Le logisticien pour l’industrie a réussi sa diversification dans l’e-commerce avec la société-sœur Euroservices Partner. Cette activité qui représente près de 30 % du chiffre d’affaires a fortement contribué à une forte croissance ces cinq dernières années. Eurofulfill va encore s’agrandir après une première extension fin 2018.


Eurofulfill le met en évidence : il y a logistique et logistique. Dans ses entrepôts à Wissembourg (Bas-Rhin), la société familiale fait cohabiter deux types de prestations qui ont en commun la préparation de commandes et la distribution de produits, mais qui incarnent deux mondes bien distincts : la logistique industrielle d’une part, celle pour l’e-commerce d’autre part.
« La première travaille sur des délais à 3 jours, en gros volumes, à partir de rayonnages de grande hauteur dont les colis sont extraits par chariots, pour des préparations de commandes une par une. La seconde fonctionne à la journée, on s’y déplace à pied pour faire bouger des bacs de pièces qui traitent simultanément plusieurs commandes », décrivent les dirigeants, Stéphanie Starck et son conjoint Manuel Lengenfelder. 



Ainsi dotée de deux jambes, Eurofulfill avance, et au pas de course : le chiffre d’affaires a progressé de 50 % de 2016 à 2019 pour s’établir à 7,5 millions d’€ l’an dernier, tandis que les effectifs sont passés en quatre ans de 60 à 100 permanents, - de 80 à près de 150 si l’on ajoute la moyenne des intérimaires et saisonniers.


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L’essentiel de cette croissance récente a émané de l’e-commerce. L’activité a été introduite au milieu des années 2010, en résultante d’une réflexion stratégique bien approfondie. Les années précédentes avaient amorcé un changement d’échelle pour la PME née en 1997 dans la distribution pour la VPC (vente par correspondance).
A ce secteur fluctuant a rapidement succédé une relation solide, qui perdure, avec l’usine INA Roulements de Haguenau, devenue Schaeffler. Les commandes de l’équipementier automobile ont afflué, ce qui n’a pas manqué de réjouir la direction d’Eurofulfill. « Mais nous avions bien conscience qu’il fallait éviter de dépendre à 90 % d’un seul client. Tout en gérant cette croissance, nous avons travaillé à identifier un vecteur de diversification, ce qui nous a dirigé vers l’e-commerce », décrit Stéphanie Starck.

De cette réflexion, est née la société-sœur Euroservices Partner, dédiée à cette nouvelle activité, dont Stéphanie Starck a pris la gérance, au même titre qu’elle préside le directoire d’Eurofulfill, la société fondée par ses parents.

Apprentissage de l’e-commerce avec laboutiquedupetitprince 

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L'e-commerce concerne des clients très variés : chaussures , papiers peints , brosses à dents, implants dorsaux, pièces de vélos etc. © Traces Ecrites


Mais avant de se lancer dans le grand bain, les jeunes dirigeants ont pris soin de se tester pour « se familiariser avec ce métier et bien se l’approprier », ils l’ont développé par eux-mêmes, par le rachat d’un commerce en ligne en 2013, laboutiquedupetitprince, qui vend des produits dérivés du célèbre personnage de Saint-Exupéry. « Nous avons appris, sur de petits volumes, la complexité de cette distribution, et sa gestion à l’international, avec les aspects douaniers, vers une centaine de pays », souligne Manuel Lengenfelder.
Ainsi aguerri, Euroservices Partner a pu se lancer avec succès. Elle compte désormais plusieurs dizaines de clients, start’up et sites actifs dans des domaines variés : chaussures (dont Basket4Ballers), papiers peints (Au fil des couleurs), brosses à dents, implants dorsaux, pièces de vélos, même des coussins pour chiens, etc.

 

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Désormais, la logistique d’e-commerce représente près de 30 % du chiffre d’affaires cumulé des deux sociétés, et la proportion est encore amenée à augmenter. Cette activité se réalise surtout auprès de donneurs d’ordre basés en Ile-de-France et dans l’Est. Et contrairement à une idée reçue, ces commanditaires se caractérisent par une « relative » fidélité. « On fonctionne souvent selon des contrats à trois ans », note Stéphanie Starck.  Eurofulfill poursuit de son côté aussi le traitement de commandes par centre d’appels et la logistique retour des chaussures de confort Ideasko, un client historique.

Les différents vecteurs de croissance ont fait pousser les mètres carrés. Elles sont portées à 10.000 m2, dont une extension de 2.200 m2 mise en service fin 2018. « Nous avons investi 2 millions d’€ ces quatre dernières années » souligne Manuel Lengenfelder. Et ce n’est sans doute pas fini. Le duo Eurofulfill / Euroservices Partner a encore besoin de 8 000 m2, « que nous allons en priorité tâcher de satisfaire par l’optimisation des surfaces actuelles », précise Stéphanie Starck.

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La logistique industrielle travaille sur des délais à 3 jours (en photo) ; l'e-commerce fonctionne à la journée. © Vincent Eschmann

 

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Qui sont Stéphanie Starck et Manuel Lengenfelder ?

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© Vincent Eschmann
Ils forment un couple au travail et à la ville. Stéphanie Starck, 39 ans, est la fille des fondateurs d’Eurofulfill. Après ses études d’expertise-comptable, elle a intégré la société familiale en 2008 et petit à petit, le scénario de la reprise s’est dessiné. Fière de la parité atteinte dans le management de l’entreprise qui emploie plus de 80 % de femmes, elle a mené le « chantier » du changement de mode de gestion, « vers plus de collaboratif et d’autonomie » des encadrants.
Dans cette mission, elle a reçu l’appui de Manuel Lengenfelder, 38 ans. Diplômé de l’Ecole de management de Strasbourg, il a intégré l’entreprise en 2013, mettant ses premières expériences dans le marketing et la vente au service de la diversification vers la logistique pour le-commerce, dossier qu’il a piloté. Il occupe la fonction de directeur des opérations.
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Une partie de l'équipe d'Eurofulfill qui se chiffre au total à 100 personnes. © Vincent Eschmann

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