Spécialisée dans la transformation du métal et la sous-traitance industrielle, l’entreprise Guillet basée à Duppigheim produit également quelques kilomètres plus loin, à Gresswiller, des scènes mobiles et un tracteur viticole compact sous ses propres marques. Elle souhaite rassembler l’ensemble de ses productions à son siège. Les travaux qui résultent de cette décision doivent démarrer d’ici à la fin de l’année.

Fabien Guillet aime à définir son entreprise comme une IA : une... « industrie artisanale » spécialisée dans des métiers de niche et à haut niveau de compétences. A la tête du groupe familial, il suit une stratégie de diversification de ses marchés sur les bases du made in France, avec des achats de proximité et des certifications qualité.

A l’activité historique de sous-traitance industrielle d’équipements en inox, aluminium et acier, s’est adjointe la production de podiums mobiles et gradins, et même d’un tracteur vigneron sous les marques respectives Moving Stage et TractoVigne. Ces deux activités sont basées à Gresswiller, dans une usine de 2.000 m2, à une quinzaine de kilomètres du siège. D'ici fin 2026, elles seront rapatriées au siège, à Duppigheim. 


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Le président de la PME familiale souhaite en effet réunir toutes ses productions en un même lieu, de sorte à améliorer le flux industriel et la maîtrise des services comme la R&D, le bureau d’études, le marketing… « En visitant notre futur site, nos clients pourront ainsi avoir une vision à 360° de nos savoir-faire », explique Fabien Guillet.

Le dirigeant a eu l’opportunité de racheter des bâtiments situés dans la même rue, suite au déménagement d’une entreprise installée précédemment. Il prévoit d’investir 3,5 millions d’euros pour réaménager le bâtiment et acheter de nouvelles machines. Les travaux doivent démarrer à la fin de l’année, dans le but de disposer un an plus tard, d’une usine de 3.000 m2 dédiée aux marques propres de Guillet. A la livraison, le site de Duppigheim s’étendra sur 11.000 m2

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Fabien Guillet,cherche à fidéliser les salariés en leur ouvrant l'accès à toute la diversité des 30 métiers de la PME familiale qui'il préside. © Julie Giorgi


Fabien Guillet reste déterminé à réaliser cet investissement, malgré le contexte économique peu favorable.
« Conjoncturellement ça fait peur, dans la mesure où la situation géopolitique actuelle est très pénalisante pour nous. Nous avons très peu de visibilité sur notre activité, car en tant que sous-traitant, nous sommes la variable d’ajustement des grands groupes », déplore-t-il. Pour pallier ces fluctuations industrielles, le dirigeant prend le pari de s’orienter vers des marchés de niche comme le nucléaire et de poursuivre le développement de ses marques. 

L’objectif consiste à atteindre un chiifre d'affaires de 25 à 30 millions d’euros  d’ici six ans. Aujourd’hui, la PME en réalise 21 millions d’euros et elle emploie 130 salariés. L'export représente 5 % du montant actuel, sa part pourrait grimper à 30 %, notamment sous l'impulsion des marques de Guillet. TractoVigne compte par exemple s'imposer d’abord en Allemagne, en Suisse et en Belgique, puis en Italie, en Espagne et au Portugal.

Une notoriété renforcée par la vasque des JO 

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Le sous-traitant industriel investit dans l'emploi des jeunes. Il embauche 15 apprentis de tous niveaux en moyenne chaque année. © Julie Giorgi


En rassemblant toutes ses productions à Duppigheim, Fabien Guillet espère aussi fidéliser ses salariés. « A travers cette organisation, ils auront la possibilité de rester le plus longtemps possible dans l’entreprise. Ma volonté est qu’ils puissent trouver leur bonheur parmi les 30 métiers différents que nous proposons », affirme-t-il. Depuis les années 1980, Guillet SAS est engagée dans l’emploi des jeunes. Tous les ans, elle embauche au minimum 15 apprentis de tout niveau (CAP, bac pro, BTS, ingénieur…). Elle a également noué un partenariat avec les Compagnons du devoir. Mais elle peine à stabiliser la tranche des 25-45 ans, car les salariés n’hésitent pas à déménager en fonction des opportunités d’emploi. Elle aimerait aussi attirer plus de femmes, « mais ce n’est pas gagné », reconnaît son dirigeant.

La PME ne manque pourtant pas d'atouts : outre la diversité de ses métiers, elle bénéficie d’une bonne notoriété, renforcée encore par les Jeux olympiques de Paris 2024. Elle a en effet participé à l’élaboration de la structure accueillant le ballon de la flamme olympique, la fameuse vasque. Et elle a contribué à nouveau à construire la version 2 qui a réinvesti le Jardin des Tuileries depuis le 21 juin et restera visible pendant les trois prochains étés. « Les salariés ont été fiers de participer à ces projets. C’était l’occasion pour nous de sortir de l’ombre et d’emmener les collaborateurs dans une belle aventure », assure Fabien Guillet. 

PE Mulhouse

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