Infrastructures. Tout semble bien parti pour que le contournement nord de Dijon soit ouvert à la circulation à la fin de 2013. Purgé de tout recours, le projet réalisé sur les trois quarts de son tracé aborde une phase décisive : le creusement du tunnel de La Peute Combe, rebaptisé tunnel de Talant.

Spécialiste des tunnels, l'entreprise Bec Frères (groupe Fayat) a démarré les rampes d'accès au futur ouvrage, route de Troyes à Daix.

D'une longueur de 600 mètres et constitué de deux tubes pour chaque sens de circulation, le tunnel débouchera à Plombières, à quelques centaines de mètres de l'A38 (direction Pouilly-en-Auxois). Pour des raisons techniques et économiques, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL, ex-direction régionale de l'Equipement), maître d'ouvrage, a choisi le creusement par explosif plutôt qu'un tunnelier.

Les premiers tirs d'essais ont eu lieu il y a 8 jours. Dans les 14 mois nécessaires à la construction du tunnel, deux tirs quotidiens en souterrain pulvériseront 2000 à 2500 m3 de marnes calcaires. 15 à 20 minutes après chaque tir, le temps d'évacuer les poussières à l'aide de gros extracteurs, un robot à trois bras dégage les matériaux.

Puis il consolide la voûte du tunnel avec un béton projeté de 10 à 25 cm d'épaisseur et des boulons à ancrage, barres métalliques ancrées dans la roche qui apportent une résistance à la traction. Les 2 voûtes de tunnel avanceront ainsi  2 à 4 mètres par jour.

Chantier ordinaire, mais sensible

Ce chantier «ordinaire» selon Pascal Renaud, directeur de travaux chez Bec Frères, est cependant soumis à maintes précautions. Car le sujet est sensible. Voilà trente ans déjà que la Lino est sur les rails, maintes fois suspendue et modifiée en raison d'oppositions politiques et de riverains.

La dernière version du projet, celle en œuvre aujourd'hui, a été mise à l'enquête publique en 2005. Démarrés en 2007, les travaux ont été suspendus en février 2010 suite à la décision de la cour administrative d'appel de Lyon d'annuler l'arrêté préfectoral du 22 décembre 2006  au titre de la loi sur l'eau. (*)

«Tous les recours possibles ont été utilisés et les derniers opposants ne défendent que des intérêts particuliers», glisse une source proche du dossier.

Les précautions portent sur les horaires de tirs, mais aussi sur la circulation des camions qui transportent les matériaux extraits du tunnel vers une plateforme de stockage, tous devant, selon l'engagement du maître d'ouvrage, être réutilisés sur le chantier en sous-couche de la route et autres terrassements.

Longue de 7.5 km, la Lino est chiffrée à 151,3 millions d'€ (valeur 2008) dont 50 millions pour le tunnel. La facture devrait encore s'alourdir, car, conformément aux règles des marchés, il faut indemniser les entreprises qui ont arrêté de travailler pendant un an. Pour mémoire, le budget arrêté en 2005 s'élevait 109 millions d'€.

Les tout derniers travaux seront lancés cet été. Il s'agira de la construction des deux derniers ouvrages, celui rétablissant la RD 107A à la route d’Ahuy (là où des fouilles viennent de s'achever, voir photo) et la construction d’une passerelle piétons pour rétablir les chemins piétonniers entre Fontaine et Ahuy ainsi que le rétablissement routier à la sortie du tunnel à Plombières.

Le trafic prévu se situe entre 19 000 et 28 000 véhicules/jour selon les sections.

(*) www.bienpublic.com/fr/dossiers/les-plus-du-web/article/4003960/avis-et-inquietudes.html

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