Circuits courts alimentaires au succès croissant, commerce des produits régionaux à la réussite toujours pas démentie, et maintenant produits responsables qui permettent au fournisseur de matière première de vivre correctement de son travail. Illustration de cette tendance de l’alimentation dans les allées de la foire internationale et gastronomique de Dijon, avec des producteurs de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est.


• La fromagerie Delin lance un lait Bourgogne-Franche-Comté engagé

Que faire des surplus de lait de la fromagerie ? Plutôt que les revendre au rabais, Philippe Delin à Gilly-lès-Citeaux (Côte-d’Or) a eu l’idée d’en faire un lait en brick « engagé » Bourgogne-Franche-Comté. Le litre est acheté aux producteurs 40 centimes le litre (au lieu des 30 pratiqués par l’industrie laitière). Quinze producteurs de Côte-d’Or, Saône-et-Loire, du Doubs et du Jura qui lui fournissent du lait pour ses fromages sous AOP (Appellation d’Origine Protégée) l’accompagnent depuis début octobre, dans le lancement de ce produit vendu en grande distribution et à la fromagerie, autour de 1,10 € le litre.
La 3ème cuve de 50.000 hectolitre va bientôt partir à l’embouteillage, réalisé par la laiterie Gérentes en Haute-Loire, en attendant, si l’évolution des ventes le permet, l’achat d’une ligne d’embouteillage. Car, « pour rester dans l’idée du circuit court, le lait a vocation à voyager le moins possible », explique Coralie Saunier, commerciale à la Fromagerie Delin. Pour authentifier l’approvisionnement, une photo des éleveurs et le nom de la race bovine sont sur l’étiquette.

 

groupepm

 

• Les Ruchers de Marion jouent collectif dans le Grand Est

marion
Marion Richard, apicultirie en Haute-Marne. © Traces Écrites

Fille et petite-fille d’apiculteurs amateurs, Marion Richard a finalement succombé à la passion familiale et abandonné son métier d’ambulancière il y quatre ans pour créer son entreprise « Les Ruchers de Marion ». Elle possède 35 ruches à Nonécourt, près de Joinville, en Haute-Marne. Ses miels trouvent des débouchés sur les foires et  les marchés de Noël (elle sera le 24 novembre sur celui de Selongey, en Côte-d’Or) et depuis peu, dans un magasin collectif créé avec six autres producteurs agricoles haut-marnais, Au Panier Champenois à Saint-Dizier.
Marion présente aussi les produits que des artisans du Grand Est fabriquent avec le miel ou la cire de ses ruches : les bonbons de la confiserie À Les champs dans les Ardennes, les tissus imprégnés de cire de « Les Lubees de Sylvie » (Aube) qui remplacent avantageusement les films alimentaires étirables ainsi que des savons au lait d’ânesse de La Savonnière du Moulin dans la Meuse.

 nouveau reseauconcept

 


• 132 m2 pour promouvoir le made in Jura

gourmandise
Mélanie Plantard, créatrice de Gourmandises et Compagnie, sur le stand Made in Jura. © Traces Écrites

Tous les deux jours, des producteurs jurassiens se relaient sur le vaste stand de 132 m2 de Jura Tourisme, l’organisme de promotion touristique du conseil départemental du Jura. « Car la gastronomie et les produits régionaux constituent la troisième motivation des visiteurs du Jura (en termes de séjour), après la découverte des sites naturels et paysages, et la tranquillité. »
Le jour de notre visite, Mélanie Plantard, créatrice de Gourmandises et Compagnie à Crotenay, faisait goûter ses confiseries et chocolats. Après avoir exercé des fonctions commerciales, cette jeune femme s’est reconvertie dans la pâtisserie et la confiserie en passant un CAP. Elle fait tout maison, de la fabrication du praliné à l’emballage. Une activité qui commence à bien marcher, dont les marchés du Jura et du Doubs sont les débouchés.
Installée pour l’instant à son domicile, elle devrait bientôt déménager dans de nouveaux locaux pour disposer d’un laboratoire plus spacieux. Mélanie fabrique les produits que lui inspirent les régions qu’elle apprécie, dit-elle : Aix-en-Provence et ses calissons, mais elle les fait carrés, la Bretagne et ses caramels salés et bien sûr le Jura, avec ses nougats noirs au miel de sapin et vin de paille.

pain
Un pain 100% Côte-d’Or dans les boulangeries à partir de décembre. Il a la forme d’un C comme la première lettre du département de la Côte-d’Or et sera fabriqué, à partir de décembre, à base de blés et de farines produites dans le département. La recette mise au point par l’Union départementale des artisans boulangers et boulangers-pâtissiers de la Côte d’Or est mise à disposition de tous les boulangers volontaires. La démarche suscitée par le Conseil départemental s’accompagne de la création d’une marque déposée "Savoir-faire 100 % Côte d'Or" qui peut être utilisée pour tout produit alimentaire dès lors qu’au moins 50 % des matières premières sont d'origine Côte-d’Orienne.



BPALC


• Chocolats roses, bleus, verts : la chocolaterie Jacques Bockel à fond dans les colorants naturels

bockel
Jean-Marie Lutz, responsable de la boutique de Colmar. © Traces Ecrites

Les produits qui plaisent bien dans les foires, ce sont les gros carrés de praliné aux amandes et à la fleur de sel, primés aux Awards du Chocolat il y a une dizaine d’années et qui font toujours recette, raconte Jean-Marie Lutz, responsable de la boutique de Colmar de la chocolaterie Bockel qui officie à la foire de Dijon.
L’entreprise alsacienne (environ 5 millions d‘€ de chiffre d’affaires) située à Saverne-Monswiller, dans le Bas-Rhin, en profite quand même pour présenter ses dernières créations, le Croc’Nut, une crêpe dentelle avec la fameuse pâte à tartiner maison, le Nut Alsace, et le Ruby, un chocolat bois de rose, la couleur d’origine d’une variété de fève de cacao. Les crayons en chocolat font aussi sensation auprès des enfants mais aussi des mamans car les colorants sont naturels, à base de fruits et de fleurs. Une tendance que le chocolatier alsacien voudrait étendre à toute sa gamme.

 ccibfc

 

• Le domaine des Rubis : les petits fruits rouges, diversification d'une activité céréalière

rubis
Thierry Rousselle, céréalier avec son frère, a de longue date développé une activité de transformation de petits fruits rouges. © Traces Écrites

Agriculteurs en Haute-Marne, à Bugnières, près de Chaumont, les frères Thierry et Jean-Michel Rousselle sont aussi producteurs de petits fruits rouges. Les 3 hectares de framboisiers et cassissiers qu’ils cultivent fournissent matière à une gamme de vins fruités, jus de fruit et vinaigres aromatisés qu’ils vendent sur les foires – celle de Dijon depuis 25 ans – et les salons des vins.
Les fruits sont pressés comme du raisin, mis à fermenter pendant trois semaines puis six à huit mois en cuve pour donner deux cuvées pour l’apéritif ou le dessert. « C’est une diversification de notre activité céréalière », commente Thierry Rousselle. Et comme les responsables du Domaine des Rubis ne sont que tous les deux à produire, c’est une machine à vendanger qui récolte les fruits chaque mois de juillet.

Relire l'article de Traces Écrites News :  La distillerie Decorse en Haute-Marne.

Connaître le secteur de l'agroalimentaire en Côte d'Or sur le site de

invest

Commentez !

Combien font "10 plus 1" ?