La manufacture horlogère de Morteau, dans le Doubs, repart de l’avant après son entrée dans le giron du fonds d’investissement Enowe. Pour célébrer son cinquantenaire, la PME lance Concorde, un nouveau modèle de montre équipé de son célèbre mouvement maison.
Née en 1973 à Morteau, au cœur du Doubs horloger, Pequignet semble connaître une seconde jeunesse au moment de fêter son demi-siècle d’existence. Fragilisée par des problèmes de trésorerie puis reprise par quatre salariés en 2017, la manufacture de haute horlogerie a retrouvé des ambitions depuis que le fonds d’investissement familial Enowe en est devenu l’actionnaire majoritaire en octobre 2021. « J’ai apporté mon savoir-faire et les financements nécessaires pour permettre à l’entreprise d’accélérer », résume sobrement le nouveau président, l’entrepreneur Hugues Souparis (lire ci-dessous).

Des investissements « significatifs au regard du chiffre d’affaires » (estimé à environ 3,3 millions d’€ en 2022), ont permis de redéfinir l’identité de la marque et d’élaborer une nouvelle stratégie commerciale. « Ce repositionnement met en avant l’histoire et les racines de Pequignet, dont la spécificité est d’allier la qualité esthétique du design et la très grande technicité de ses mouvements », précise le dirigeant.
La PME, qui emploie une trentaine de salariés, a en effet été la première en France à concevoir et assembler ses propres mouvements.
Après le calibre Royal en 2011, elle a lancé en 2021 l'Initial, dont tous les composants sont fabriqués dans un rayon de 80 kilomètres autour de Morteau, en France (à 72 %) et en Suisse voisine. Ces mécanismes équipent les montres dites de « manufacture ». Destinés à une clientèle aisée qui « a envie de se démarquer sans se faire remarquer », ces accessoires de « luxe décomplexé » représentent 60 % des ventes (*).
Une boutique rendue permanente à Paris
© Laurent Cheviet
Le calibre Initial anime justement le modèle anniversaire lancé à l’occasion des 50 ans. Disponible depuis septembre, la montre Concorde synthétise l’ADN de la maison, avec un bracelet en métal, inspiré d’une collection « iconique » des années 1980, et un cadran aussi rond que carré - clin d’œil aux « montres de forme » dessinées par Emile Péquignet, le fondateur de la manufacture.
Concorde est vendue, au prix de 3.800 € ou 4.000 € selon les tailles, dans la boutique ouverte depuis quelques mois à Paris. Situé dans la très commerçante rue de Rennes, le showroom jusqu'alors éphémère se transformera, à partir du 15 novembre, en flagship store, un « magasin phare » (**) accueillant clients et potentiels distributeurs.
entre le dessin et la concrétisation en réalité. © Laurent Cheviet
Hugues Souparis espère ainsi accroître l’internationalisation de la marque : « Nous devons revoir notre circuit de distribution en Europe et trouver de nouveaux partenaires aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et en Corée du Sud », déclare-t-il. Aujourd’hui, seulement un quart du chiffre d’affaires est réalisé à l’export, principalement au Japon.
Après la sortie, fin octobre, d’une série spéciale Attitude Elysée en partenariat avec la présidence de la République, le patron d’Enowe va promouvoir ses montres made in France dans une autre capitale, celle de l’horlogerie de luxe.
En avril prochain en effet, Pequignet participera au salon Watches & Wonders à Genève. La manufacture annonce qu'elle y présentera une « belle innovation, avec un nouveau mouvement pour asseoir encore plus la marque dans le monde de la haute horlogerie. »
Première entité du pôle « Enowe Excellence » de son nouveau propriétaire, Pequignet y a été rejointe par Brana, une distillerie à Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques), et Boinet, un fabricant de ceintures d’Indre-et-Loire. Les fonctions support (marketing, communication, finances, juridique…) sont mutualisées au sein du groupe. Cette équipe, basée à Paris, compte quatre salariés et « va s’étoffer dans les mois qui viennent ».
Hugues Souparis, 68 ans, se définit comme « un entrepreneur multirécidiviste ». Originaire du Lot, l’Ingénieur diplômé de l’école centrale de Marseille a fondé, en 1984, Surys – Hologram Industries. Spécialisée dans la protection des billets de banque et des documents d’identité, cette entreprise est devenue l’un des leaders mondiaux de son secteur. Elle a été rachetée en 2019 par l’Imprimerie Nationale.
Après cette vente, Hugues Souparis a créé, avec ses deux fils, la structure d’investissement Enowe, autour de deux objectifs : « L’investissement à impact social via des tickets minoritaires et la constitution d’un groupe industriel réunissant plusieurs maisons d’excellence », explique l’homme d’affaires, classé parmi les 500 plus grandes fortunes françaises.
(*) Pequignet produit également des montres aux tarifs plus abordables, avec des mouvements achetés en Suisse, ainsi que des bijoux.
(**) Une première boutique a été ouverte à Besançon en 2008.









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