MÉDICAL/FRANCHE-COMTÉ. Après avoir conçu une lampe pour éclairer les champs opératoires avec précision, la start-up bisontine a conclu un accord de distribution exclusif, sur le marché français, pour un dispositif robotisé anglais qui libère la main de l’homme.

En attendant son propre robot chirurgical, qu’elle est en train de mettre au point et pour lequelle iin medical va lever 2 millions d’€.

 

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Le robot chirurgical anglais dont la start-up a la distribution exclusive en France.

 

Un bras articulé soutient une caméra qui libère la main de l’assistant au bloc, lui permettant de faire des tâches plus valorisantes. Muni d’une pédale au sol et d’un capteur sur le front, le chirurgien guide lui-même la caméra.

 

Développé par une société anglaise et conçu pour les interventions sous coelioscopie, Freehand facilite et réduit le temps des opérations. Ce robot a déjà conquis plus de soixante équipes chirurgicales en 4 ans.

 

En France, il est commercialisé depuis l’été par iin medical, une start-up créée en juillet 2011 sur le parc technologique Temis, à Besançon, après un passage par l’incubateur d’entreprises innovantes de Franche-Comté.

 

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Test en avant-première dans les hôpitaux de Besançon

Ce qui lui vaut d’être testé en avant-première dans les hôpitaux et cliniques bisontins. « Nous avons conclu un accord de distribution exclusif pour le marché français avec la société anglaise, nos agents commerciaux vont pouvoir le proposer à nos clients, les cliniques et hôpitaux », se félicite Fabrice Péters, le président de la start-up franc-comtoise.

 

« Il devrait intéresser les chirurgiens qui cherchent plus d’autonomie pour gagner du temps et pouvoir opérer seuls, pour les urgences de nuit, par exemple. »

 

Quatre ans après sa création, la société iin medical, installée en pépinière d’entreprises, dans le bâtiment de Temis Innovation, emploie six personnes et accueille également une stagiaire de l’ISIFC (école d'ingénieurs en génie biomédical).

 

Elle peut compter sur une équipe commerciale de cinq agents et établit des ponts avec des équipes chirurgicales pointues, en France et même au-delà, ainsi qu’avec des industriels locaux.  « Il y a ici des compétences qu’on ne trouve pas ailleurs », estime François Cabaud, l’un des deux fondateurs.

 

Lui et Christophe Favret, tous deux spécialistes du monde médical, sont aujourd’hui respectivement directeur technique et directeur commercial de cette start-up dont la vocation est de faire émerger les besoins en solutions techniques dans les blocs opératoires pour les développer et les mettre sur le marché ensuite, une fois obtenu leur marquage CE.

 

Christophe Favret sillonne les blocs et travaille avec un collectif de chirurgiens les plus en pointe dans leur spécialité à Paris, Strasbourg ou Besançon. François Cabaud est à l’écoute et conçoit les dispositifs.

 

Un robot maison en développement

 

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La lampe Blue-°K, le premier produit mis au point en interne.

 

C’est ainsi qu’avait été lancée la lampe Blue-°K, le premier produit mis au point en interne, qui consiste en un système d’éclairage chirurgical précis, au plus près du champ opératoire, en complément de l’éclairage scialytique qui équipe les blocs.

 

Commercialisée depuis fin 2014, la lampe a déjà été adoptée par quelques hôpitaux français et intéresse des établissements belges, italiens, hongrois…

 

Avec ce système d’éclairage, et bientôt le robot Freehand, iin medical commence à se faire un nom dans les blocs opératoires, et aussi à développer du chiffre d’affaires pour financer ses travaux de R&D. Car la petite société bisontine, qui a vite compris que la chirurgie avait grand besoin de robotique, est en train de concevoir son propre robot.

 

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« Freehand manque de rigidité pour la chirurgie de précision, celui que nous développons répondra à ce besoin. Nos trocarts (tubes chirurgicaux, ndlr) seront aussi beaucoup moins invasifs, avec un diamètre de 3 millimètres au lieu de 5 », explique François Cabaud. « La robotisation, c’est la prochaine révolution de la chirurgie », ajoute-t-il.

 

« Notre dispositif robotique pour l’arthroscopie, dans un premier temps, est destiné à la chirurgie du poignet, qui nécessite des mouvements précis, mais nous aurons certainement des demandes pour la neurochirurgie en coelioscopie », complète Christophe Favret.

 

La start-up veut démontrer que ces outils sont viables dans le modèle économique des hôpitaux et cliniques. « Notre robot lisse le mouvement de la main, supprime les tremblements physiologiques. La technologie peut magnifier la main de l’homme. »

 

 

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Christophe Favret (en haut) et François Cabaud, cofondateurs de iin medical.

Une équipe renforcée

 

« Nous ne serions plus là si Fabrice Péters n’était pas venu nous rejoindre », disent ensemble les deux fondateurs d’iin medical.

 

Rencontré mi-2014, ce docteur en pharmacie, diplômé d’HEC et ex-dirigeant d’entreprises liées aux dispositifs médicaux a été séduit par la start-up bisontine, et inversement. « Je cherchais à retourner dans ce secteur d’activité et eux cherchaient quelqu’un pour rejoindre l’équipe. »

 

C’est ainsi qu’il est devenu président et actionnaire, en septembre 2014, ce qui a permis à François Cabaud, qui assurait le pilotage, de se consacrer tout entier à la R&D et à son projet de robot arthroscope. « Il fallait trouver un vrai capitaine, moi je suis un technicien », confie modestement ce dernier.

 

Depuis son arrivée, Fabrice Péters a conclu l’accord de distribution avec le fabricant britannique de Freehand et se consacre maintenant à trouver de nouveaux financements pour poursuivre les travaux de R&D, qui dans ce type de secteur d’activité sont très chronophages.

 

Début 2015, une levée de fonds de 550 000 € auprès de Cap Innov’Est, BPI France et Invest PME avait permis de lancer l’activité commerciale. Une deuxième, de l’ordre de 2 millions d’€, devrait donner les moyens à iin medical de finir la mise au point de son robot.

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