Victor-Emmanuel Minot, à la tête du cabinet d’accompagnement à la cession d’entreprise qui porte son nom, affirme haut et fort qu’il n’y a pas de crise économique stricto sensu. Le crédit fonctionne à plein avec des taux bas et la confiance est là. Reste que des secteurs entiers sont empêchés de fonctionner : l’événementiel, la culture, la restauration ou encore le monde des loisirs, du tourisme et de certains modes de transport. Mais au-delà, l’activité répond présent et l’on peut actuellement aussi bien qu’avant la crise sanitaire, vendre et bien vendre son entreprise. A quelques bémols près. Explication.


• Les chefs d’entreprise doivent-ils attendre la fin de cette crise sanitaire pour céder leur activité ?

Hormis dans certains secteurs empêchés de travailler, comme la restauration, l’événementiel et quelques autres, je ne vois aucun écueil à transmettre actuellement. Il s’agit bien d’une crise sanitaire et non d’une crise économique comme en 2008-2009. Les financements sont possibles et même encouragés, tant banques, organismes de crédit, gestionnaires de fonds débordent de liquidités. Ajoutons également que Bpifrance joue bien son rôle de garant et de co-prêteur.
En outre, les taux demeurent bas et le moral des acquéreurs ne semblent pas affecté par ce déversoir d’informations anxiogènes que nous subissons quotidiennement. J’en veux pour preuve ce que nous vivons pour nos clients cédants. Depuis le premier déconfinement en mai 2020, pas moins de 30 candidats acquéreurs sont intéressés par dossier. C’est juste la statistique moyenne de nos dix dernières années.

 

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• Peut-on hésiter à céder si l’on a subi une baisse de chiffre d’affaires ?

Il convient de rassurer sur ce point, ce n’est pas un facteur pénalisant. Une baisse de l’activité ne sera pas un handicap pour vendre, compte tenu de la situation présente, si la marge d’exploitation résiste. Car il faut mettre en parallèle, durant cette pandémie, un chiffre d’affaires en baisse avec des charges fixes moindres, le bénéfice du chômage partiel, le quasi gel des investissements à court terme, l’apport en trésorerie des Prêts Parantis par l’Etat (PGE).
La valorisation de l’entreprise ne subira alors pas forcément de décotes. Mais attention les acquéreurs ne sont pas dupes : on ne cède pas un canard boîteux. Les sociétés qui se vendent sont celles qui gagnent de l’argent et avec une courbe ascendante sur les trois dernières années. En poussant le bouchon plus loin, un excédent brut d’exploitation compris entre 10 et 20%, pas de dette pénalisante, et une dépendance jugée normale du dirigeant à sa société, représentent des plus inappréciables.

 

Qui sont Victor-Emmanuel Minot et Florian Payet, son associé ?

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Florian Payet, à gauche, et Victor-Emmanuel Minot. © Minot & Associés

A 41 ans, Victor-Emmanuel Minot a déjà une vie professionnelle bien remplie derrière lui. Titulaire d’un master en finance, il se met très vite à son compte dans l’événementiel, la location de barnum et chapiteaux, l’agence de voyages… Il dirige jusqu’à cinq sociétés différentes, puis les cède et reprend des études pour décrocher un MBA en transmission d’entreprise.
L’opportunité se fait jour en 2014 quand il s’associe dans ce domaine avec Claude Robert, fondateur en 1987 d’un des cabinets spécialisés en cession d’entreprise du réseau Synercom France, implanté à Beaune (Côte-d’Or) et rayonnant sur l’Est.
En 2016, arrive comme stagiaire Florian Payet, un jeune Réunionnais scolarisé à l’école de commerce de Dijon en finance. Le courant passe très vite avec Victor-Emmanuel Minot au point de le faire entrer en 2020 au capital du nouveau cabinet de conseil en transmission qui porte son nom.
Les deux hommes se révèlent très complémentaires. Florian (27 ans) prépare le terrain par l’évaluation de l’entreprise, la rédaction des documents techniques et la recherche des candidats acquéreurs, Victor-Emmanuel organise le marché des candidats à la reprise et accompagne toutes les négociations.
Minot & Associés, également établi à Paris, réalise de 6 à 10 opérations par an au profit d’entreprises réalisant entre 2 et 20 millions d’€ d’activité. Impliqué pour sa profession, Victor-Emmanuel Minot est responsable des admissions et membre du conseil d’administration de l’Association pour le Financement et la Transmission d’Entreprise (AFITE).

 

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• Donnez-nous le profil idéal de l’acquéreur, crise sanitaire ou pas.

Il y en a plusieurs. L’acquéreur idéal est le cadre salarié, associé ou non à des collègues et/ou à un investisseur pour faire une acquisition avec effet de levier (LMBO). Il connaît l’entreprise, a déjà vu nombre de points importants avec le dirigeant. La négociation en est grandement facilitée.
Un postulant sérieux peut être aussi quelqu’un de la chaîne de valeur : un client, un fournisseur, un concurrent. Mais attention pour ce dernier, ce ne sera sans doute pas une ETI ou un grand groupe. Ces sociétés regardent depuis quelques années vers l’étranger et parfois avec le souci du grand large.

Nous pouvons également ferrer un investisseur multi-secteurs qui souhaite diluer ses risques ou un ancien cadre supérieur qui, à l’occasion d’un départ négocié, a pris un chèque et désire voler de ses propres ailes. Pour trouver ces candidats, nous nous appuyons sur le réseau des experts-comptables et des avocats d’affaires, ainsi que, ne l'oublions pas, sur le Club des Repreneurs d’Affaires (CRA).

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