Fondation de mâts d'éoliennes.
Fondation de mâts d'éoliennes.

EOLIEN. L’Alsace n’est pas une terre d’éoliennes… du moins pour leur partie visible à l’œil nu. Car en souterrain, les fondations des mâts passent presque toutes par Riedisheim, à côté de Mulhouse (Haut-Rhin). Sur dix fondations qui se font en France, le bureau d’études CTE (Centre technique de l’Est) en conçoit huit.

Ceteal, la filiale dédiée à l'éolien off-shore, créée avec l’ingénieriste francilien Mareal, a remporté le marché des avant-projets du parc de Fécamp.

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Surprenante a priori, cette part de marché ultramajoritaire s’explique. Les fondations ont toujours été l’atout majeur de la société d’ingénierie.

« En Alsace, la construction parasismique a son importance. Nous avons acquis du coup une certaine expertise en la matière, bien précieuse pour calculer par exemple l’effort au vent d’un rotor perché à 100 mètres et plus de hauteur », relève le dirigeant-fondateur Thierry Hummel.

Sa force, CTE (Centre technique de l’Est) estime surtout la tirer de son choix stratégique : « Nous sommes nés bureau d’études pour les structures, et nous le sommes restés, quand les concurrents gros ingénieristes ont cherché la polyvalence en agrégeant des compétences dans les fluides, le tous corps d’état, etc.

Nous, notre métier, c’est le calcul, la conception, les études d’exécution pour le bâtiment et le génie civil, essentiellement pour des ouvrages en béton armé. Ce positionnement ciblé a porté ses fruits », estime t-il.

Cette stratégie a fait de CTE un poids lourd de son domaine : l’entreprise compte 100 salariés répartis entre Riedisheim (une trentaine), Lyon, Strasbourg et des filiales en Allemagne, Pologne, Vietnam, Brésil, et depuis ce printemps au Sénégal et Portugal.

le dirigeant-fondateur Thierry Hummel.
Le dirigeant-fondateur Thierry Hummel.

Le capital partagé avec 14 cadres

Le chiffre d’affaires a atteint 10 millions d’€ en 2012, dont 20 % à l’étranger.

Parmi les références prestigieuses, on peut citer : EDF à Saclay, le stade des Alpes à Grenoble, le nouvel hôpital civil de Strasbourg, l’auditorium de Dijon, le Centre Pompidou de Metz et hors des frontières, l’International School of Vietnam, la Hongkong Tower dans la ville chinoise du même nom et le pont du Danube à Belgrade.

Joli parcours pour une entreprise que Thierry Hummel a vraiment créé au sortir des bancs de l’école, en l’occurrence l’ESTP Paris (Ecole Supérieure des Travaux Publics), il y a près de trente ans.

« j’ai terminé les études un vendredi, j’ai fondé la boîte le lundi suivant », se souvient t-il.

On imagine une telle pépite convoitée, mais Thierry Hummel s’est attaché à verrouiller le capital : il le partage avec 14 cadres.

Comment en être venu à l’éolien ? « Sans faire de jeu de mots, nous avons senti le vent dès le début des années 2000, lorsque les tous premiers parcs ont émergé en France. Nous cumulons en dix ans l’étude de plus de 4 000 fondations totalisant environ 7 000 mégawatts.  L’ingénierie de la fondation de mâts nous est apparue comme un prolongement logique de notre expertise dans les structures : calcul de résistance aux vibrations, détermination de paramètres de dynamique et de fatigue des ouvrages, etc. », raconte Thierry Hummel.

Le parc maritime de Fécamp

De terrestre, l’éolien est aussi devenu offshore et CTE ne pouvait donc s’en désintéresser. Mais « comme c’est un domaine particulier » dixit le dirigeant, le bureau mulhousien a  recherché l’association avec un spécialiste de ces questions, rompu aux études de plateformes en plein mer de pétrole et gaz.

Il l’a trouvé avec l’ingénieriste francilien Mareal. Ensemble, ils ont constitué l’an dernier une filiale dédiée, Ceteal. 

CTE a conçu et breveté Rockmat, un système sans pieux adapté aux côtes rocheuses majoritaires en France qui préserve en même temps l’environnement marin. L’initiative lui a valu un trophée Alsace Innovation 2012.

Dénouement logique : le bureau a remporté l’an dernier le marché des avant-projets du parc de Fécamp (80 machines), l’un de ceux décidés par le gouvernement pour développer l’éolien offshore. D’autres ne devraient pas manquer de suivre.

Le stade de Grenoble, un des références de CTE.
Le stade de Grenoble, un des références de CTE.

L’éolien terrestre a lui aussi été isolé depuis 2011 dans une filiale spécifique, CTE Wind Civil Engineering, basée aujourd’hui à Dinard, en Bretagne.

Au total, l’éolien représente 15 % du chiffre d’affaires et cette activité est réalisée à moitié à l’étranger.

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