Aménagement. Avec aujourd’hui près de 2300 agents, en intégrant les personnels techniques des lycées, et pas moins de sept bâtiments disséminés sur Dijon pour accueillir ses services, le conseil régional de Bourgogne manque toujours cruellement de place.

La solution à ce problème a été trouvée par François Patriat, le président de la collectivité territoriale, qui pestait régulièrement depuis 2004 devant cette incohérence immobilière, de surcroît très coûteuse en raison de l’augmentation régulière des loyers de la capitale régionale, l’institution n’étant pas propriétaire de tous ses bureaux.

L’existence de très vastes celliers souterrains, à sept mètres de profondeur (*), -hérités des moines cisterciens, comme celui de Clairvaux-, contigus au siège du conseil régional, boulevard de la Trémouille à Dijon, favorise un projet d’aménagement d’une très grande originalité et dont la mise en chantier pour 21 mois interviendra avant l’été.

Pas moins de huit très vastes salles voûtées - 3 000 m2 de surface totale - ont été découvertes à l’occasion de travaux récents. La région entend les aménager avec un parti pris environnemental qui tient compte, tout à la fois, de la nature des lieux et du fruit d’âpres négociations avec les élus écologistes de l’actuelle majorité politique rose, verte et rouge.

Nous avons pu nous procurer en exclusivité l’avant-projet sommaire (APS), dont nous publions les grandes lignes sans autres explications complémentaires face au refus catégorique de répondre à nos questions de la part de François Patriat. «Nous en parlerons en temps et en heure», indique simplement son cabinet sur un ton sans appel.

Un architecte de talent

Les murs très bien conservés, avec leurs pierres de taille apparentes, resteront dans leur état original. Seule la pose d’un vernis spécial incolore favorisera une meilleure étanchéité et offrira un rafraîchissement total.

La présence du lit du Suzon, rivière dont les moines se servaient à l’époque pour expédier leur tonneaux de vin, ne semble pas un handicap, puisqu’il a été depuis longtemps canalisé à cet endroit. Un cheminement en pavage de verre le recouvrira.

La question plus délicate de l’éclairage a été résolue avec la création de puits de lumière invisibles depuis la surface. Pour augmenter la luminosité, un ingénieux système de miroirs réfléchissants sera installé, de même que des leds d’une nouvelle génération, fournis par la toute jeune société chalonnaise Ligthing Concept Factory.

«Cela éradiquera toute sensation d’enfermement du personnel», peut-on lire dans l’avant-projet. La communication avec les autres immeubles en surface se fera, entre autres, par une rampe d’accès à pente douce, très accessible pour les personnes en fauteuil roulant.

Mais pas seulement !

Des ascenseurs à fonctionnement hydraulique, mise au point par Philippe Lebru (Weal’s Concept), horloger bisontin et spécialiste par définition du mouvement, seront spécialement réalisés. Leur alimentation, sans recourir à la moindre goutte d’eau municipale, est rendu possible par le trop plein de la nappe phréatique pompé depuis toujours dans les sous-sols du parking de la préfecture pour éviter leur inondation.

L’architecte dijonnais François Brandon, connu pour avoir participé à la rénovation de la basilique souterraine de Lourdes, a été retenu sur concours. Il conduira l'opération immobilière chiffrée à 7,9 millions d’€. Cette dépense ne devrait rien coûter aux contribuables. Le différentiel entre les échéances de l’emprunt négocié et les loyers payés sera compensé par un don de la Fondation des Caisses d’Épargne, premier financeur des collectivités locales.

(*) Une profondeur suffisante pour éviter d’entendre le passage du futur tramway.

Lire aussi : www.tracesecritesnews.fr/actualite/wealsconcept-lhorloger-tgv-6178

Crédit photo: Conseil régional de Bourgogne

7 commentaire(s) pour cet article
  1. P-J. Gdit :

    Excellent votre poisson d'avril !

  2. Jean-Pierre Coulpierdit :

    Ce projet, exceptionnel, est vraiment celui qu'attendent les Dijonnais depuis la création du lac Kir! Vous oubliez de préciser que les rames du tramway qui passera au-dessus bénéfiecieront d'un ascenseur spécial pour se mettre au niveau du sous-sol. Hélas, il y aura toujours des esprits chagrins pour dire que l'on jette l'argent par les fenêtres, mais comme il n'y en aura pas de fenêtres...

  3. POMMEY Agnèsdit :

    Bonjour, Je pense que vous avez omis de parler dans votre article d'un problème important aux yeux des amoureux de la nature à savoir le triste sort des poissons qui vivent dans le Suzon..car le cheminement en pavage de verre va sans doute les perturber... En ce premier jour d'avril, on "nage" en plein délire, et il faut trouver une solution pour éviter toute souffrance aux poissons ! Sans doute devrons-nous attendre encore jusqu'au 01 avril 2012 pour avoir une suite... Bien amicalement Agnès POMMEY

  4. Paqul-Even du FOUdit :

    Soyons sérieux ! Quant on nous annonce que cela ne coûte rien, à la sortie, cela coûte régulièrement. Et quant on connaît les problèmes financiers de la région, on aimerait connaître l'avis de notre très fameux Conseil Economique et social local, qui, hors effets d'annonces, ne dit jamais grand chose.

  5. Riguetdit :

    Dans les milieux autorisés, on dit que le projet se nommerait "les troglodytes vernis".

  6. baudin pierredit :

    Pas mal pour un premier avril !!!! A suivre Pierre Baudin

  7. Bouillotdit :

    Joyeux 1er avril à vous aussi ! Amitiés...

Commentez !

Combien font "5 plus 10" ?