Les fameux pulls rouges des moniteurs de ski français en fabrication. (Photo : Vianney Thibaut Agence Zoom)
Les fameux pulls rouges des moniteurs de ski français en fabrication. (Photo : Vianney Thibaut Agence Zoom)

TEXTILE. Le créateur de vêtements techniques pour le ski a encore réussi à convaincre l’Ecole de Ski Français de lui faire confiance.

Il va habiller la grande majorité des 17 000 moniteurs, répartis dans 250 stations, avec notamment les fameux pulls rouges.

François Gadrey, le dirigeant, conçoit et distribue également des collections de prêt-à-porter féminin, baptisées Aventure des Toiles et inspirées de peinture d’artistes contemporains.

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Et de trois ! Avance Diffusion décroche un troisième contrat avec l’Ecole de Ski Français (ESF).

Le concepteur et fabricant de vêtements de sport et de prêt-à-porter implanté au Creusot (Saône-et-Loire) rhabille de pied en cap les moniteurs de ski.

Le contrat s’élève à environ 3 millions d’€ et porte sur l’ensemble de l’équipement textile : blousons, doudounes, pantalons, imperméables, sous-vêtements…, mais aussi les fameux pulls rouges reconnaissables sur toutes les pistes.

« Parmi la quinzaine de sociétés qui a répondu à l’appel d’offres, nous étions les seuls nationaux », indique François Gadrey, le fondateur et dirigeant de l’entreprise. Le cahier des charges à respecter s’apparentait à un véritable casse-tête.

Toutes les matières ont été préalablement testées par les responsables de l’ESF à l’appui d’une kyrielle d’échantillons. Au point de vue logistique, Avance Diffusion a dû adresser un éventail de tailles qui a nécessité autant d’essayages individuels que de moniteurs.

Tricoteuses en action chez Avance Diffusion. (Photo : Vianney Thibaut Agence Zoom)
Tricoteuses en action chez Avance Diffusion.
(Photo : Vianney Thibaut Agence Zoom)

Mais, au-delà de son expérience auprès de ce client prestigieux, la PME bourguignonne bénéficie d’un avantage compétitif non négligeable grâce à son travail de conception effectué en interne. « Nous disposons d’une équipe de 40 créatifs, en osmose parfaite avec les techniciens », souligne le dirigeant.

Fabrication en partie française

Si les autres vêtements de ski que les pulls sont fabriqués en Roumanie, pour des raisons de coûts salariaux liés aux heures de main d’œuvre nécessaires, ces derniers répondent au pur « Made in France ».

Le rachat en 2011 de certains actifs de la société Clayeux (*), spécialiste de la maille pour enfants, a favorisé l’intégration d’une vingtaine de tricoteuses et couturières très expérimentées. « Ce qui nous permet de faire les pulls en série avec une qualité irréprochable », assure François Gadrey.

Avance Diffusion emploie 130 salariés et mise sur un chiffre d’affaires de 22 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2013.

L’entreprise exploite deux marques : Degré 7 pour le sport et Aventures des toiles dans le prêt-à-porter, qui reproduit chaque année les créations de sept artistes contemporains avec un succès de plus en plus marqué à l’international.

(*) La marque Clayeux a été revendue début 2013, mais Avance Diffusion a conservé 7 des 10 magasins qu’exploitait l’ancien numéro un de la layette, rendu célèbre pour avoir habiller la princesse Caroline de Monaco à sa naissance en 1957.

François Gadrey, P-DG d'Avance Diffusion. (Photo : Vianney Thibaut Agence Zoom)
François Gadrey, P-DG d'Avance Diffusion. (Photo : Vianney Thibaut Agence Zoom)

Qui est François Gadrey ?

A 56 ans, la P-DG d’Avance Diffusion a toujours le même enthousiasme pour ce qu’il entreprend. On se souvient de lui à ses débuts lorsqu’il imprimait sur des vêtements - principalement des t-shirts- à l’effigie de personnages célèbres de bandes dessinées : Tex Avery, Disney, Hergé, Franquin…, sous la marque Studio Aventures.

Fondée en 1982, déjà à Paris, près de la Bastille, son entreprise migre en 1989 au Creusot et prend ses quartiers dans d’anciens abattoirs. Tout ce passe bien jusqu’en 2004 où c’est le dépôt de bilan, entraînant une quarantaine de licenciements.

Mais l’homme, en skieur émérite, a de la ressource et a su depuis fort bien rebondir sur l’obstacle. Il garde toutefois le souvenir amer, se confie t-il, de tous ceux qui ne juraient que par lui et, suite à cet incident de parcours, refusaient de lui adresser la parole : banquiers et autres financeurs notamment.

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