FORMATION CONTINUE. L’Ecole Internationale du Nucléaire ou International Nuclear Academy (INA), implantée dans les locaux de la CCI de Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône, propose des modules de formation continue spécifiquement dédiés à l’industrie nucléaire.

Créée en 2009 à l’initiative du Pôle Nucléaire Bourgogne (PNB), labellisé pôle de compétitivité, l'école s’adresse à tous ceux qui souhaitent mieux travailler dans le secteur ou aborder ce vaste marché qui dépasse aujourd’hui de loin les frontières nationales.

Éric Mermet, son directeur, précise sa finalité et évoque les projets de développement, notamment un mastère et un diplôme en langue anglaise.

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Qui êtes-vous Éric Mermet ?

J’aurai bientôt 39 ans et je suis un ancien cadre de l’industrie. J’ai travaillé 12 ans dans l’automobile, puis pour une filiale du groupe Vallourec, et enfin chez Escofier à Chalon-sur-Saône, spécialiste des machines utilisant la technologie du roulage à froid, racheté par le groupe Galilé. Très attaché à la Bourgogne et à son territoire économique, je n’ai pas hésité une seconde lorsque l’on m’a proposé la direction de L’Ecole Internationale du Nucléaire ou International Nuclear Academy (INA), car notre vocation est devenue mondiale et que beaucoup de nos formations se déroulent en anglais.

Précisez-nous la réalité ainsi que la finalité de votre école ?

Née en 2009 à l’initiative du Pôle Nucléaire Bourgogne (PNB), notre structure emploie deux salariés et un directeur scientifique en la personne d’Alain Vallée, ancien du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), qui conçoit toutes nos formations et fédère un réseau d’experts. Nous disposons d’un budget de 400 000 € avec pour financeurs la Communauté Urbaine Le Creusot-Montceau (CUCM), la communauté de l’agglomération du Grand Chalon la région, l'Europe et le conseil général de Saône-et-Loire. Implantée dans les locaux de la CCI de Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône, nous dispensons nos formations sur place et au Creusot, en raison de la présence d’un fort tissu industriel spécialisé dans la fabrication de composants pour centrales nucléaires.

Notre école entend répondre à un triple besoin : préserver et améliorer un savoir-faire existant et unique, accompagner le renouveau des centrales nucléaires dans les pays à main d’œuvre vieillissante, comme le nôtre, mais aussi développer des compétences spécifiques notamment auprès de PME déjà présentes dans ce secteur ou voulant s’ouvrir à ce marché porteur. Notre chiffre d’affaires devrait atteindre les 170 000 € cette année.

Quels types de formation dispensez-vous ?

Il s’agit, vous l’avez compris, de formation continue pour l’instant de courte durée, sur deux à trois jours et d’un coût moyen de 1500 € par participant : ingénieurs, chefs de projet, techniciens et patrons de PME. Nos modules principaux s’appellent Exenuc et Qualinuc.

Le premier s’adresse aux directeurs et chefs de projets nucléaires. Il explique les principales caractéristiques à prendre en considération lors du développement d’activités nucléaires civiles : les tendances du marché international, les technologies actuelles, le cycle du combustible, le plan de financement d’une centrale nucléaire, l’organisation de l’autorité de sûreté, les codes de construction… Les  cours sont délivrés en anglais par des experts de renommée internationale.

Qualinuc aborde, de son côté, en détail l’énorme code des normes nucléaires françaises (RCC-M) qui fait autorité, spécialement pour l’ingénierie, la fabrication, le contrôle qualité et l’inspection… La formation bilingue porte également sur le code américain : ASME B&PV, section III. Elle permet de savoir où trouver la bonne information et comment l'exploiter.

Nous proposons également Marketnuc qui permet aux PME de mieux évoluer dans le marché du nucléaire ou de l’aborder en sachant séduire les grands donneurs d’ordres, comme Areva, le CEA ou EDF. Mise en œuvre d'une stratégie de conquête, procédures de marchés du CEA d’EDF EDF, programme ITER et enjeux d’un référencement, en constituent les principaux points-clés. Enfin, Dismantuc familiarise avec les techniques du démantèlement des centrales. Ce marché mondial est estimé entre 200 et 250 milliards d’€ sur les vingt prochaines années. C’est dire s’il est d’avenir !

Répondez-vous aussi à des besoins plus particuliers ?

Oui, bien sûr ! Nous conduisons pour Valinox Nucléaire, fabricant de tubes pour générateurs de vapeur situé à Montbard (Côte-d’Or), un cycle spécifique dédiés aux nouveaux embauchés, soit environ 300 personnes, en nous déplaçant dans l’entreprise. Il s’agit ici de les familiariser à la culture du nucléaire, tout spécialement en termes de sûreté et de qualité.

Quels nouveaux projets de formation engagez-vous ?

Nous allons intégrer des formations longues. En partenariat avec Supelec et le Conservatoire national des Arts et Métiers (Cnam), nous nous associons à un Mastère, labellisé par la conférence des grandes écoles. Il démarrera en janvier 2013 à l’attention d’ingénieurs qui ont au moins cinq ans d’expérience et intéressera la gestion de projets, la physique nucléaire et le management. Avec l’Université de Bourgogne, nous montons un diplôme en langue anglaise, vraisemblablement pour octobre 2013, qui cible les ingénieurs de pays développant une industrie nucléaire, comme l’Inde.

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Crédit photo : INA

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