WM88 relance la marque de cuisines Hygena. Pavatex investit 27 millions d’€. Les vêtements professionnels Bragard deviennent américains. Le CHU de Nancy se restructure pour 515 millions d’€. ArcelorMittal tenté de fermer la cokerie de Florange avec 10 ans d’avance. GRTgaz se branche au biométhane. Un sursis pour l’équipementier automobile FVM Technologies.


• Le vosgien WM88 s’apprête à relancer la marque Hygena


Le fabricant de mobilier de cuisines et salles de bains WM88 à Châtenois (Vosges) annonce l’entrée à son capital de la Financière des Alpes, à Grenoble, avec une participation minoritaire de 34,5%. Cette opération permet à la PME vosgienne, filiale de l’alsacien Weber Industries, de bénéficier de l’appui du holding familial de Fournier Habitat, – dont la Financière des Alpes est actionnaire majoritaire – qui détient les enseignes Mobalpa, SoCoo’c et Perene.
Cette opération devrait permettre à WM88 de relancer la marque Hygena acquise en 2015 par le groupe savoyard mais qu’il avait convertie à l’époque aux couleurs de SoCoo’c. « Hygena conserve une forte notoriété auprès des professionnels et des consommateurs. Nous comptons relancer un réseau de petites enseignes franchisées  en misant sur nos délais de livraison et un outil de conception en ligne accessible aux particuliers », détaille Dominique Weber, président de WM88. 
Les deux groupes familiaux entendent mettre en commun leurs savoir-faire dans le mobilier en kit (WM88) et le mobilier monté (Fournier Habitat) afin de contrer la domination allemande sur le marché français des meubles de cuisine. WM88 qui emploie 135 personnes (chiffre d’affaires de 45 millions d’€ en 2019) sera présent au salon Franchise Expo Paris du 22 au 24 mars.

 

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• Pavatex va augmenter les capacités de son usine lorraine moyennant 27 millions d’€ d’investissement

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Le fabricant de panneaux isolants rigides en fibres de bois est entré dans le giron de Soprema en 2016. © Philippe Bohlinger

L’usine Pavatex de Golbey, dans l’agglomération d’Epinal, mobilise 27 millions d’€ d’investissement de sa maison-mère, le spécialiste de l’étanchéité et de l’isolation Soprema. Le groupe alsacien entend augmenter de moitié les capacités industrielles du site vosgien, spécialiste des panneaux isolants rigides en fibres de bois. 
Le projet va se concrétiser fin 2020 par l’installation de nouveaux équipements de préparation des matières premières et, fin 2021, par la mise en service d’une seconde ligne de production. Les 50 emplois générés par cet investissement complèteront l’effectif de 70 personnes. 

« Les synergies industrielles mises en œuvre à Golbey par le papetier Norske Skog avaient convaincu Pavatex d’implanter une usine il y a sept ans. Cette attractivité est aujourd’hui récompensée par l’investissement de son nouvel actionnaire depuis 2016, Soprema », se félicite Michel Heinrich, le maire d’Epinal. 
La création d’une nouvelle ligne s’inscrit dans la volonté  de Pavatex de rationaliser l’outil industriel.
Après les fermetures des sites suisses de Cham en mai 2019 et de Fribourg en 2015, représentant une centaine d’emplois au total, Golbey constitue désormais l’unique site de production de la filiale de Soprema.
 


Le fabricant de vêtements professionnels Bragard sous pavillon américain

La maison Bragard à Epinal (Vosges) s’est rebaptisée le 31 janvier dernier, Bragard group, dans la foulée de son passage sous pavillon américain. Le fabricant de vêtements professionnels qui emploie 180 salariés (chiffre d’affaires de 30 millions d’€) compte désormais comme unique actionnaire le californien Chef Works. Le groupe de 350 employés (chiffre d’affaires de 110 millions de dollars) a en effet repris le danois Kwintet auquel appartenait l’entreprise vosgienne depuis 2007. « C’est une opportunité incomparable de recevoir le support d’un groupe familial tel que Chef Works qui fait le même métier que nous et a décidé de renforcer la marque Bragard, son authenticité et son positionnement unique ainsi que son indépendance », se félicite Guy Bœuf, PDG de Bragard.
L’opération conclut une phase de réorganisation de la marque fortement chahutée ces dix dernières années :  en novembre 2018, Bragard avait fait d’un plan social avec la suppression d’une quarantaine d’emplois. En octobre 2019, Kwintet avait opéré une recapitalisation de l’entreprise. 




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• Le CHU de Nancy engage un programme immobilier de 515 millions d’€

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Le projet immobilier prévoit la déconstruction d’ici cinq ans de la barre du site hospitalier de Brabois. © CHU de Nancy

Le plus gros employeur de Meurthe-et-Moselle, avec près de 10.000 collaborateurs, a obtenu la validation de son plan de 515 millions € d’investissement. Le comité interministériel chargé de moderniser l'offre de soins hospitaliers (Copermo) a en effet approuvé le 28 janvier dernier le programme immobilier du CHU de Nancy. 
Il consiste à regrouper à l’horizon 2032, l’ensemble des plateaux techniques (blocs opératoires, imagerie, laboratoires, maternité, etc.) actuellement dispersés sur sept établissements, sur un site unique à l’ouest de l’agglomération, l’hôpital de Brabois.
 L’hôpital central implanté en cœur de ville ne conserverait qu’une offre de type ambulatoire, sans chirurgie et sans anesthésie.
« Ce projet immobilier constitue un volet du projet médical et soignant du CHU qui vise à réorganiser l’ensemble des activités en vue d’entrer dans les normes en termes d’effectifs soignants et de surface », éclaire Bernard Dupont, le directeur-général du CHU de Nancy. Attendu de longue date, le feu vert interministériel valide les efforts consentis par l’hôpital pour assainir sa situation financière. Le 16 juillet 2019, le Copermo avait approuvé le plan d’économie de l’établissement prévoyant la suppression de 598 postes et 174 lits sur cinq ans.

 
• ArcelorMittal pourrait accélérer le calendrier de fermeture de sa cokerie de Florange 

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Le coke lorrain est envoyé sur le site ArcelorMittal de Dunkerque depuis l’arrêt des haut-fourneaux de Florange en 2011. © ArcelorMittal

Le premier sidérurgiste mondial a annoncé le 10 février dernier son intention d’accélérer le calendrier de fermeture de sa cokerie de Serémange-Erzange (Moselle) rattachée à l’entité ArcelorMittal Florange. L’arrêt de l’exploitation, initialement prévu en 2032, pourrait être avancé de 10 ans, dès 2022 ou 2023. La totalité des 170 salariés en CDI de la cokerie devraient bénéficier d’un reclassement en interne assure la direction d’ArcelorMittal France, l’entité qui regroupe l’ensemble les sept sites de production de produits plats du nord de l’hexagone.
Depuis l’arrêt des haut-fourneaux de Florange en 2011, le coke lorrain alimente le site ArcelorMittal de Dunkerque. Or les investissements destinés à abaisser les émissions de CO2 du groupe devraient réduire mécaniquement les besoins en coke des hauts-fourneaux nordistes. Le groupe s’est en effet engagé à abaisser de 30% son empreinte carbone à l’horizon 2030 en Europe. Les émissions polluantes de la cokerie faisaient par ailleurs régulièrement l’objet de plaintes des riverains et des collectivités locales.

 

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Le biométhane porte GRTgaz


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Le biométhaniseur d’Haraucourt-sur-Seille (Moselle) mis en service en 2019 doit produire 6.000.000 Nm3 (normo mètre cube) par an. © GRTgaz
Les capacités en biométhane du Grand Est vont presque doubler en 2020 : le transporteur de gaz GRTgaz annonce le raccordement à son réseau de 11 nouveaux sites cette année. Ils représentent un total de 320 gigawattsheure par an (GWh/an), presque équivalents à la capacité de production actuelle de 331 Gwh/an résultant du cumul des 20 installations en service, situées essentiellement en Champagne-Ardenne et en Lorraine. 

Le mouvement ne vas pas s’arrêter : « Nous recensons 169 projets inscrits au registre national des capacités (soit environ 15 % du total français), ce qui signifie qu’ils ont réservé des capacités auprès des gestionnaires de réseaux et sont donc bien avancés », complète Thierry Daniel, délégué Nord-Est de Grtgaz. Si tous ces dossiers voient le jour, ce sont 4.000 Gwh annuels qui s’ajouteront.  En parallèle, GRTgaz planche avec divers partenaires sur de nouveaux développements en gaz « vert », comme le couplage entre méthanisation (décomposition de matières pourrissables en l’absence d’oxygène) et méthanation (réaction d'un mélange de dioxyde de carbone ou  monoxyde de carbone avec de l’hydrogène) – le projet Méthagrid en Champagne-Ardenne – et la plate-forme d’innovation CertiMétha dans l’Aube. 
Pour le gaz « classique », le Grand Est est arrivé l’an dernier en tête des régions consommatrices en France, souligne GRTgaz dans son bilan annuel : ses 74 milliards de Kilowattsheure (ou 74 térawattsheure) ont représenté 16 % du total national et traduisent une hausse de 3,5 % par rapport à 2018. Les centrales de production d’électricité à partir de gaz de la région ont augmenté leur activité de 29 %. Le gaz a joué son rôle de « source de production flexible, face à la moindre disponibilité du parc nucléaire et la baisse de la production hydraulique française en 2019 », souligne l’opérateur. La baisse de 3 % de consommation des clients industriels dans le Grand Est (total de 23,7 térawattsheure) n’est pas à interpréter comme un reflux d’activité, elle s’explique par des arrêts pour maintenance, fait valoir Thierry Daniel. Mathieu Noyer


La période d’observation de l’équipementier automobile FVM Technologies prolongée de six mois


L’attente des 140 salariés de FVM Technologies à Villers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle) pourrait se prolonger encore jusqu’en juillet prochain. Le fabricant de carters pour boîtes de vitesse a obtenu le 27 janvier une prolongation de six mois de la période d’observation ouverte à l’été 2019 dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire. Son actionnaire, le chinois Jinjiang Industries Europe, devra boucler d’ici là un plan de continuation crédible. La nomination récente d’un véritable directeur de site à Villers-la-Montagne aurait convaincu la juridiction commerciale d’accorder davantage de temps au sous-traitant automobile dont les carnets de commandes dépendent exclusivement du groupe Renault. 
Ce responsable aura notamment la mission d’établir un business plan solide incluant un probable plan de sauvegarde de l’emploi. La suppression de 60 à 100 emplois est envisagée par l’actionnaire. La situation d’une autre filiale, Jinjiang Sam à Viviez dans l’Aveyron, n’est cependant pas de nature à rassurer les salariés lorrains du groupe. Cette société sœur de 385 salariés a été placée en redressement judiciaire le 10 décembre dernier.

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