INNOVATION/ALSACE. WaterDiam veut se passer du très désagrable et décapant chlore pour purifier l'eau des piscines.

Le procédé mis au point par son dirigeant, Laurent Pupunat, repose sur des réactions électrochimiques spécifiques au diamant qui rendent les polluants inactifs.
Entre Alsace et Suisse, la société essaie de percer sur des marchés de niche.

 

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Gros plan sur dispositif d'électrotrolyse.

 

Finis, les yeux rouges, la peau sèche et l'odeur de chlore en sortant de la piscine ? C'est ce que promet Laurent Pupunat, créateur et dirigeant de WaterDiam, doublement implantée à Franken, dans le Haut-Rhin et juste de l’autre côté de la frontière, à Délemont dans le Jura Suisse.

 

Le procédé de traitement de l'eau que l’association Alsace Innovation a remarqué en lui décernant un trophée en 2015 repose sur un système d’électrolyse via un substrat de diamant artificiel dopé au bore, un élément chimique proche du carbone.

 

« Rien n'est ajouté et rien n'est enlevé à l'eau » explique Laurent Pupunat. L'eau passe entre les électrodes, ce qui produit une réaction électrochimique spécifique au diamant et génère des oxydants, éléments désinfectants. Les bactéries, les virus, les molécules organiques sont ainsi inactivées par des « radicaux hydroxyles », précise t-il.

 

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Ce procédé a montré sa pertinence sur les petits volumes, à commencer par les eaux de baignade des piscines des particuliers, des petites structures hospitalières ou cliniques, ou des spas : il permet de s'épargner les douches avant et après la baignade, et d'éviter les inconvénients du chlore.

 

L'investissement reste néanmoins important pour l'acheteur : de l'ordre de 4.000 € pour un spa, 5.000 € pour une piscine. Mais Laurent Pupunat estime que l'investissement est rentabilisé par le confort, la facilité de gestion du pH de l’eau et l'absence de chlore. « Notre eau a d'autres valeurs » insiste-t-il.

 

Marchés de niche à fort pouvoir d'achat

 

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La malette du parfait purificateur d'eau. © Pierre-Yves Ratti.

 

D’autres domaines d'application ont été testés : le traitement des eaux de pluie, les eaux d'aquarium ou encore celle dédiée à l’abreuvement du bétail.

 

Laurent Pupunat affirme avoir effectué des tests chez un producteur de lait qui a constaté, après l'installation de son dispositif de purification de l’eau, une baisse des décès de veaux morts-nés, une hausse de la production de lait, une simplification du nettoyage du pis de la vache avant la traite et une meilleure qualité de lait.

 

De là à dire que l'eau purifiée au diamant artificiel a des vertus curatives, il y a une limite que Laurent Pupunat franchit avec conviction : « La science ne croit que ce qu'elle mesure et sait voir », explique-t-il, fort de ses constats et de sa conviction dans l'efficience de son système.

 

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WaterDiam produit aujourd'hui une dizaine de systèmes par mois, et génère un chiffre d'affaires total (sociétés suisse et française) de l'ordre de 450.000 €.

 

Le développement de son activité, Laurent Pupunat le voit dans des marchés de niche, l'eau pour animaux et, pour les piscines et les spas, dans les pays à fort pouvoir d'achat, comme le Moyen-Orient.

 

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© Pierre-Yves Ratti.

Qui est Laurent Pupunat ?

 

Après une thèse de docteur en sciences à Montpellier, cet enseignant chercheur a travaillé en recherche et développement en Suisse, dans une société bâloise puis à Neuchâtel.


Laurent Pupunat a créé une première entreprise en 2006 à La-Chaux-de-Fonds, avec trois investisseurs : deux dans le domaine de la piscine, un dans les robots nettoyeurs.


Ce dernier se désengageant en 2012, Laurent Pupunat rachète les actifs et crée WaterDiam en 2013, à Franken, dans le sud Alsace.

 

Il préside la SAS et travaille avec son épouse, qui assure essentiellement le travail administratif.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Sophie Regisdit :

    Ce procédé s'appliquerait-il aux bassins sportifs jusqu'à 50 m? Sans exposition aux chloramines, les maître-nageurs préserveraient leurs voies respiratoires, et les nageurs n'auraient plus de crainte de s'entraîner des journées entières. Quels seraient les principaux sous-produits de traitement avec ce procédé? Cordialement,

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