L’énergéticien américain va supprimer 1.044 emplois à Belfort dans son usine de turbines à gaz et dans les services supports implantés dans la commune voisine de Cravanche. C'est un quart des emplois de General Electric dans le nord Franche-Comté qui va disparaître. L’industriel avait au contraire promis d’en créer un millier lorsqu’il a racheté son concurrent Alstom Power il y a trois ans.

General Electric va finalement supprimer plus d’un millier d’emplois dans le Territoire de Belfort où le groupe américain possède le plus gros site au monde de fabrication de turbines et où il avait repris en 2016 l’activité de son concurrent Alstom Power. Le plan social annoncé hier 28 mai concerne au total 1.044 personnes, 792 personnes dans la branche turbine à gaz à Belfort et 252 au sein des services supports à Bourogne.
Dans le nord Franche-comté, General Electric emploie 4.000 personnes dont 1.900 personnes dans l’activité gaz. « Les engagements du géant américain, pris lors du rachat de la branche énergie d’Alstom sont loin » commentent les élus. L’industriel avait en effet promis la création d'un millier d’emplois et à défaut, de payer une « amende » de 5.000 € par salarié, soit 50 millions d’€, au profit de nouvelles activités industrielles.

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C'est d'ailleurs à ce scénario auquel s'était presque résignés élus comme syndicats depuis quelques mois. Plusieurs événements leur avaient mis la puce à l’oreille. Déjà, 575 départs volontaires avaient été été actés l’an dernier à travers un dispositif de rupture conventionnelle collective et un plan senior. A Belfort, plus de 200 départs étaient engagés dans les deux entités rachetées par l’Américain, 194 chez Alstom Power System et 18 chez Power Conversion. Les 10 et 11 avril derniers,  un plan de réduction des coûts de 800 millions d’€ avait été présenté aux syndicats comme étant en cours de finalisation.
Le 21 mai dernier, dans l'attente d'une décision promise depuis le début du mois, quelques 500 salariés avaient manifesté devant l’usine Gaz Power à l’appel de l’intersyndicale, à l’occasion du départ d’un convoi exceptionnel, transportant une turbine 9H, le format XXL des turbines à gaz.

 « Qu'une grande partie du fonds de revitalisation de l'État profite à Belfort »

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General Electric a repris en 2014 les activités de fabrication de turbines pour les centrales thermiques et électriques de son concurrent Alstom. © GE.

Les élus locaux (*) avaient anticipé cette annonce en esquissant une stratégie de diversification (Lire ici l’article de Traces Ecrites News) sur des activités qu'ils jugeaient comptatibles avec les savoir-faire locaux. Notamment participer à la mise en œuvre du plan « grand carénage » pour restaurer le parc nucléaire français, implanter une fiière hydrogène industrielle et développer la sous-traitance pour l'aéronautique. Le jour même de l'annonce, Bruno le Maire, le ministre de l'Economie, a assuré aux députés qu'une grande partie du fonds de revitalisation de l'État profitera à Belfort.
Dans un communiqué commun, les élus locaux ont dit leur dépit, eux qui venaient de recevoir du Président de la République, Emmanuel Macron, un courrier leur assurant que le dossier GE Belfort faisait l’objet de « la plus grande vigilance de la part de l’État ». « Une mobilisation des salariés, de la population et des élus est en préparation en concertation avec les syndicats », annoncent-ils.

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Pour sa part, le syndicat patronal CPME 90 qui porte la voix de bon nombre de sous-traitants et d'activités connexes, en appelle à « la création d'un collectif uni, regroupant tous les acteurs socio-économiques, y compris les organisations de salariés,  l'État, la Région et les collectivités territoriales, afin de porter d'une seule et même voix les actions nécessaires au devenir immédiat et futur du territoire et de ses habitants. » Car, indique son président Louis Deroin : pour un emploi supprimé, ce sont 2 à 3 emplois indirects impactés !
La grande inconnue est maintenant les conditions de départ des salariés. Les difficultés de General Electric s’expliquent par la mauvaise conjoncture du marché des turbines à gaz, mais aussi par l’intérêt croissant de l’industriel pour l’éolien off shore. L'usine de Belfort fabrique aujourd'hui une trentaine de turbines par an, trois fois moins qu'il y a dix ans.

(*)  Damien Meslot, Maire de Belfort et Président du Grand Belfort, Florian Bouquet, Président du Département du Territoire de Belfort, Marie-Guite Dufay, Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Cédric Perrin, Sénateur du Territoire de Belfort, Michel Zumkeller et Ian Boucard, Députés du Territoire de Belfort.

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