Comme beaucoup de vins européens, le vin de Bourgogne va supporter une hausse de 25% des droits d’entrée aux États-Unis, consécutive à la décision de l’Organisation Mondiale du Commerce de taxer l’Europe à hauteur de près de 7 milliards d’euros. Cette surtaxe est une mauvaise nouvelle pour le vignoble bourguignon : les États-Unis sont son premier marché export.


25% : c’est l’augmentation du prix de la bouteille de vin de Bourgogne à son entrée sur le marché américain dès le 18 octobre. Cette hausse significative résulte de nouveaux droits de douane que les États-Unis vont appliquer aux vins européens (*) par mesure de rétorsion à des subventions versées par l’Union Européenne à l’avionneur Airbus et qui, selon l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) faussent la concurrence au détriment du constructeur outre-atlantique Boeing.
Le vin de Bourgogne est fortement concerné, car le marché américain est son premier marché export. Avec 210 millions d'€, en 2018, il représente environ 12% du chiffre d’affaires et un quart de ventes à l’étranger. « On est une victime collatérale d'un conflit qui nous dépasse », disait Louis-Fabrice Latour, président délégué du Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne (BIVB), mercredi 2 octobre, la veille de la décision de l’OMC, lors de la traditionnelle conférence de presse d’après-vendanges. À ce niveau, les Bourguignons pensent pouvoir continuer de « travailler », les 50% de hausse un temps craints,  n'auraient pas été « tenables ».
Toutefois, la surtaxe risque fort d’enrayer un dynamisme des ventes aux Etats-Unis qui ont continué de progresser depuis le début de l’année, en volume (+ 6,2% ) comme en valeur (+7,5%).  Ce sont les villages des côtes de Beaune et de Nuits ainsi que les Premiers et Grands crus qui s’y vendent le mieux : ils représentent 43% de la valeur des exportations de bourgogne aux Etats-Unis.


 

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La nouvelle vient perturber un commerce à l’export qui se porte très bien et qui représente 49% des ventes de bourgogne. Les exportations ont même atteint un chiffre d’affaires record de 587 millions d’€ les 7 premiers mois de 2019, par l’augmentation des volumes (+ 7,2% sur l’ensemble des marchés étrangers), mais surtout des prix (+ 10%).
Mais d’autres ombres viennent assombrir le marché export, observent les professionnels. Si les conséquences du Brexit les inquiètent moins qu’il y a quelques mois, sauf si la livre venait à s’effondrer, des incertitudes proviennent de Hong-Kong.
Cette province où l’issue des affrontements entre la population et le pouvoir est une totale inconnue, représente entre 4 et 5% des exportations et surtout, elle est une plaque tournante pour le commerce en Asie du Sud-Est. Les vins de Bourgogne qui s’y vendent le mieux sont également des premiers crus et des grands crus notamment de la Côte de Nuits, ce qui explique la forte progression en valeur, de près de 30% en un an. « Et le Brésil devient hyper protectionniste », ajoutait François Labet, le président du BIVB, pointant là une 4ème source potentielle de ralentissement du marché.


Retour à un bon niveau des stocks à la propriété

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Les stocks sont en train de se reconstituer en raison d'une abondant millésime 2018, mais la récolte 2019 apparaît insuffisante pour les compléter. © Traces Ecrites.

Reste que le marché français demeure important pour le vin de Bourgogne avec 51% des ventes, et contrairement aux autres vignobles, il progresse même en grande distribution, sur un segment certes moins qualitatif que le grand export. Mais il profite aux vins blancs qui sont les plus produits en Bourgogne (59% de la production).  
Le vignoble se situe aussi dans un contexte beaucoup plus favorable qu’il y a quelques années. Car malgré une vendange 2019 déficitaire surtout en blancs, le stock à la propriété revient à la hauteur d’une « quasi-année moyenne » en raison d'une récolte record en 2018, autorisant les professionnels à rester confiants quant aux capacités à alimenter les marchés. Ils attendent les dégustations qui précèderont la vente des vins des Hospices de Beaune, le 17 novembre, pour préciser une impression très favorable sur la qualité du millésime qu'ils espèrent à la hauteur des millésimes en 9, réputés pour engendrer en Bourgogne comme ailleurs, des vins de très bonne facture.

 

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leroyOlivier Le Roy, directeur des cités du vin 

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, section internationale, conseiller d'entreprises et dit-il, passionné par le vin, il a été nommé pour gérer les trois cités des vins de Chablis (Yonne), de Mâcon (Saône-et-Loire) et de Beaune (Côte-d'Or) que réalisent le Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne pour les deux premières, et la ville de Beaune, pour la troisième. Et aussi pour trouver des alliances avec la cité de la gastronomie et du vin de Dijon puisque l'Ecole des vins de Bourgogne, entité de l'interprofession viticole, y sera aussi installée. Les permis de construire des maisons de Chablis et de Mâcon ont été déposés. L'équipe d'entreprises et architectes qui construira la maison de Beaune sera connue lors du conseil municipal du 12 novembre.

(*) Et toute une liste de produits alimentaires (tous les vins européens sauf le Tokay ainsi qu’un bon nombre de fromages, dont le Comté) et produits manufacturiers produits en Europe dont les taxes d’entrée sur le marché américain vont augmenter de 10 à 25%.

 

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