AVIS D’EXPERT(E). Céline Rabut dirige l’Institut de formation des entrepreneurs de Bourgogne, siglé Ifore. Cet organisme (200 000 € de budget), créé en 2003 et cofinancé par la région, le conseil général de Côte-d'Or, le Grand Dijon, la mutuelle Radiance et la Caisse d’Épargne de Bourgogne, Franche-Comté, sort de sa mission première : faciliter les transmissions et reprises d’entreprises.

Il intervient dorénavant aussi comme détecteur de PME qui souhaitent exporter et facilite leurs démarches auprès de Bourgogne Export, plateforme régionale commune aux financeurs et accompagnateurs en matière de commerce international.

Pourquoi l’Ifore souhaite t-il favoriser l’exportation dans les PME ?

À l’origine, il s’agit d’une demande de Safia Otokoré, vice-présidente régionale, chargée notamment du développement à l’international. Cette élue dynamique ne se voile pas la face. La Bourgogne pointe à la 17ième place en matière d’exportation sur 22 régions. En outre, elle bataille pour que le dispositif d’aides actuel soit revu et corrigé afin de le rendre plus clair, plus souple et surtout plus efficace avec un accompagnement personnalisé. Nous ne pouvions qu’adhérer à cette démarche.

Comment avez-vous procédez ?

Suite à l’envoi d’un questionnaire, 150 entreprises des quatre départements bourguignons nous ont répondu et nous les avons toutes rencontrées. 80% à 90% d’entre elles emploient de 1 à 10 salariés et les autres pas plus de 45, c’est dire leur petite taille. Elles sont motivées pour tenter l’aventure à l’exportation car nous leur faisons prendre conscience qu’à terme, cela représente un levier de croissance inappréciable. Il suffit de prendre exemple sur les Allemands dont la balance commerciale est à faire pâlir d’envie.

Quels types de blocage rencontrez-vous ?

Les freins à l’exportation dans les PME sont surtout psychologiques. Les chefs d’entreprise ne se sentent soit pas prêts, soit invoquent qu’ils n’ont pas le temps, ont eu une mauvaise expérience, craignent une multiplicité de démarches, ne savent pas comment trouver les bons relais sur place ou encore s’estiment trop vieux.

Ces réticences, souvent légitimes, il faut les aider à les surmonter et je leur dis souvent que seul le premier pas coûte. Car enfin, une panoplie d’aides existe :  financement d’études de marché, aide au recrutement, notamment d’un volontaire international en entreprise (VIE), participation très réduite sur un stand collectif lors de salons. À nous de les informer et de les guider.

Trouvez-vous encore le temps de vous occuper de transmission et reprise d’entreprise ?

Bien évidemment et plus que jamais, mais sur le sujet, nous ne travaillons pas seul, étant épaulés fortement par les experts-comptables, les avocats et les notaires. Il s’agit là d’un véritable problème à résoudre d’urgence sous peine de voir des pans entiers de notre savoir-faire industriel disparaître. L’âge des dirigeants, une conjoncture en dent-de-scie et les facilités qui sont offertes par l’auto-entreprenariat nous obligent à être de plus en plus pertinent dans notre action.

Sans forfanterie, l’Ifore tire plutôt bien son épingle du jeu. Nous avons déjà contribué à faire aboutir 120 dossiers et à préserver 1800 emplois. L’un d’entre eux parlera à tout le monde car il s’agit de la reprise de la Rose de Vergy par Mulot et Petitjean, le dernier fabricant de pain d’épices de Dijon.

Lire sur le sujet : https://www.tracesecritesnews.fr/actualite/au-bon-vieux-temps-du-pain-de-sante-5923

Crédit photo: Ifore

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