La Fondation COS Alexandre-Glasberg reconstruit, sur l’ancien site industriel de l’avenue de Stalingrad, son centre de rééducation fonctionnelle Divio, installé dans des bâtiments devenus inadaptés. L'investissement de 34 millions d’euros doit hisser cette structure aux niveaux les plus exigeants de son secteur. Il permet une réaffectation digne au lieu, théâtre d’un conflit social mémorable au début des années 2010, et laissé à l'abandon depuis.


C’est un espace vide depuis longtemps qui va se remplir à Dijon : la friche d’Erhel Hydris. En novembre 2011, le tribunal de commerce avait prononcé la liquidation judiciaire de ce fabricant de hayons élévateurs, qui fut l’un des leaders du marché dans les années 2000 avant de sombrer à grande vitesse. Il n’employait plus qu’une trentaine de salariés dans ses derniers instants, alors qu’il en compta 150 à sa grande époque.

Ce site avenue de Stalingrad fut le symbole de la lutte des derniers employés, qui l’occupèrent pendant 251 jours – un record dans l’histoire des conflits sociaux à Dijon –, jusqu’au 31 juillet 2012. L’espoir, ténu, d’une reprise par un industriel de Saône-et-Loire vite déçu, l’outil de production fut démantelé et vendu aux enchères en septembre 2012. À partir de là, le lieu, inoccupé, a été ouvert à tous vents, transformé en décharge à ciel ouvert à tel point que la préfecture adressa une mise en demeure au propriétaire, en septembre 2020, exigeant qu’il en sécurise l’accès et le remette en état.  

Quelques mois plus tard, l'endroit héritier d’une longue histoire industrielle – avant Erhel Hydris, il abrita Pétolat, constructeur de matériels ferroviaires fondé dans les années 1880 – s'est trouvé un nouvel avenir. La Fondation COS Alexandre-Glasberg est désormais propriétaire de la parcelle de 2 hectares et a entrepris la construction d’un bâtiment de 9.600 m2 pour accueillir son centre de rééducation fonctionnelle (CRF) Divio.

 

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« Les bâtiments dans lesquels est actuellement implanté Divio datent de la fin des années 1960, explique Raphaël Diaz, directeur général de la fondation. D’importants travaux étaient à conduire, mais la rénovation sur place s’avérait trop compliquée. De plus, l’emplacement actuel est excentré, difficilement accessible par les transports en commun, éloigné du CHU notre partenaire majeur, et situé sur un terrain en pente qui pose quelques difficultés à nos patients. »

La Fondation COS a donc jeté son dévolu sur l’ancien site Erhel Hydris, sur lequel elle engage 34 millions d’€ pour construire un établissement au goût du jour. « Nous allons pouvoir renforcer notre offre de soins de rééducation dans nos deux grandes filières que sont la neurologie et l’appareil locomoteur, proposer un parcours patient beaucoup plus fluide, offrir aux patients et à leurs proches des conditions d’accueil et de vie bien meilleures. Nous intégrerons de la domotique et concevons un bâtiment à haute qualité environnementale. », promet le directeur.

Alors que Divio a accueilli l’an dernier un peu plus de 1.000 patients, le nouveau plateau technique s’étendra sur 2.000 m2. Les 170 salariés bénéficieront, par ailleurs, de conditions de travail améliorées, avec par exemple des rails au plafond pour faciliter la manutention des patients. Fini la multitude de niveaux, le nouveau bâtiment R+2 sera pensé de manière rationnelle : un rez-de-chaussée dédié à la logistique et à la rééducation, un premier étage pour l’hébergement et la restauration, et un second  réservé à l’hébergement.

 

Chambres domotisées

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Raphaël Diaz, directeur général de la Fondation COS, explique que le nouveau site permettra d'effacer les nombreux désavantages
de l'emplacement actuel du centre de rééducation fonctionnelle de la structure. © Fondation COS


Pour mener cet ambitieux projet, la Fondation COS, qui exploite deux autres CRF en France, à Troyes dans l'Aube et à Bobigny en région parisienne, s’est attaché les services de Réalités Life +, dans le cadre d’un contrat de promotion immobilière. Cette société a déjà mené à bien plusieurs projets pour la Fondation COS, souligne Raphaël Diaz, notamment un établissement d’hébergement pour personnes âgées en Charente ou un centre d’hébergement à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Le futur bâtiment, signé du cabinet lyonnais Soho Architecture, proposera de vastes espaces lumineux, organisés autour d’un jardin intérieur. L’établissement comptera 108 lits en hospitalisation complète, répartis dans trois unités de 36 lits chacune ; un appartement thérapeutique et six chambres domotisées sont prévues dans le programme. L’installation avenue de Stalingrad portera à 34 le nombre de places en hospitalisation de jour, soit un doublement permettant d’accueillir une cinquantaine de patients quotidiennement – et une extension sera possible sur une partie du terrain laissée libre.

 

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En attendant l’ouverture du nouveau Divio, les travaux vont bon train sur un site où toute trace de l’histoire industrielle a disparu grâce au travail de l’entreprise côte-d'orienne de travaux publics Pennequin. Ses équipes ont dépollué et ont encapsulé in situ 1.200 mètres cubes de terres souillées, déconstruit les bâtiments tout en permettant la réutilisation sur place de 12.000 tonnes de béton. Une page s’est tournée, en attendant l’arrivée des premiers patients. Elle est espérée pour la mi-2025.  

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