Urbanisme. Les habitants de Dijon et de son agglomération vont pouvoir bouger différemment à la mode écolo : en tram, en bus, à vélo. Quant à la voiture, elle devrait trouver un usage strictement utilitaire. Explications.

En chantier jusqu'à l'automne, le tramway de Dijon offre à la capitale bourguignonne de formidables opportunités d'urbanisation en desservant 55 ha de terrains disponibles dont la communauté d'agglomération maîtrise le foncier : friches industrielles, anciens terrains militaires, surfaces agricoles ou encore équipements publics en cours de relocalisation.

«Il s’agit là d’une situation exceptionnelle pour une ville de plus de 100 000 habitants, d’autant que toutes ces réserves se situent, soit en centre-ville, soit à ses abords immédiats et sur des axes pénétrants nord-sud et est-ouest», se félicite Thierry Lajoie, directeur des entreprises publiques locales d’aménagement de l’agglomération dijonnaise, la Semaad et la Splaad.

Grâce à cette manne, la capitale bourguignonne va pouvoir se développer sur elle-même, évitant les travers de l’étalement que le schéma de cohérence territoriale (Scot) condamne, et réorganiser sa chaîne de mobilité en réduisant la place de la voiture.

Fil conducteur : le tramway, en cours de construction pour 400 millions d’€, desservira dans une bande de 500 mètres pas moins de futurs 14 éco-quartiers et 2 éco-parcs (22 hectares). Cette nouvelle offre immobilière de 6 000 logements (10 000 unités prévues ces dix prochaines années), constituera une trame urbaine à habitat principalement collectif, évitant des espaces dortoirs.

Chaque éco-quartier génèrera sa propre polarité autour de commerces, d’activités tertiaires et de services publics. L’urbanisation prévoit par ailleurs un temps de cheminement à pied, des portes palières à la station de tramway la plus proche, compris entre 6 et 10 minutes.

La voiture, pour un usage «strictement nécessaire»

«Nous ne voulons pas pour autant éradiquer la voiture, mais la limiter à un usage strictement nécessaire», argumente André Gervais, adjoint à l’équipement urbain, à la circulation et aux déplacements, chargé également  du tramway à la communauté d’agglomération.

Plusieurs autres infrastructures favoriseront ce parti pris. La mise en service fin 2013 de la liaison routière nord-ouest (151,3 millions d’€ sous maîtrise d'ouvrage de l'État) absorbera un trafic de transit compris entre 19 000 et 28 000 véhicules/jour, en bouclant définitivement le contournement de Dijon.

L’ouverture, le 11 décembre, de la ligne ferroviaire à grande vitesse Dijon-Mulhouse, ainsi que la mise en circulation prochaine de deux TGV quotidiens supplémentaires vers Paris, devrait renforcer l’attractivité économique de la ville. Pour faciliter les déplacements sans voiture du centre vers les zones d’activités de la périphérie non desservies par le tramway, les principales stations serviront de "hub" avec le réseau de bus.

Ce dernier doit d'ailleurs être modernisé. «Nous allons renouveler notre parc des bus à hauteur de 120 véhicules hybrides et visons progressivement 1 600 vélos en location longue durée jusqu’à un an, système que nous avons inauguré en avril», explique André Gervais. Une billetterie unique - bus urbains, départementaux et TER - devrait inciter à une plus grande utilisation des transports en commun.

Précaution nécessaire, alors que le coeur historique la cité des Ducs de Bourgogne étendra son plateau piétonnier, réduisant toute circulation et stationnement automobiles aux seuls résidents et aux livraisons.

Crédit photo: Studio Mustard et Alfred Peter

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