freshbaguette

Quentin Bastien-Thiry (à gauche) et Thibaut Tenaille gèrent la boulangerie de Washington.

BOULANGERIE. Celsius Equipement surfe sur la mode de la "french baguette" avec une boulangerie à Washington.

 

Cette première implantation aux Etats-Unis est une porte d'entrée pour développer hors de France, son cœur de métier : l'installation d'équipements de boulangerie.

 

« Un pied à l'étranger tire la croissance » : Florent de Felcourt, dirigeant de Celsius Equipement à Sennecey-lès-Dijon (Côte-d'Or) a fait sienne cette maxime très distillée ces derniers temps dans les milieux économiques institutionnels. Et d'insister : « pas besoin d'être puissant pour exporter, il faut oser ».

 

Le patron de cette PME spécialisée dans l'équipement de boulangeries ne se contente pas de discourir.

 

Il va bientôt fêter le premier anniversaire de la boulangerie qu'il a implantée à Washington, dans le quartier huppé de Bethesda, là se concentrent ambassades et sièges d'industriels internationaux et une importante communauté française (d'environ 3000 personnes).

 

Sous l'enseigne Fresh Baguette, Florent de Felcourt fabrique du pain selon des recettes françaises.

« La réputation de la french baguette n'est pas une légende », confirme t-il.

 

Et peu importe si le produit est cher, à 3 $ la baguette. En près d'un an, 800 000 € de pains et viennoiseries se sont vendus. Et l'affaire est déjà rentable, en comptant les amortissements, assure le dirigeant.

 

celsiusvitrine
L'équipement de boulangeries est le coeur de métier de Celcius.

Vendre le savoir faire technique à l'étranger

 

Ce sont des Français qui officient : Quentin Bastien-Thiry, 26 ans, le fils d'un ancien boulanger de Leuglay (Côte-d'Or), assisté de Thibaut Tenaille, embauché en VIE (Volontariat International en Entreprise). Le reste de l'équipe est américaine. Au total, 16 employés (12 équivalents temps plein) se relaient 7 jours sur 7.

 

De droit américain, la société a pour actionnaire majoritaire le holding de Celcius (15 salariés, 2,8 millions de chiffre d'affaires) qui ne compte pas s'arrêter là.

 

D'autres implantations aux Etats-Unis sont envisagées, notamment dans la capitale fédérale où le pouvoir d'achat supérieur à la moyenne nationale.

 

Ces initiatives sont des produits d'appels pour faire connaître hors de France l'activité qui constitue le coeur de métier de Celcius, l'équipement de boulangeries : les fours et pétrins aux chambres à fermentation ou réfrigérées en passant les laminoirs à croissants et aux nappeuses pour la pâtisserie. « La réputation des Français dans la boulangerie est l'occasion de vendre aussi notre savoir-faire technique ».

 

Distributeur et installateur, la PME est fière d'afficher son appartenance concessionnaire Bongard, le fabricant le plus renommé dans le secteur.

 

« Nous bénéficions de la centrale d'achats de cette marque, ce qui n'exclut pas d'autres fournisseurs, français de préférence, par exemple Odic au Creusot (Saône-et-Loire) qui fabrique des équipements frigorifiques », précise le dirigeant.

 

Comme beaucoup d'autres secteurs, l'équipement de boulangerie est lui aussi passé à l'ère de la technologie. Certains fours sont de véritables ordinateurs : des programmateurs, sentinelles de la variation de la température de cuisson, rend les recettes inratables.

 

La pâtisserie peut aussi se faire avec un robot qui enregistre les recettes et demande à l'opérateur, d'ajouter les ingrédients au bon moment.

 

« La machine a énormément fait évoluer le métier dans un souci de régularité de la qualité, mais aussi d'économies de matières premières et d'énergie : un four à cinq étages aujourd'hui ne consomme pas plus qu'un four à deux étages il y a dix ans », explique Florent de Felcourt.

 

celsiusdirigeantQui est Florent de Felcourt

 

Officier de marine, pilote d'hélicoptère, Florent de Felcourt quitte l'armée quand on lui demande de quitter le terrain au profit d'un poste administratif.

 

C'est pendant sa carrière militaire qu'il fait connaissance avec Washington où il exerce, pendant quelque temps, le fonction d'attaché militaire à l'ambassade de France.

 

Revenu à la vie civile, la création d'une entreprise s'impose à lui pour mettre à profit « (m)es compétences logistiques et organisationnelles acquises pendant 23 ans de marine nationale ».

 

Finalement, en 2000, il rachète l'entreprise familiale Tortora Celsius Equipement sous forme d'un LBO (Leverage Buy-Out).

 

Oseo (ajourd'hui Bpifrance) lui apporte sa garantie sur ses emprunts.

 

Le réseau Bourgogne entreprendre lui apporte un complément de financement sous la forme d’un prêt personnel à taux zéro ainsi que l’aide d’un « coach », Stéphane Bidault, le dirigeant de Vigilec.

 

 

 

1 commentaire(s) pour cet article
  1. FLAMANTdit :

    Ce n'est pas la première boulangerie française à Washington. En 1978, les GMP ont ouvert une boulangerie restaurant. J'ai travaillé dans celle-ci avec le fils Vilgrain.

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