Traces Ecrites News effectue sa traditionnelle pause hebdomadaire à l'occasion des vacances de la Toussaint. Durant cette semaine, nous revenons sur quelques informations de la vie des entreprises de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est qui ont marqué la rentrée. Aujourd'hui : Cleia. Spécialiste internationale des installations automatisées pour l'industrie, la PME de Nolay développe un savoir-faire vers quelques secteurs d'activités bien ciblés, les tuileries et briqueteries en premier lieu, qu'elle part équiper sur tous les continents. Jérôme Degueurce, le fidèle second du fondateur Philippe Penillard depuis 2010, prend les commandes de l'entreprise au moment où celle-ci injecte 500.000 € dans sa modernisation.


ARTICLE PARU LE 28 AOUT 2023.
Cleia change de tête, sans révolution. Jérôme Degueurce était depuis plus de dix ans le bras droit de Philippe Penillard, le repreneur en 2010 de l’entreprise d’installations industrielles automatisées à Nolay (Côte-d’Or). Depuis cet été, il lui succède comme président, avec la ferme intention de poursuivre le développement opéré sous la conduite du dirigeant qui a transformé la PME de 47 personnes en une quasi-entreprise de taille intermédiaire, puisqu’elle comptabilise désormais 245 salariés, dont la moitié au siège côte-d’orien. Sa dizaine de recrutements en cours devrait lui faire franchir le cap officiel de l’ETI.

Consolider la diversification figure parmi les priorités du nouveau patron. Cleia a en effet défini quatre secteurs, à partir de 2015, vers lesquels déployer ses savoir-faire, en complément de son pilier historique, l’équipement d’usines de matériaux en terre cuite, qui continue à représenter un peu plus de la moitié du chiffre d’affaires (d’un total de 35 millions d’€ l’an dernier).

 

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« Notre marché de base connaît des évolutions sinusoïdales, ce qui a justifié la recherche de débouchés complémentaires, sans se démultiplier ni se disperser », souligne Jérôme Degueurce. C’est ainsi que l’activité s’est enrichie de références dans le thermique industriel (les gros fours), l’environnement (traitement et préparation de matières comme l’argile), les usines de batteries automobiles et l’ « interlogistique de production » désignant la gestion optimisée des flux internes de matières et d’informations à l'intérieur d’un site de fabrication.
 

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La PME se pose comme experte de l'intralogistique de production, désignant l'optimisation de la gestion des flux internes.


Ces nouvelles orientations résultent de choix délibérés… ou parfois du (presque) hasard. « Pour les batteries, les clients sont venus nous chercher, après avoir repéré nos compétences. Nous n’écartons pas la reproduction dans d’autres secteurs d'un tel scénario de saisie d’opportunités. Notre diversification n’est donc pas figée », complète le nouveau président de Cleia.

Cette maîtrise technologique combine la mécanique, l’électricité, l’automatisme, la robotique et le génie thermique, de sorte à pouvoir fournir une solution automatisée « clé en mains » à des usines en cours de construction, d’expansion ou de transformation, le « revamping » qui monte en puissance. « Notre intervention se concentre sur les lignes de process, à l’exclusion du bâtiment lui-même. Mais elle couvre alors toute la palette, depuis l’ingénierie financière jusqu’à la maintenance en passant par les analyses techniques et géologiques, la conception, les études, la réalisation, le montage et la supervision », expose le dirigeant.

 

Polyvalence et agilité

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Les éléments de lignes de process et les grosses pièces requièrent la mise en place d'importants convois jusqu'à leur destination finale.


Une telle polyvalence caractérise Cleia sur son marché. Elle lui apporte ainsi un atout concurrentiel par rapport à des compétiteurs venus de pays à moindres coûts ou à forte tradition technologique comme l’Allemagne. « Sans doute faisons-nous preuve de davantage d’agilité que d’autres », appuie Jérôme Degueurce. Des investissements récurrents viennent entretenir de tels atouts. Sur ces années 2022 et 2023, Cleia s’est engagé dans un programme de 500.000 € qui s'achève actuellement par la modernisation du matériel et des bâtiments et l'implantation d’un nouvel ERP, en prolongement de la création déjà effective d’une salle de réalité virtuelle et de l’acquisition d’une machine d'impression 3D pour le prototypage rapide.

La géographie des projets, compte tenu des secteurs d’activité cibles, mène l’entreprise de Nolay un peu partout dans le monde, mais sans délaisser la France, loin de là : l’Hexagone concentre environ 30 % du chiffre d’affaires. Il s’y construit encore, et surtout s’y modernise, des unités de production à base de terre cuite – tuileries et briqueteries. Ces dernières années, Cleia a par exemple mis en place le système de récupération de chaleur fatale de l’unité Terreal de Chagny (Saône-et-Loire) pour le broyage de l’argile, et elle installé le four remis à jour de Wienerberger à Achenheim (Bas-Rhin). De même, le nouveau four géant de Framatome livré ce printemps au Creusot (Saône-et-Loire) fait partie de ses références de choix, dans l’activité de thermique industrielle.

 

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Quelque 20 % du chiffre d’affaires viennent du reste de l’Europe, avant donc les autres continents avec une croissance en particulier aux Etats-Unis et au Moyen-Orient en ce moment. Le pilier « historique » à l’export est l’Afrique du Nord, où Cleia a installé une importante unité - près de 100 salariés aujourd’hui - en Tunisie. Les effectifs se complètent aussi de la filiale Jetflam à Belfort-Cravanche de 12 personnes pour les brûleurs à gaz et les équipements thermiques industriels.

Evoluant dans des applications fort énergivores, l’entreprise axe son effort de recherche-développement sur ce sujet. Pour « optimiser l’existant » et, à plus long terme, « trouver les technologies de rupture » : l’hydrogène d’une part et l’électrification d’autre part forment les nouveaux horizons des clients de Cleia.

 

Qui est Jérôme Degueurce ?

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Arrivé à Nolay dès 2000 et directeur général délégué depuis 2010 de la société rebaptisée alors Cleia, Jérôme Degueurce (à droite) succède depuis cet été à Philippe Penillard (à gauche) qui a rendu
la société indépendante du groupe Ceric.

Diplômé en 2000 de l’école d’ingénieurs Enim de Belfort devenue depuis l’UTBM (Université de technologie de Belfort-Montbéliard), Jérôme Degueurce se définit lui-même comme un « pur produit » de « Ceric – Cleia. » Il a en effet rejoint l’entreprise de Nolay ,qu’il préside désormais, dans la foulée de ses études, comme chargé d'affaires à l’époque où elle faisait partie du groupe français Ceric, avant de poursuivre son parcours au siège francilien de la maison-mère comme chef de projets, en 2006. Il est revenu ensuite en Côte-d'Or pour devenir le directeur général délégué en 2010, lorsque Philippe Penillard, lui-même cadre dirigeant du groupe, a repris la filiale Ceric Automation avec 47 salariés, la dénommant Cleia et l’extirpant surtout de la déconfiture de la maison-mère. « Nolay était l’entité qui concentrait le plus grand nombre de compétences et elle a pu agréger à ses spécialités (le contrôle commande et les machines automatisées) celles d’autres filiales de Ceric, pour construire l’offre globale d’aujourd’hui », rappelle Jérôme Degueurce.

Photos fournies par l'entreprise.

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