La méthode de recrutement par simulation développée par Pôle Emploi est utilisée par Arelis, spécialiste de l’électronique de haute fréquence à Marville (Meuse), en vue de compléter ses effectifs par une dizaine d'opérateurs supplémentaires en 2023. Elle permet à l’entreprise de trouver les profils disposant de la minutie nécessaire au maniement des composants miniature.


Dans l’atelier de montage de cartes électroniques d’Arelis à Marville (Meuse), à proximité de la frontière belge, une quarantaine de petites mains manient les composants miniatures avec prudence et dextérité. Logé dans quatre bâtiments d’une ancienne base militaire de l’Otan, ce sous-traitant de l’industrie de la défense et de l’aérospatial, filiale du groupe français LGM (lire ci-dessous), fait partie de la poignée d’industriels indépendants spécialisés dans l’électronique de haute fréquence en France.

Si un tiers des procédés est aujourd’hui automatisé, Arelis continue d’avoir besoin de salariés minutieux pour compléter ses effectifs de 130 personnes (incluant le bureau d’études de Saint-Aubin-lès-Elbeuf en Normandie) pour un chiffre d’affaires de 15 millions d’€. Pour cela, il innove dans le recrutement de ses opérateurs - une dizaine de personnes supplémentaires recherchés à Marville par rapport aux 80 actuels - qui étaient jusqu’à présent majoritairement des « opératrices ».

 

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 « Au départ, nous nous tournions spontanément vers des profils féminins, car les femmes disposent généralement de qualités de minuties et concentration. En raison des tensions sur le marché de l’emploi, nous avons souhaité élargir davantage notre spectre en collaborant avec l’agence Pôle Emploi de Verdun », explique Guillaume Pees-Martin, le directeur du site Arelis de Marville.

 

Un million d’€ d’investissement

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Ines, une jeune habitante de Verdun, a effectué un stage d’immersion dans les ateliers de montage d’Arelis à Marville (Meuse) via Pôle Emploi. © Philippe Bohlinger


Le service public de l’emploi a en effet développé une méthode de recrutement par simulation (MRS). Celle-ci consiste à éprouver la capacité des candidats à tenir un poste en les confrontant à des exercices reproduisant un environnement de travail. Cinq stagiaires ont ainsi bénéficié début 2023 de plusieurs semaines d’immersion professionnelle sur le site Arelis de Marville, première marche vers un possible recrutement en contrat à durée déterminée de six mois.

Parmi eux, figure Inès, une jeune Verdunoise jusqu’alors employée dans la restauration rapide. Elle explique avoir suivi quelques tests simples visant à identifier ses aptitudes au contrôle et à l’auto-contrôle, autrement dit sa capacité à tracer par elle-même ses opérations de production en vue de détecter au plus tôt d’éventuelles défaillances du processus de fabrication. « Je cherchais à changer totalement d’univers professionnel. Je n’avais aucune idée de ce que c’était que d’exercer dans le secteur de l’aérospatial, en dehors du témoignage d’amis qui travaillent sur le site de Safran à Commercy (Meuse) », explique-t-elle.

 

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Arelis, qui dispose en Meuse de 3.000m² de bâtiments dont 600 m² de salles blanches pour assembler 4.000 cartes électroniques par an, bénéficie de la dynamique à l’œuvre sur ce marché. Elle a profité, il y a deux ans,du plan de relance post Covid pour investir un million d'€ dans la modernisation de ses capacités de production. Une absolue nécessité dans un contexte où « la dimension des composants a été divisée par deux en dix ans », rappelle Guillaume Pees-Martin.

 

Qui est le groupe LGM ?

Arelis a été créée en 1980 sous le nom de Meusonic par Jean Friess, par ailleurs fondateur de Realmeca, un assembleur de sous-ensembles pour l’aérospatiale basé à Clermont-en-Argonne (Meuse). Le spécialiste de la microélectronique a pris son indépendance en 1998, avant d'adopter le nom d’Arelis suite à la fusion avec Sericad en 2010, une société localisée à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) qui constitue aujourd’hui le bureau d’études de l’entreprise. L’ensemble été repris en juin 2021 par le français LGM, spécialiste de l’ingénierie et du management de l’information technique basé à Vélizy-Villacoublay (Yvelines). Ce groupe indépendant compte 1.500 salariés dans ses effectifs pour un chiffre d’affaires de 150 millions d’€ en 2022.

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