La coentreprise entre Solvay et Invista investit 250 millions d’€ pour un nouveau procédé de production d’adiponitrile (ADN) sur son site de Chalampé. Ce composant entre dans la fabrication du nylon soumis à une forte demande mondiale. Une centaine de million d'€ supplémentaires seront injectés par l'Allemand B + T pour la fourniture d'énergie.

C’est l’un des plus gros projets menés aujourd’hui en France dans l’industrie chimique. A l’étude depuis quatre ans (Lire ici l’article de Traces Écrites News), le projet Atlas sera opérationnel d’ici à fin 2019 sur le site de Chalampé (Haut-Rhin) de Butachimie.

La joint-venture locale entre le belge Solvay et l’américain Invista veut asseoir sa position de leader de la production d’adiponitrile (ADN) dont il revendique 35% de la production mondiale avec une capacité de 500 000 tonnes par an. L’investissement s’élève à 250 millions d’€ et porte sur la mise en œuvre d’une nouvelle technologie de production de l’ADN qui améliore les rendements de manière significative.

 

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« Avec ce projet, nous gagnons 20 ans de travail sur les rendements en une seule étape », assure Hervé Humbert, le directeur du projet Atlas. La nouvelle technologie, dont le brevet a été déposé par Invista, utilise les matières premières de façon plus efficace, réduit les déchets et la consommation énergétique de 10 à 15%.

Une nouvelle unité de production est en cours de construction et les installations existantes ont été modifiées. Le chantier, démarré en 2017, doit s’achever l’année prochaine. Après le grand arrêt de maintenance programmé à l’automne 2019, qui sera de plus de 60 jours au lieu d’une trentaine, Butachimie démarrera la production d’ADN avec cette nouvelle technologie. L’entreprise qui emploie aujourd’hui 400 salariés, prévoit une dizaine d’embauches en 2019.

 

La Chine, futur concurrent

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Solvay à Chalampé est entré dans le club des entreprises remarquables de la CCI d'Alsace le 13 décembre dernier. Frédéric Fournet (à droite), directeur du site de Solvay et Hervé Humbert (2e en partant de la droite), directeur du projet Atlas, ont fait visiter les installations de Butachimie aux élus de la CCI d'Alsace et de la M2A (agglomération de Mulhouse). © Butachimie.


L’adiponitrile (ADN) est un intermédiaire indispensable à la fabrication du nylon 6.6. Ce polymère, apprécié pour sa légèreté et ses qualités de thermorésistance, est utilisé dans les plastiques techniques pour alléger les véhicules, et dans les fibres textiles de nombreux secteurs industriels.

La Chine est le plus gros pays consommateur de nylon 6.6, avec une croissance de 10% par an, contre moins de 5% dans le reste du monde. Cependant, elle ne dispose pas encore de la technologie nécessaire à sa fabrication, mais souhaiterait, selon Butachimie, l’obtenir de manière à satisfaire son marché.

Un autre projet qui doit contribuer à la compétitivité de l'industriel est en cours sur le site de Chalampé : l’installation d’un incinérateur pour la production d'énergie. Il s’agit d’un investissement de 100 millions d’€, porté par la société allemande B + T.

 

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La demande de permis de construire a été déposée en septembre dernier, les travaux devraient démarrer à la mi-2019 pour une mise en service en 2021. Le projet prévoit la création d’une trentaine d’emplois.

La revalorisation de combustibles solides en chaleur servira directement à la plateforme. « Aujourd’hui, nous utilisons le gaz naturel pour produire notre vapeur. Or, c’est un matériau fossile dont nous savons que le prix va croître dans les prochaines années. Nos concurrents américains disposent du gaz de schiste qui lui, est trois fois moins cher. Et demain, si la Chine entre sur le marché, elle utilisera le charbon qui reste aussi peu onéreux », fait remarquer Frédéric Fournet, le directeur de Solvay à Chalampé.

Le site alsacien semble désormais réunir tous les atouts pour conserver sa compétitivité à long terme.

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