Heyberger, le dirigeant. La PME basée à Altkirch (Haut-Rhin) assemble des luminaires en aluminium, autour d’une structure à la forme spécifique, en nid d’abeilles, qu’elle a brevetée. « Ce volume atypique permet de s’adapter à la Led qui dégage de la chaleur vers l’arrière, alors que les traditionnelles lampes à incandescence en produisent vers l’avant. »
La structure absorbe ainsi la quasi-totalité de la chaleur produite par cette lampe de nouvelle génération. Les composants, eux aussi de dernière génération, sont principalement achetés en Asie, « puisque ce continent en détient le quasi-monopole », relève Paul Heyberger. Il s’est d’ailleurs associé à une jeune femme chinoise, Kai Yin Yu, qui s’occupe en particulier du sourcing et des relations fournisseurs.  Autre point fort technique, HP Proled conçoit des lentilles en verre à haute teneur de borosilicate, « qui sont traitées pour éblouir le moins possible. » Elles permettent d’espacer davantage les points d’éclairage.


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Les communes constituent le premier débouché de la PME, créée en 2013, dont le chiffre d’affaires annuel se situe à 400.000 €. Sur la base des premiers retours d’expérience, HP Proled avance l’argument d’une économie allant généralement de 85 à 90 % sur la facture d’électricité des communes qu’elle équipe, grâce à un rapport de puissance très supérieur aux standards, la programmation de réduction de puissance aux heures  creuses et un coût de maintenance minimal.
À partir d’un noyau de villages environnants du sud-Alsace et des régions voisines (Lorraine, Franche-Comté), HP Proled estime avoir faire les preuves des avantages et de la fiabilité de sa solution. Aussi souhaite t-elle élargir sa clientèle : géographiquement, auprès de villes plus importantes et de syndicats intercommunaux et départementaux d’énergie dans l’Est ; en typologie, auprès de clubs sportifs (stades) et d’entreprises. À ce titre, HP Proled a entamé l’installation de ses luminaires sur la plate-forme chimique Solvay à Chalampé et à l’Euroairport de Bâle-Mulhouse.
La PME ne manque pas de place pour grandir : elle s’est installée dans les vastes locaux de l’ancienne usine Domena à Altkirch, dont elle n’occupe qu’une petite partie des 15.000 m2.  Elle y emploie 5 salariés en direct et fait travailler, sur place, quelques personnes handicapées de l’Esat local Marie-Pire, jusqu’à 6 ou 7 en période de pic. Mais cet effectif de sous-traitance pourrait aisément croître si les commandes venaient à affluer.
Mathieu Noyer


• Woodlight veut créer des plantes lumières

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De gauche à droite : Rose-Marie Auclair, directrice générale de Woodlight, Olivier Zamparutti, stagiaire et Ghislain Auclair, président

« Produire une lumière vraiment verte, grâce aux plantes, c’est le défi  lancé avec Woodlight », affirme Ghislain Auclair. C’est avec ces objectifs que ce docteur en génétique fonde en 2016 Woodlight, à Strasbourg, entouré de sa compagne, Marie-Rose Auclair, docteur en cancérologie, et d’un ami docteur en chimie. 
Le concept : créer des plantes bioluminescentes capables de fournir un éclairage extérieur ou intérieur.
La bioluminescence est une réaction biologique qu’on retrouve dans la nature chez des insectes comme la luciole ou chez certains poissons. « Nous développons une technologie qui transfère cette capacité aux plantes », explique Ghislain Auclair. La jeune société avait déjà établi la preuve du concept fin 2018 en rendant des bactéries bioluminescentes. Désormais, elle travaille à réaliser un prototype, qu’elle espère achever d’ici à début 2020.
Depuis janvier 2019, Woodlight est incubé chez Semia et a obtenu une bourse de la Région Grand Est et de l’Eurométropole de Strasbourg. En août dernier, elle a également bénéficié d’une bourse de la Frenchtech de 90.000 €, ce qui lui a permis de salarier son associée et d’embaucher un stagiaire. Le troisième associé a quitté l’aventure entre temps.

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Une fois le prototype terminé, le dirigeant espère lever des fonds pour démarrer la commercialisation en 2020 ou 2021. Son business plan repose sur la vente de licences d’exploitation. « Nous n’avons pas vocation à devenir des producteurs de plantes », prévient-il.
En fonction de la puissance d’éclairage de la plante, deux marchés sont visés : l’éclairage urbain et la décoration (vitrines des magasins, hôtels, restaurants, etc.). La start-up intéresse déjà de grands groupes comme Vinci, EDF, Bouygues immobilier, LVMH… Mais le marché français ne sera pas prioritaire. « Nous savons que la France et l’Europe sont fermés aux OGM. Même si nous n’évoluons pas dans le domaine alimentaire, le temps de réglementation sera très long. Nous étudions actuellement les différentes règlementations pour savoir dans quel pays lancer le concept », précise Ghislain Auclair.
Car ces plantes du futur appartiennent bien à la catégorie des OGM, mais le dirigeant et son équipe a veillé à ce qu’elles ne se diffusent pas dans l’environnement. Elles seront rendues stériles et dépendantes d’un type de terreau. D’une longévité identique aux plantes « normales », elles pourront, en fin de vie, servir de compost pour faire pousser de nouveaux végétaux.
Julie Giorgi

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