Urbanisme. Vingt ans après avoir mis cap au nord - à l'époque seuls terrains urbanisables, où s'est installée la Toison d'Or-, Dijon installe ses futurs quartiers au Sud.

De l'hôpital général en phase de déménagement vers le CHU du Bocage aux anciennes emprises militaires, en passant par l'ancienne usine Amora, pas moins 150 hectares de terrains ont été libérés ou sont en passe de l'être.

Première étape d'une urbanisation qui prendra une vingtaine d'années, la zone d'aménagement concerté (Zac) de l'Arsenal abordera la phase de concertation préalable le 13 décembre (1) selon un scénario proposé par l'équipe d'urbanistes AUC, Base, Franck Boutté Consultants, Tétra et Iosis Grand Est.

Cet espace de 12,6 ha englobe les anciennes minoteries, au bord du canal de Bourgogne, l'ancienne caserne Bonnotte et le site désaffecté de l'établissement du matériel (Etamat). En une décennie, la ville de Dijon veut bâtir 1600 logements et 30 000 m2 de bureaux, commerces et équipements publics.

«Si Dijon souhaite maintenir sa population au niveau de 155 000 habitants, il faut construire 700 à 800 logements par an ; nous avons là l'opportunité de rééquilibrer la ville au sud», indique Pierre Pribetich, adjoint délégué à l'urbanisme.

Première application de l'Eco-PLU (2) adopté en juin dernier, le quartier de l'Arsenal sera forcément un écoquartier dont les principes d'aménagement reposent essentiellement sur l'idée de "micro centralités".  Autrement dit, des mini-villes dans la ville, où l'on trouve toutes les fonctions urbaines : logement, commerces, bureaux, loisirs.

L'automobile sera contenue en périphérie du quartier, dans quatre parkings mutualisés. Les deux extrémités du quartier seront desservies par une station du tramway.

Un parking à moins de 3 mn de chaque logement, les commerces à moins de 5 mn, le tramway à moins de 6 mn : difficile de faire mieux pour ne pas décourager les adeptes de la voiture !

Premiers logements en 2014

Autre caractéristique : les logements sociaux représenteront 30 à 35% des programmes. La mixité se retrouvera aussi dans les typologies et les types d'habitat : plus dense près du tramway, ambiance fluviale à proximité du canal avec des venelles qui en facilitent l'accès, etc…

«Le projet d'aménagement n'est pas figé, volontairement», indique Thierry Lajoie, directeur de l'établissement public local de l'agglomération dijonnaise (Eplaad), aménageur.

La reconversion ou la démolition de certains bâtiments militaires dépendra des propositions faites par les architectes au moment du concours.

Le sort des silos de l'ancienne minoterie, que certains qualifient de verrue urbaine, d'autres de patrimoine industriel à préserver, n'est pas scellé, même s'il semble économiquement difficile de les reconvertir en logements.

Seule certitude : les poudrières en limite sud du quartier seront transformées en parc public.

Avantage du projet : la ville maîtrise le foncier, donc pas de problèmes d'expropriation qui souvent font traîner en longueur les aménagements de grande ampleur.

Les premiers logements devraient être livrés en 2014, sur le site des minoteries.

(1). Une réunion publique a lieu le 13 décembre à 19h, au gymnase Kennedy. Une exposition se tient à l'hôtel de ville de Dijon (salle des mariages) jusqu'au 8 janvier.

(2). Une «ville des courtes distances» constitue la base du nouveau plan local d'urbanisme, remettant en cause la construction historique de la ville en escargot, autour de l'hypercentre.

Commentez !

Combien font "6 plus 4" ?