Grâce à une bourse « Itinéraire Chercheur Entrepreneur » obtenue avec un projet issu de l’Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne (ICMUB), Amélie Godard lancera la start-up Fluonir, fin 2024. Son ambition consiste à emmener en essai clinique une molécule fluorescente couplée à un anticorps. La jeune femme de 29 ans participait en mars dernier à Ladyj.Tech 2, l’événement à Dijon pour « célébrer les femmes de la deeptech ».
« 33% des chercheurs et moins d’un tiers des ingénieurs sont des femmes », introduisait dans son discours, Marie-Hélène Juillard-Randrian, vice-présidente de Dijon métropole et organisatrice de Ladyj.Tech2 en mars dernier sur le campus ESTP-ESEO, à Dijon.
Deux associées au féminin pluriel pour une société innovante
Parmi de nombreuses femmes entrepreneuses ou chercheuses présentes, Amélie Godard est venue témoigner de son jeune parcours déjà largement ambitieux. Après une licence de chimie à Besançon puis un master chimie et biologie à Strasbourg, la jeune femme originaire de 29 ans originaire de Vesoul (Haute-Saône) décide de poursuivre par une thèse à Dijon. Docteur en chimie, bac + 8, « au départ, j'ai toujours voulu travailler pour la médecine (notamment en pédiatrie). Au cours de mon parcours universitaire, j'ai réalisé des recherches sur la maladie d’Alzheimer en licence, puis sur la mucoviscidose et les allergies de contact dans les cosmétiques en master, pour finalement bifurquer vers une thèse en cancérologie », explique Amélie Godard.
Pourquoi avoir opté pour cette spécialité ? Hasard ou coïncidence ? « Le sujet de thèse me plaisait bien quand j’ai candidaté à Dijon. J’ai alors rejoint l’Institut de Chimie Moléculaire de l’Université de Bourgogne (ICMUB) pour une durée de trois ans. » A la suite de cette thèse, grâce à un projet de maturation financé par la SATT (société d'accélération du transfert de technologies) Linksium suivi d'une bourse, ses travaux ont pu être valorisés via la création d'une start-up sur laquelle Amélie Godard travaille en collaboration avec son associée Malorie Privat. Elle se nommera Fluonir. « Nous avons pour ambition d'emmener en essai clinique une molécule fluorescente couplée à un anticorps (qui s'injectera au patient) de façon à permettre de mettre en lumière les tumeurs pour donner aux chirurgiens un outil de précision au moment de l'ablation de la tumeur. L'anticorps permet le ciblage des cellules cancéreuses et la molécule fluorescente de rendre la tumeur lumineuse. » La création de cette société est prévue en novembre 2024.
Pour les tumeurs de la tête et du cou
La particularité de la technique des deux associés tient au fait que le signal lumineux utilisé va au-delà de 1.000 nanomètres, « ce qui permet d'obtenir des images de haute résolution, détectables par une caméra qui les retransmet sur un écran pour donner l'information au chirurgien, puisque notre œil humain ne peut voir qu'entre 400 à 700 nanomètres », poursuit Amélie Godard. Elle peut s’appliquer sur la totalité du corps humain, mais l’intérêt est d’autant plus grand dans les zones délicates à opérer telles que la tête et le cou. Des parties du corps d’autant plus sensibles qu’il est difficile de faire la différence entre une tumeur ou un nerf par exemple. « Elles concentrent énormément de nerfs qui sont évidemment vitaux pour l’homme et qu'il ne faut surtout pas endommager », complète la scientifique.
Dans certains cas, la marge de sécurité est délicate à déterminer entre tissus sains et tumeurs : « grâce à notre technique de nombreuses tumeurs vont être enlevées très précisément ce qui permettra sans doute de sauver des vies », se félicite la jeune femme. Depuis un an, le travail des deux associées consiste à valider l'efficacité de la molécule - qui sera injectée par voie intraveineuse - et d'en évaluer sa toxicité pour déterminer si cette dernière sera bien tolérée. Et Fluonir s'apprête à monter une levée de fonds à hauteur d’un million d’euros.

Elle se caractérise par l’utilisation des dernières avancées de la recherche comme l’intelligence artificielle, les nanotechnologies, le vaccin ARN messager… qu’il s’agisse des sciences dites « dures » ou des sciences humaines. « Nous devons mobiliser tous les talents dans ces domaines à très fort potentiel, surtout dans une période de difficultés cruciales de recrutement. Les femmes chercheurs et /ou entrepreneures doivent donc être plus nombreuses et davantage visibilisées », insiste Marie-Hélène Juillard-Randrian, vice-présidente de Dijon métropole (ci-dessus lors de son intervention à Ladyj.Tech2 fin mars dernier).


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