La constellation de sociétés de travaux dans le bâtiment (couverture, chauffage, plomberie-sanitaire, énergies renouvelables…) achève sa structuration en grands pôles, eux-mêmes réunis sous une même bannière de groupe. La présidente de cet ensemble familial, Stéphanie Lévêque, y voit un gage de progression.
Inauguré mi-juin en résultante d’un investissement spécifique d’1,5 million d’euros, le nouveau site de Beyer Energies à Betschdorf (Bas-Rhin) incarne à double titre les sources du changement de dimension de sa maison-mère Groupe Beyer : extension progressive des métiers à partir de celui d’origine de la couverture-zinguerie, et réunion des différents entreprises et entités sous un même nom exprimant l’appartenance à un groupe familial.
Si la nouvelle dénomination commune s’est concrétisée l’an dernier, sa genèse est plus lointaine. On peut la faire remonter à 2013 Cette année-là, Stéphanie Lévêque rejoint l’entreprise établie à Brumath (Bas-Rhin) où elle a été fondée par son grand’père René Beyer en 1948 dans la cour familiale, avant d'être transmise à son père. L’idée est, bien sûr, de préparer la succession avec la représentante de la troisième génération. Mais ce timing coïncide aussi avec l’achèvement d’une phase de forte croissance, organique et externe avec l’acquisition de Strohm à Betschdorf et plus encore de Corebat (couverture-étanchéité) dans le sud de l’agglomération strasbourgeoise. « De ce fait, nous étions parvenus à un effectif cumulé proche de 200 salariés, ce qui posait la question de la refonte de l’organisation », rappelle l’actuelle dirigeante.
« Cette question était en lien direct avec celle du périmètre de reprise », poursuit-elle. Deux options se présentaient en effet : rescinder l'ensemble en différentes sociétés indépendantes prêtes pour partie à être cédées, ou les conserver toutes de façon à constituer un groupe à part entière. Cette deuxième voie a été retenue. Stéphanie Lévêque a ainsi pris le risque d’avaler un « gros morceau », évoluant à un univers qui était étranger à son propre parcours professionnel. Celui-ci s'était construit dans le commerce-marketing pour la VPC (vente par correspondance) dans le Nord de la France. Mais l’appel au retour au bercail a été le plus fort…
La présidente, parvenue à la tête du groupe en 2019, ne peut se féliciter du chemin parcouru depuis. Beyer forme un ensemble bien soudé de structures que la dirigeante veille à conserver chacune « de taille humaine, de l'ordre de 30 à 35 personnes pas plus si possible, nonobstant évidemment la croissance naturelle que nous n’allons pas refuser. »
15 métiers, huit filiales, quatre pôles

L’effectif cumulé atteint 260 salariés, pour un chiffre d’affaires passé en six ans de 31 à 37 millions d’euros (bilan 2024). Ce périmètre se décline en huit sociétés (*) . La construction d’organigramme marque la recherche d’un équilibre entre continuer à exprimer toute la diversité des métiers (une quinzaine) et les concentrer en même temps dans des « pôles », aspirateurs à synergies. Stéphanie Lévêque liste ceux-ci au nombre de quatre : enveloppe du bâtiment pesant environ 35 % du chiffre d’affaires, second œuvre (50 %), assainissement (réseaux humides et secs enterrés, terrassements…) et Home Services.
Ils adressent les marchés des professionnels, du bâtiment (promoteurs, bailleurs sociaux, collectivités locales, établissements de santé…) et de l’industrie, à l’exception de Home Services qui se tourne depuis sa création en 2020 vers le particulier. A ce profil de client, cette filiale propose des produits (sanitaire, salles de bains clés en main) et des prestations comme le remplacement de colonne, ou encore le pas forcément glamour, mais indispensable, curage-débouchage.
Pour l’ensemble de ses métiers, Groupe Beyer privilégie la prospection dans le Bas-Rhin où il concentre toutes ses cinq implantations physiques, selon le principe que l'efficacité se loge dans la proximité.
Par ailleurs, le métier d’origine a été le déclencheur de l’une des diversifications les plus significatives concomitamment à l’arrivée de Stéphanie Lévêque : le photovoltaïque, ciblé sur les professionnels. « En tant que couvreurs, nous détenions la compétence du travail en hauteur, déterminante selon nous pour l’activité visée, et dont il est difficile de décrocher les qualifications. A partir de là, nous avons considéré que nous pouvions nous lancer, en ajoutant l’apprentissage du volet électricité », relate la présidente.

A 42 ans, la représentante de la troisième génération veille aussi à insuffler l’air du temps en terme de management. Celui-ci se veut collaboratif, et tourné vers l’objectif de fidéliser les salariés. La transmission du savoir-faire forme une autre priorité, elle passe par l’apprentissage qui se traduit par l'embauche chaque année d'une vingtaine de jeunes alternants. Quant à la féminisation des effectifs, elle constitue un axe qu’on imagine naturel pour Stéphanie Lévêque. Elle déclare vivre comme « une vraie source de fierté » le « très bon accueil » qui vient d'être réservé à la promotion de Valérie Scheidler à la tête de la filiale Beyer Energies.
Mais il importe à la dirigeante du Groupe Beyer que le chemin vers la parité ne s’arrête pas aux fonctions support. Selon elle, « nous aurons fait un pas de géant lorsque la féminisation aura gagné davantage les postes de terrain, sur les chantiers. »
(*) Ces filiales portent le nom Beyer suivi de leur spécialité respective : Assainissement, Couverture, Etanchéité, Home Services, Photovoltaïque, Sanitaire, Sanitaire Entzheim (en succession de Corebat), Energies
Photos fournies par l'entreprise





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