Dix ans après la sortie de son Calibre Royal, Pequignet Manufacture lance le Calibre Initial, un mouvement majoritairement français lui aussi, mais plus abordable, qui équipe une toute nouvelle collection de montres baptisée Attitude. L'horloger de Morteau (Doubs) la présente à Besançon samedi 19 juin, à l’occasion des « 24h du Temps ». Puis à l'exposition du Fabriqué en France au Palais de l’Elysée, les 3 et 4 juillet.

 
Un mouvement horloger mécanique très haut de gamme, à 72% français et 28% suisse, c’est inédit. « Nous sommes en effet les seuls à reproposer ce qui a disparu en France depuis 30 ans, la capacité horlogère historique, originelle, à concevoir et produire des mécanismes de montre », se félicite Dani Royer, le président de Pequignet Manufacture. Le Calibre Royal que l’horloger de Morteau avait lancé en 2019 et le tout nouveau Initial demeurent les uniques mouvements majoritairement français.

Pièces, composants, matériaux, tout provient de fournisseurs installés dans un rayon de 70 km autour de l’atelier  – de Besançon à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neufchâtel en Suisse. Le 100% made in France n’est hélas pas possible, en l’absence de certaines compétences.

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La montre Attitude équipée du calibre Initial, avec son mécanisme toujours apparent, visible ce 19 juin au Palais Granvelle à Besançon et les 3 et 4 juillet au Palais de l'Elysée à Paris. © Pequignet


« Pour nous, les confinements auront eu au moins une vertu : l’accélération de son développement. Après deux ans seulement  passés à 200% sur cette création, nous étions prêts pour le lancement en juin dernier. » Celui-ci a finalement eu lieu à l’automne et l’horloger profite des « 24 heures du temps » (*) ce samedi 19 juin à Besançon pour donner une visibilité à la nouvelle ligne très racée de montres, baptisée Attitude, qu’il équipe. Les amateurs ont déjà pu la découvrir dans l’unique boutique Pequignet de France, rue Moncey à Besançon. Elle a été sléectionnée pour figurer à la Grande Exposition du Fabriqué en France au Palais de l’Elysée, les 3 et 4 juillet. 


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Avec ce modèle, Pequignet frappe fort : couronne d’or rose massif, boîtier plus contemporain (39 mm de diamètre), signature fleur de lys en relief, cadran ivoire portant le numéro d’édition peint à la main, bracelet alligator gold, mécanisme toujours apparent – un « must » chez Pequignet – et une réserve de marche de 65 heures.
Il s’agit d’une première version collector, en édition limitée à 100 exemplaires. Numérotés, ils sont en pré-commande sur le site de l’entreprise, avec choix du numéro possible, pour une livraison prévue fin novembre 2021, au prix de 9.000 €. Dès 2022, Pequignet proposera une déclinaison plus accessible (entre 2.300 et 2.500 €).


Un mouvement commercialisé à d’autres horlogers

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Montage de la masse oscillante du mouvement Initial. © Laurent Cheviet
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Montage du balancier spiral du mouvement Initial.  © Laurent Cheviet
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Montage d’un bracelet à l’atelier de la manufacture à Morteau, par Damienne, horlogère. © Laurent Cheviet


L’horloger vise une clientèle de passionnés, de collectionneurs, qui aiment la marque, son design et son histoire. « Pour les amoureux des montres, elle offre le moyen de se différencier, comme une alternative au contingent des marques suisses » , surligne le dirigeant. La version plus abordable intéressera un public évidemment plus large, tourné vers un mode de consommation en renouveau qui s’harmonise avec la philosophie de travail et la conception du produit auxquelles Pequignet (du nom de son fondateur Emile Pequignet) n’a pas dérogé en presque 50 ans d’existence. Un mélange de made in France et de RSE.

L’horloger de Morteau n’a pas l’intention de réserver son mouvement à ses seules collections. Le calibre Initial sera commercialisé par ailleurs de manière « industrielle », pour approvisionner en mouvements d’autres horlogers. Des perspectives pour la marque de conquête commerciale à la fois élitiste et plus ample.



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Un renouveau en 2017

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Denis Royer, président de Pequignet Manufacture. © Laurent Cheviet

ls sont quatre anciens cadres à avoir repris en 2017 la société d’horlogerie de Morteau. Pour Dani Royer, Antoine Commissione, Bernard Espinas et Aymeric Vernhol, l’objectif premier est toujours de développer la marque et « de vivre aussi sereinement que possible son développement. » L’entreprise emploie 20 personnes, apprentis du lycée horloger Edgar Faure de Morteau compris, et réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 2 millions d’€.

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Dimitri, ingénieur au bureau R&D. © Laurent Cheviet

 
(*) La 7ème édition des 24 heures du temps a lieu samedi 19 juin à Besançon (10h/ 19h30 dans la Cour du Palais Granvelle et 10h/18h00 à l’ENSMM à Temis). Expositions de professionnels et designers, bourse horlogère, rencontre des formations spécialisées, visites thématiques, conférences, animations autour de l’établi, ateliers ludiques : Besançon rend hommage à son activité horlogère historique dernièrement reconnue par l’Unesco avec l’Arc jurassien. Cette édition organisée par la Société Française des Microtechniques et de Chronométrie est très franco-suisse avec la présence du Musée International d’Horlogerie de la Chaux-de-Fonds et le Musée d’Horlogerie du Locle, la découverte de l’exposition emblématique Transmissions, l’immatériel photographié (Musée du Temps Besançon – MIH – La Chaux de Fonds) ainsi que des conférenciers de tout l’Arc Horloger.  Une première : les 24H s’installent aussi à l’ENSMM (école nationale des micorotechniques) avec des visites de laboratoires de recherche qui se prolongent aux portes de l’Observatoire et dans les ateliers d’entreprises.

Lire sur le même sujet : Le savoir-faire horlogier de l'Arc jurassien à l'Unesco : la cohabitation du petit poucet franc-comtois et de l'ogre suisse.

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