Les entrepreneuses bisontines Julie Boucon, Stéphanie Bourgeois et Clotilde Bitard lancent Be Magic, une marque de vêtements en cachemire, pour enfants. Elles entendent « dépoussiérer » et « démocratiser » cette matière, tout en rendant l’industrie textile plus durable.

 « Le cachemire, c’est doux, c’est chaud, c’est fin. Les enfants sont hyper bien dedans ». Pour leur nouvelle aventure entrepreneuriale, Julie Boucon et ses deux associées, Stéphanie Bourgeois et Clotilde Bitard, font le pari de cette matière pour une destination inattendue, celle des 6-13 ans. Les fondatrices il y a dix ans de l’application d’apprentissage des langues dédiée aux enfants Holy Owly (Kids MBA), qu’elles ont revendue à un groupe suédois en 2023, se tournent aujourd'hui vers l’industrie textile.

Dans un contexte où la pollution de ce secteur fait des ravages, les entrepreneuses bisontines souhaitent proposer des vêtements durables. « Il y a déjà eu un peu de ménage sur le marché textile pour adultes, celui pour les enfants est en pleine transformation  et il n’y a pas de leader sur le segment du cachemire pour enfants en France », constate Julie Boucon.

 

Cessions aquisitions

 

La marque « Be Magic » porte ainsi l'ambition de « dépoussiérer » cette matière, mais aussi de la « démocratiser » : « Les marques de cachemire proposent souvent des modèles assez classiques, remarque Julie Boucon. Nous voulons montrer que ce n’est pas uniquement pour les vêtements du dimanche. » Be Magic mise donc sur des pulls, des bonnets et des tours de cou aux couleurs vives et aux motifs « funs », vendus respectivement à 110 et 35 euros, contre des prix qui oscillent plutôt autour de 200 euros côté vêtements, et 70 euros côté accessoires.

« L’objectif serait de descendre en-dessous des 100 euros », précise Julie Boucon, qui a conscience que ce prix ne sera pas accessible à tous. Elle espère séduire des consommateurs sensibilisés aux questions de la surconsommation. « La qualité de nos produits leur permettra également de garder une valeur marchande », note Julie Boucon. Ce qui ouvre ainsi la porte à la revente sur le marché de l’occasion.  

Conception bisontine, cachemire mongolien, tissage chinois

be magic dirigeantes
Le trio à l'origine de Be Magic : de gauche à droite, Clotilde Bitard. Stéphanie Bourgeois et Julie Boucon.

 

Avec l’aide de l’intelligence artificielle, Julie Boucon a conçu les modèles de la première collection : « Je les ai imaginés, puis j’ai créé les fiches techniques et les gabarits grâce à l’IA », développe-t-elle. Si la conception est ainsi réalisée en France, la production se localisera en Chine : « C’est là-bas que se trouve le savoir-faire du tissage », justifie la dirigeante, consciente que le « made in France » aurait pu être préférable d’un point de vue marketing, mais aussi pour l’empreinte carbone de la production. « Nous n’avons cependant pas identifié de partenaire possédant ce savoir-faire en France, et produire ici avec un objectif de démocratisation, c’est impossible », estime la cofondatrice de Be Magic.

La matière première, elle, sera importée de Mongolie, où plus de 20 millions de chèvres élevées pour le cachemire paissent dans les montagnes. La demande croissante pour cette laine si spécifique permet à une part de la population locale de tirer ses revenus de cette activité, mais elle cause également des dommages environnementaux, rappelait le site de l’ADN début 2024. Julie Boucon assure que le cachemire choisi pour Be Magic sera issu « d’élevages respectueux, produisant un cachemire de bonne manufacture, labellisé Oek-Tex. »  

Toujours dans l’optique d’une mode durable, la start-up fonctionnera via des pré-commandes, afin d'éviter au maximum les stocks, et donc le gaspillage. La première campagne a été lancée sur Ulule, le 29 septembre dernier. Les 20.000 euros visés permettront le lancement de la production des premiers modèles. « C’est assez précurseur sur le marché textile pour enfants », observe Julie Boucon.

Deux autres initiatives semblables sont prévues avec la plate-forme de financement participatif, puis ce système de pré-commandes devrait être internalisé. Autres évolutions possibles : la diversification des tissus, dans le but de s’adapter aux saisons – « nous testons des mélanges qui incluent du cachemire », dévoile Julie Boucon – et la mise en place de gammes adultes, pour que parents et enfants puissent assortir leurs tenues. De quoi faire de Besançon un nouveau berceau de la mode version cachemire ? 

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A l'origine d'un nouveau club d’affaires sélectif à Besançon  

En lançant Biznessmatch Event à Besançon, en parallèle de la direction de Be Magic, Julie Gacon et Stéphanie Bourgeois expriment un objectic résumable en  « Créer un cercle de confiance » Les deux entrepreneuses franc-comtoises reprennent cette franchise grenobloise, afin de réunir des dirigeants d’ETI, de PME et de start-ups, mais aussi indépendants de la région, une fois par mois. « Nous proposons trois formats : des plénières, avec des conférences de personnalités de haut vol, des déjeuners avec l’intervention d’économistes et de stratégistes, et des déjeuners business placés, afin de faciliter les mises en réseau », détaille Julie Boucon.
Ouvert à tous les secteurs, ce club sera toutefois limité en places, afin d’assurer un équilibre entre les différents domaines. Deux points essentiels : la mixité de ce cercle restreint, et l’horaire des rendez-vous, fixé aux jeudis midis, afin « d’optimiser le temps des dirigeants et d’éviter les réunions les soirs, difficilement compatibles avec la vie de famille », note Julie Boucon. La première participation est gratuite, puis les tarifs d’adhésion oscilleront entre 1.450 et 5.000 euros par an. Renseignements : besancon@biznessmatch.com. 

Photos fournies par l'entreprise

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