Spécialisé dans la fabrication d’instruments rotatifs à destination des dentistes et du secteur de la beauté, NWT a traversé la frontière pour s’implanter sur la rive française du Rhin et y réinternaliser une grande partie de sa production. En pleine phase de diversification de ses marchés, le groupe construit une nouvelle usine à Erstein. Elle résulte de l’acquisition sur place de l’injecteur plastique EPI et de la reprise de personnel qualifié venant de Knauf à Rhinau, quelques kilomètres plus loin.
Le virage pris par NWT n’est pas banal. Cette PME (chiffre d’affaires de 6 millions d’euros en 2024) a choisi de quitter l’Allemagne pour la France, surtout en raison… du fort absentéisme de ses salariés qui va à rebours de la réputation de la main d’œuvre germanique. « Après le Covid, il a été très difficile de remettre les gens au travail. Outre-Rhin, nous faisions face à un taux d’absentéisme de l’ordre de 30 à 40 % par an », explique Bruno Lamoureux, codirigeant avec Dieter Bauch.
Tous deux ont alors lorgné vers l’Alsace avec l’idée de réinternaliser la production jusqu'alors assurée près de Leipzig, où ne demeurent que de l'assemblage et un service après-vente avec 12 salariés. En 2022, ils ont racheté EPI (Erstein Plastique Industrie), une entreprise d'injection plastique, d'usinage et de mécanique de précision. Le premier objectif a été dès lors atteint : réduire le nombre de sous-traitants (la société en comptait entre 500 et 1.000) et produire en propre les pièces corps, afin de gagner en temps et en coûts.
Mais l’entreprise bas-rhinoise était dépourvue d’atelier d’assemblage et de bureau d’études, alors que depuis sa création en 2006, NWT avait toujours misé sur l’innovation. Or il y a deux ans, les deux dirigeants ont eu l’opportunité d'intégrer une partie des salariés du plasturgiste Knauf Industries voué à fermeture à Rhinau, à quelques kilomètres d'Erstein. Ils signent alors un prêt participatif avec la société régionale de financement Sodiv et reprennent 11 salariés qui n’avaient pas pu être reclassés dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

Ils envisagent de reprendre également le local de Rhinau et y implantent une partie de l’activité en mai 2024. Mais devant la « lenteur et les tracasseries bureaucratiques » avec l’organisme de crédit-bail, NWT a finalement décidé de rester à Erstein. En tant que propriétaire du terrain, il y fera construire de nouveaux bâtiments. « Nous avons un potentiel constructible de 2.800 m2 à l’arrière. Nous commencerons par 1.200 m2. Les travaux doivent démarrer ce mois de janvier », annonce Bruno Lamoureux. Le temps que la nouvelle usine soit opérationnelle, le groupe a loué des surfaces situées juste en face, pendant neuf mois.
« Nous avons été ralentis dans notre développement, mais finalement cela nous coûte moins cher de faire construire ici pour la même surface couverte de 4.000 m2. Et la position géographique du site nous permettra de recruter plus facilement. Je me sens soulagé d’avoir pris cette décision », avoue le codirigeant.
3,5 millions d’euros d’investissements en deux ans

L’investissement s’élève à 2,5 millions d’euros : 1,1 million pour l’achat de nouvelles machines, le reste pour la construction. Le groupe est soutenu financièrement nolamment par Bpifrance et la Région Grand Est. En 2024, il avait déjà consacré 1 million d’euros à l’acquisition de nouvelles machines pour l’usinage. Car malgré les aléas administratifs, il a continué d’avancer : en 2024, EPI, renommée NWT, est passée de 8 à 25 salariés. Cette année l’objectif est d’atteindre 50 salariés.
L’équipementier a également diversifié ses marchés. En 2023, il a signé un contrat avec une entreprise alsacienne spécialisée dans les équipements de nettoyage par vapeur sèche. Alors que les appareils étaient fabriqués en Italie, ils seront désormais produits intégralement à Erstein. « Nous voulons éviter la dépendance à un segment unique, car les marchés évoluent très vite en ce moment », observe Bruno Lamoureux. En plus des secteurs de la santé et de la beauté (prothésistes, podologues...), le fabricant allemand compte désormais des clients dans l’aéronautique, les loisirs, les télécoms, l’événementiel, les équipements industriels…
De son seuil de 6 millions d’euros l’an dernier, NWT compte faire grimper son chiffre d’affaires à 10 millions dès 2026. L’export représente 80% de son activité. La société est présente sur les marchés d'une cinquantaine de pays, principalement le Benelux et l'Allemagne.






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