L'entreprise de gros oeuvre a trouvé le constructeur bois qui va lui permettre de conjuguer les deux matériaux, au destin de plus en plus lié sur les chantiers. Et de son côté, la PME reprise, également située dans le Territoire de Belfort, résout rapidement le sujet de sa transmission.


En quête d’un nouveau propriétaire, Sogycobois l’a trouvé tout près de ses bases de Froidefontaine, dans le Territoire de Belfort. Autre entreprise terrifortaine, Albizzati Père et Fils a racheté la PME de construction bois de 15 salariés (chiffre d’affaires de 2,5 millions d’€), au 21 janvier dernier. « C’était le bon moment à la fois pour les deux sociétés, nous étions en phase », commente Jean-Louis Albizati (*), le dirigeant de l’entreprise de bâtiment de Danjoutin.

D’un côté en effet, le fondateur en 1985 de Sogycobois, Frédéric Bergdoll, commençait à se mettre en quête d’une transmission. « Mais contrairement à tant d’autres, il n’a pas attendu longtemps, car nous nous sommes rencontrés », souligne Jean-Louis Albizati. La société de gros œuvre de 90 salariés experte du béton cherchait, pour sa part, une diversification vers le matériau bois, en vogue dans le bâtiment… et qu’elle côtoie de plus en plus fréquemment sur les chantiers.

« Les nouvelles règlementations environnementales – la RE 2020 aujourd’hui, la RE 2025 demain – placent nos métiers à un tournant. Nous allons de plus en plus vers l’imbrication entre le béton et le bois. Or, nous constations nous-mêmes, sur les chantiers, certaines difficultés à se comprendre entre les deux univers, à bien fonctionner ensemble. D’où l’intérêt pour nous de maîtriser ce fonctionnement en interne », expose le dirigeant d’Albizzati.

 

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Mais il arrive que cette cohabitation soit harmonieuse, lorsque les entreprises bois sont de qualité… comme Sogycobois, avec laquelle Albizzati a déjà mené des opérations communes, en groupement. Par exemple, dans le passé, la construction des immeubles tertiaires de la zone de la Jonxion à hauteur de la gare TGV Belfort-Montbéliard, et actuellement celle du nouvel Institut de formation des professions de santé (IFPS) à Besançon.

Mais pour consolider les chances d’un tel mariage, Albizzati souhaitait « trouver une entreprise dotée de moyens de production importants », évoluant en mode industriel, plutôt qu’un charpentier « pur ». Là encore, Sogycobois cochait les cases : elle s’est équipée il y a vingt ans déjà de machines à commande numérique. Cet investissement, « très avant-gardiste alors dans sa profession », salue Jean-Louis Albizati, a fait évoluer la PME d’un profil de charpentier-couvreur vers la construction de structures (ossatures bois) et de bardages.

 

Chantiers neufs et historiques

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Parmi les chantiers notoires d'Albizzati Père et Fils, la construction du groupe scolaire de Maîche (Doubs) en prolongement d'un institut médico-éducatif, se terminera pour la rentrée 2023.


Pour l’entreprise familiale de Danjoutin, 2023 démarre ainsi sous de bons auspices. Ceux-ci viennent aussi d’une conjoncture qui reste plutôt porteuse pour elle, « en tout cas en terme de chiffre d’affaires », arrêté l’an dernier à 16 millions d’€, le « haut de la fourchette » dans laquelle Albizzati évolue depuis plusieurs exercices. Les marges, elles, sont davantage rognées par la flambée des coûts des matériaux, en revanche.

La PME fondée au sortir de la Première guerre mondiale par l’arrière-grand’père de Jean-Louis et son frère Alain (**) rentre donc dans le bois, mais sans oublier de perpétuer l’art du travail du béton premium (architectonique, matricé…) qui forge son identité. Son savoir-faire la positionne sur des projets neufs, comme actuellement le nouveau bâtiment de l’ISIFC (Institut supérieur d’ingénieurs de Franche-Comté) de Besançon et l’école de Maîche (Doubs), mais aussi sur le patrimoine historique.

Déjà restauratrice du Lion de Belfort pour son centenaire en 2019, elle rénove en ce moment le téléphérique du Salève datant des années 1930 en Haute-Savoie et la chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp (Haute-Saône). Difficile, pour un orfèvre du béton, de rêver mieux que cette auscultation et remise en valeur du chef d’œuvre du maître architecte Le Corbusier.


(*) anecdote, une erreur de transcription dans l’état-civil, un jour, entraîne une légère différence d’orthographe entre le nom des dirigeants et la raison sociale de l’entreprise

(**) président depuis fin 2021 de la CCI du Territoire de Belfort

Photos fournies par l'entreprise

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