TCT (Tores Composants Technologies) entretient son statut de pépite des composants magnétiques par de nouveaux investissements à Sauvigny-les-Bois. La PME détentrice de plusieurs brevets prépare la sortie de produits innovants. Elle est capable notamment de détecter des courants électriques même infimes.


C’est volontiers que fabricants de matériels électriques, d’équipements ferroviaires et autres spécialités liées à l’électromagnétisme font le détour par la Nièvre pour venir à la rencontre de TCT à Sauvigny-les-Bois. Cette PME de 63 salariés s’impose comme une pépite technologique de la mesure de courants et des composants magnétiques de conversion de puissance, ses spécialités pour lesquelles elle détient une demi-douzaine de brevets au cumul.

Par une série d’investissements et de développements de produits, elle œuvre à conserver ce statut précieux dans une compétition dont ne sont pas absents des concurrents asiatiques à plus bas prix. Après 600.000 € consacrés en 2021 et 2022 à l’acquisition d’un centre d’usinage automatisé et d’une machine de moulage - près d’un million d’€ en fait si l’on ajoute les frais de recherche et de développement – Tores Composants Technologies (nom complet de l’entreprise) prépare la sortie commerciale de deux nouveautés l’année prochaine : « D'abord une alimentation électrique autonome basée sur la récupération d’énergie par induction, puis, en septembre, un capteur autonome communicant et sans pile, permettant de mesurer le courant et la température », annonce son directeur général, Ludovic de Ternay.

 

bpbfc

 

La première des évolutions permet de supprimer les changements de piles qu’induit la prolifération des capteurs IoT (Internet des objets) dans tous les systèmes. La seconde poursuit les avancées réalisées par TCT dans la récupération d’énergie, minime, mais précieuse. « Dans ce domaine, nous avons par exemple développé et breveté un système de récupération fonctionnant sur un câble triphasé : comme en mode monophasé où le process est plus classique, il permet de récupérer dans un noyau le champ magnétique existant lorsqu’on se rapproche d’un fil électrique alimenté. Même faible, il est suffisant pour alimenter un capteur », décrit Ludovic de Ternay.

 

Diversification à partir des matériels électriques

capteur tct
Les capteurs ouvrants comptent parmi les éléments originaux de l'offre de la PME.


Autre innovation récente de la PME nivernaise, elle a mis au point un système de récupération d’énergie souple permettant de rendre un câble auto-éclairant, une solution appréciée notamment dans les mines. « De façon générale, nous co-développons avec nos clients en apportant notre compétence dans le magnétique. C’est cette spécialité que nous nous efforçons de valoriser de plus en plus », poursuit le dirigeant. TCT a tiré parti de la pause forcée d’activité durant la crise sanitaire, du fait des arrêts des clients, pour « consacrer le temps dont nous manquions à bien réfléchir et agir en matière d’innovation produits », ajoute Ludovic de Ternay.

L’entreprise déploie ainsi ces savoir-faire dans ses deux familles d’activités. D’une part, les produits de mesure : capteurs de courant, transformateurs de courant ou de tension, protection contre les redoutables défauts différentiels que TCT est capable de détecter à des seuils infimes (quelques milliampères et fréquence d’à peine 2,5 hertz). D’autre part, les composants pour la conversion de puissance : transformateurs pour convertisseurs, alimentations haute fréquence, filtres électromagnétiques.

 

bandeau Village CA

 

Ces développements procurent à Tores Composants Technologies un chiffre d’affaires situé sur une pente ascendante : 10,5 millions d’€ prévus cette année, contre 9,2 millions d’€ l’an dernier et 8,5 millions avant le Covid. « Nous nous sommes fixé une trajectoire de progression à 15 millions d’€ en 2026, qui passera par un premier cap à 11,5 millions l’an prochain », précise Ludovic de Ternay.

Les fabricants de matériels électriques (Schneider, Socomec, Bender…) représentaient 53 % du chiffre d’affaires sur la moyenne des trois dernières années. Le pourcentage traduit un mouvement de diversification par rapport à la part de plus de 70 % qu’occupait ce débouché à la création de l’entreprise en 2000, par le fait de sa sortie du groupe sidérurgique Usinor au moment où celui-ci a rejoint ArcelorMittal et s’est recentré alors sur son cœur de métier. Depuis 2008, TCT appartient à l’ETI alsacienne Socomec

 

usine tct
Avec son effectif de 63 salariés, TCT est un pourvoyeur d'emploi significatif dans son bassin de Sauvigny-les-Bois dans la Nièvre.


Hors son marché d’origine, la PME travaille pour le matériel embarqué ferroviaire (19 % du chiffre d'affaires en moyenne sur la période 2019-2021) et les appareils mobiles de mesure (9 %). « Notre offre trouve aussi ses applications dans l’aéronautique, la Défense, et même la compétition automobile », complète le dirigeant. L’innovation est l’affaire, en particulier, de l’équipe d’une dizaine d’ingénieurs et techniciens formant l’unité de recherche-développement et industrialisation de TCT. Elle sort environ 50 prototypes par an. « C’est là que s’inscrit notre futur », estime Ludovic de Ternay.

Commentez !

Combien font "9 plus 6" ?