MISE À JOUR. Réunis en assemblée générale hier 21 octobre, les salariés ont voté une proposition de la direction qui porte sur la réduction du nombre de suppressions de postes, 485 au lieu des 792 prévus. D'ici la fin de l'année 2020, l'effectif de l'usine de turbines de Belfort sera donc ramené à 1.275 personnes. En contrepartie des 307 emplois sauvés, les salariés cèdent des avantages : réduction de moitié des jours de RTT (jusqu'à 10 jours), suppression de l'abondement du plan épargne entreprise pendant 3 ans, augmentation des salaires soumise à une hausse de 5% de la productivité. La direction s'engage de son côté à réaliser 12 millions d'€ d'économies par an. L'approbation à une très large majorité des salariés a pour effet de prolonger le délai de négociation du PSE (plan social pour l'emploi) jusqu'à la fin novembre. Selon les syndicats cités par l'AFP, « l'avancée majeure » est un projet industriel donnant à Belfort, un statut de centre mondial de décision pour les turbines à gaz. Il sera discuté d'ici la fin de l'année pour une entrée en vigueur en juin 2020. Seule l'intersyndicale CFE-CGC et Sud participera aux négociations, la CGT s'étant désolidarisée de ses collègues dès ce week-end, en ne participant pas à la manifestation qui a fait descendre dans les rues de Belfort, 2.600 personnes pour protester contre l'amaigrissement d'un des plus gros employeurs de la région. La rédaction.


Relire l'article de Pierre-Yves Ratti paru le 16 octobre 2019

Une poignée d’heures avant la rencontre à Bercy avec le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et les syndicats de General Electric, le 15 octobre dernier, les élus de Belfort annonçaient à la presse leur intention de racheter les locaux de l'Américain. Ils rejoignent la démarche des syndicats qui avaient déjà porté plainte contre l'État pour ne pas avoir fait respecter l'accord de 2014 lié à la vente d’Alstom. Et annoncent l’implantation de l’équipementier automobile Magnetto Automotive avec 80 emplois d’ici un an.

À quelques jours du dépôt du plan social de General Electric (GE) auprès de la Direccte, le 21 octobre, concernant 792 suppressions d'emplois à Belfort, les élus du Territoire de Belfort emboîtent le pas des syndicats pour mettre la pression sur le fabricant de turbines afin de l’inciter à réduire les pertes d’emplois.
Hier 15 octobre, Damien Meslot, maire de Belfort et président du Grand Belfort, et Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort, ont annoncé, lors d'une conférence de presse commune, qu’ils déposaient un recours administratif à l'encontre du ministère de l’Economie pour non respect des engagements de l’industriel au moment du rachat d’Alstom. (Lire encadré)

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Mais ce sont deux nouvelles positives que les élus ont voulu rendre publiques au moment où la situation est très tendue à Belfort. Les discussions entre la direction de General Electric et l’intersyndicale ont tourné court lundi 14 octobre, la direction ne concédant à ramener les suppressions d'emploi qu'à 650, si bien que syndicats et élus appellent les Terrifortains à descendre dans la rue le samedi 19 octobre en écho au blocage de l'usine que les ouvriers tiennent depuis une semaine. Hier mardi, les délégués syndicaux d'Alstom Transport qui partagent les mêmes lieux – le site de Techn'Hom – ont rejoint le piquet de grêve.
La première nouvelle que nous n’avions pas pu vérifier auprès de l’intéressé est l’annonce de l’implantation de Magnetto Automotive, un équipementier automobile spécialisé dans l’emboutissage et le formage de pièces métalliques qui travaille déjà pour PSA Sochaux. Cette division de l’italien CLN Group occuperait 8.000 m², près de l'ancien bâtiment des Ailettes, à Cravanche, loués par la société d’économie mixte locale d’immobilier d’entreprises Tandem qui s’engage à adapter les locaux aux besoins de son occupant moyennant un investissement de 2,5 millions d’€.
« Ce sera le premier sous-traitant automobile du Techn'hom », se réjouissent Damien Meslot et Florian Bouquet qui insistent sur le fait d’avoir bel et bien signé un accord avec l’industriel italien. 
Les travaux devraient être terminés au premier semestre 2020, avec 80 emplois dans un premier temps, et une perspective de 120 emplois à terme. Le siège français de Magnetto Automotive est implanté à Aulnay-sous-Bois, sur l’ancien site de PSA-Citroën, en cours de transformation pour accueillir le centre d’exploitation du Grand Paris Express.

Les collectivités racheteraient les bâtiments des usines General Electric

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L'intersyndicale lors du piquet de grève le 11 octobre devant l'usine de General Electric au Techn'Hom. © Thibault Quartier/ Le Trois Info.

Espérant inciter General Electric à réduire la casse sociale, les élus du Territoire de Belfort ont fait une offre immobilière à GE, proposant de racheter les 143.000 m² qui lui appartiennent au Techn’hom, par l’intermédiaire de Tandem.
« Nous faisons cette offre pour répondre à la volonté de GE de faire baisser ses coûts de production », justifie Damien Meslot. Le maire de Belfort souligne que 25.000 m² sont déjà inutilisés par GE et que d'autres surfaces seraient encore libérées dans le cadre de la réorganisation de la production. Le consortium américain qui deviendrait locataire réaliserait des économies en occupant moins de surface. Et gagnerait 750.000 € de taxe foncière annuelle. « Et moins le prix de vente des locaux sera élevé, moins le futur loyer sera important », explique le maire de Belfort.

Relire aussi les articles de Traces Ecrites News  Un quart des effectifs de Genral Electric supprimés à Belfort et  En visite à General Electric Belfort le 3 juin dernier, Bruno Le Maire dit vouloir encourager une diversification dans l'aéronautique et l'hydrogène

 

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Les élus rejoignent les syndicats dans une action en justice

Belfort, le Grand Belfort et le Département vont lancer une action judiciaire contre l'État pour ne pas avoir fait respecter l'accord de 2014, au moment du rachat d’Alstom promettant la création d’un millier d’emplois. CFE-CGC et le syndicat SUD l’avaient fait il y quelques jours auprès du tribunal administratif. Première étape : un recours administratif à l'encontre du ministère de l'Economie. Si ce recours reste sans réponse dans un délai de deux mois, les collectivités saisiront le tribunal.
À ce stade, elles demandent 12 millions d’€ à l'État : 8,27 millions pour pertes de recettes fiscales sur trois ans et 3,7 millions liés aux investissements consentis pour les aménagements pour le passage des convois exceptionnels. Le Département se réserve la possibilité d'abonder ce chiffre : les services du conseil départemental évaluent encore le préjudice financier.
Par ces deux annonces, les deux élus entendent peser sur les négociations en cours sur le plan social. « Nous sommes prêts à retirer à tout moment notre recours si un accord qui préserve l'emploi, les acquis sociaux et la pérennité du site est trouvé, explique Damien Meslot. Notre objectif est de peser sur les négociations et d'être auprès des salariés ».

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