Le rachat du distributeur multimarques Ô Linge de Maison, au profil indépendant semblable au sien, permet au confectionneur de Gérardmer (Vosges) de compléter son réseau de points de vente en France. Il se pose ainsi de plus en plus en acteur de référence du linge de maison à partir d’une production relocalisée. L’étranger, notamment l’Asie, constitue pour la PME familiale un terrain de conquête de chiffre d’affaires.


A sa croissance organique, Blanc des Vosges souhaitait apporter un prolongement par une stratégie d’acquisitions. Celle-ci connaît sa première concrétisation. L’entreprise textile vosgienne a conclu, cet été, le rachat d’Ô Linge de Maison.

Cette opération élargit son champ géographique vers le Sud-Ouest, fief de la PME acquise basée à Portet-sur-Garonne en périphérie de Toulouse (Haute-Garonne). Elle lui amène aussi un concept de distribution multimarques de linge de maison. Elle-même évolue dans cette spécialité (pour l’application en literie via des chaînes spécialisées comme Compagnie du Lit ou France Literie, en salle de bains, sur les tables…) en se focalisant, sauf exception, sur la clientèle des particuliers.

 

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Ô Linge de Maison cochait, en somme, de nombreuses cases par rapport au profil idéal de « cible » de croissance externe de François Hans SA, la société holding coiffant la marque Blanc des Vosges. « Cette enseigne nous ressemble beaucoup : familiale, jouissant d’une belle notoriété sur son territoire forgée par une histoire déjà longue de plus de 50 ans, et positionnée premium en terme de prix », décrit Jean-François Birac, président-directeur général de Blanc des Vosges. Elle cherchait toutefois un second souffle, que son nouveau propriétaire entend lui insuffler.

De plus, les quatre magasins à l’enseigne Ô Linge de Maison, répartis entre l’agglomération toulousaine (le centre-ville et Portet-sur-Garonne), Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Carcassonne (Aude), se localisent de manière centrale pour trois d’entre eux et ils présentent une taille appréciable de 100 à 300 m2 chacun. « Ils vont ainsi contribuer à notre stratégie de reconquête des centres-villes », observe Jean-François Birac.

Sur le plan quantitatif, ces points de vente viennent s’ajouter aux 16 déjà déployés en France par Blanc des Vosges à sa propre effigie, outre le réseau de 1.300 magasins de distribution en France et 200 revendeurs à l’étranger qu’il a constitué. Les 10 salariés d’Ô Linge de Maison et son activité annuelle de 2,5 millions d’euros vont porter les effectifs globaux à 160 personnes et le chiffre d’affaires à 20 millions d’euros, sachant que Blanc des Vosges compte encore procéder à une dizaine d’embauches dans les douze mois afin de soutenir sa propre croissance.

 

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Le distributeur racheté, Ô Linge de Maison, possède des magasins de taille (jusqu'à 300 m2) implantés dans les centres-villes dans le Sud-Ouest, comme à Toulouse (Haute-Garonne) à gauche et Carcassonne (Aude).


Celle-ci doit, en parallèle, continuer à être portée par d’autres acquisitions, glisse le dirigeant. Blanc des Vosges se sent ainsi pousser des ailes, animé par la conviction d’avoir consolidé dans le temps son modèle de production intégrée, et donc d’avoir administré la preuve que celui-ci rencontrait son marché. Ô Linge de Maison, pour sa part, en reste à un seul profil de distributeur, sans fabrication en propre.

 

Une filière vosgienne

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Jean-François Birac a pris en 1998 la tête de la société vosgienne, en représentant de sa cinquème génération familiale, pour lui faire opérer les virages qui la mènent à son profil actuel, fort d'un effectif de 160 salariés et d'un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros.


Les virages ont été amorcés en 1998 à l’arrivée de Jean-François Birac, comme représentant de la cinquième génération, à la tête de l’entreprise familiale de tissage créée à Gérardmer, où elle est toujours installée, par un certain Nicolas Gérard. L’une des étapes-clés a consisté en 2007 à créer la marque Blanc des Vosges et à sortir ainsi d’un statut de sous-traitant, en investissant dans la création d’un atelier de confection dédié. Le dirigeant le reconnaît, sa posture se situait alors à rebours de la tendance généralisée à la délocalisation dans le textile vosgien. « Plus d’un interlocuteur me l’a fait remarquer », concède-t-il.

Or l’évolution des attentes de consommateurs vers des bien s de circuits courts a fini par lui donner raison. « Sur notre effectif actuel de 150 personnes, 110 se situent à Gérardmer, dont 100 en fabrication. Nous maîtrisons ainsi la confection en interne, et nous confions le tissage et l’ennoblissement à des entreprises partenaires dans les Vosges », expose Jean-François Bilac.

 

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L’entreprise, qui avait aussi participé à la mobilisation pour la confection de masques pendant le Covid-19, remplit dès lors le critère de 75 % de part de fabrication locale qui lui permet d’arborer la labellisation Vosges Terre Textile, outre celle d’Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) décrochée au début des années 2010.

De plus, son positionnement « premium » l’a enhardie à se tester sur des marchés étrangers. Avec un succès certain, là encore. Les produits de Blanc des Vosges se vendent aujourd’hui dans 36 pays, si bien que l’export représente 15 % du chiffre d’affaires. En dehors de l’Europe leur pilier, l’engouement pour les linges de Gérardmer s’exprime en Asie : Corée, Taïwan... La marque a fait de Hong Kong une tête de pont pour la conquête de ce continent, du moins de sa clientèle huppée. L’ancienne colonie britannique rattachée à la Chine concentre la prochaine actualité : l’ouverture d’un quatrième point de vente sur place, le 15 novembre, sous l'enseigne Blanc des Vosges. 

Photos fournies par l'entreprise.

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