Le fabricant alsacien et bourguignon de produits pour animaux de compagnie ou « petcare », affiche une insolente croissance de 21% sur un marché en progression de seulement 5%. Ce très bon résultat découle d’un engagement marketing vers plus de responsabilité sociétale de l’entreprise. Un exemple avec les litières écologiques pour chat, car parfaitement biodégradables.

 

Il faut suivre Matthieu Lambeaux dans ses explications, tant le dirigeant d’Agrobiothers possède un débit verbal pour le moins quasi inégalable. Ce d’autant, que cet ancien responsable France, puis Sud Europe, de Findus (surgelés) vit  une vraie passion chez ce fabricant de produits pour animaux de compagnie, filiale de Gimv, société européenne d'investissement cotée à la bourse de Bruxelles. Communicative de surcroît, car les résultats sont visibles avec une croissance moyenne de 21%, offrant un chiffre d’affaires de 65 millions d’€ (*), en s’appuyant sur un effectif de 250 salariés et trois unités de production : Cuisery (Saône-et-Loire), Soultz (Haut-Rhin) et Bizerte, en Tunisie.

 

dieman 

Les confinements et, plus globalement les contraintes de déplacements liés à la Covid-19, ont-ils favorisé l’envie d’avoir un compagnon à quatre pattes, sachant que près de 30% des Français souhaitent adopter un animal ? Pas sûr, mais le marché est toujours en devenir et Agrobiothers surfe sur le « petcare » avec ses marques Vetocanis (hygiène, soins, beauté) en grande distribution ou encore Tyrol pour le réseau spécialisé des animaleries.

Une production à base de carton, via le groupe Id’ées, à Chalon-sur-Saône

 

litierechat

 

Les clés de ce succès : Matthieu Lambeaux entend supprimer la chimie dans les produits de soins et d’hygiène pour nos plus « fidèles compagnons à quatre pattes ». Et il concrétise son intention avec une troisième marque, baptisée Aimé, spécialisée dans les accessoires et litières. Les litières pour chats (15 millions de spécimens en France, un marché de 257 millions d’€) viennent de bénéficier d’une innovation écologique. Finies les litières en silice ou dérivées de pétrole, dont on peine à se débarrasser et qui polluent.

 

bpbfc 

 
Le groupe Agrobiothers s’est associé avec Bioveillance, société de Monteils (Gard), qui lui fournit des pellets issus du broyage de rognures de carton neuf ou de carton désencré. La fabrication s’opère à Chalon-sur-Saône, au sein d’une des unités industrielles du groupe Id’ées, entreprise d’insertion qui réalise un chiffre d’affaires de 3,26 millions d’€ (chiffre 2019) et un étonnant 1,9 million d’€ de bénéfices.

 

pepette
Selon son concepteur, la litière en carton est acceptée par 9 chats sur 10. © Traces Ecrites

 

Bioveillance (**) a installé chez Id'ées, une machine à défibrer le carton pour 150.000 € d’investissement afin de réaliser ce produit d’économie circulaire, l'approvisionnement en matière première se faisant dans un rayon de 15 km.  Nicolas Précone, l’un des trois associés, décrit le produit. 
« Cette litière se présente sous la forme de pellets de 5 mm de diamètre et de 10 mm de long ; elle est compostable, mélangée à du bicarbonate de sodium pour éviter toute odeur, est acceptée par  9 chats sur 10 et s’adresse même au lapins, hamsters et autres ratidés de compagnie. »

La mise au point finale s’est faite en 2020. Bioveillance qui espère 600.000 € de chiffre d’affaires cette année, est capable de produire jusqu’à 5.000 tonnes, soit 1,3 million de sac de 3,5kg. Baptisée Happy Lit', la litière est déjà commercialisée dans 450 magasins du réseau Franprix, mais devrait monter dans les cinq ans fortement en puissance dans le réseau de distribution d'Agrobiothers.

(*) Un objectif de 150 millions d’€ d’activité pour Agrobiothers est annoncé à trois ans.
(**) Aussi fabricant d’étonnants cercueils en carton.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Benoit CUDELdit :

    Hasard du calendrier ? Nous présenterons ce matin (05/03) aux élus du Grand Chalon et aux représentants de l'ADEME le bilan de l'étude que nous avons réalisée pour leur compte sur le territoire et qui a permis d'identifier et quantifier les sources potentielles de déchets carton des entreprises locales, et de mettre en place des schéma de collectes avec des contrats tripartites producteur / collecteur / recycleur (Id'ées), abondés par Le Grand Chalon pour amorcer le circuit. Enquête réalisée par René BOUDIER du cabinet SUCH-Solutions (71-St Marcel)

Commentez !

Combien font "3 plus 5" ?