ENTREPRENARIAT. Les cuisinières Lacanche et le groupe d'insertion Id'ées, le coiffeur autodidacte Philippe Bosc et Gérard Schmitter, le pape des bateaux de plaisance : ces quatre entrepreneurs de l'Est font mentir la climat anti-entreprises qui plane dans l'hexagone.
Professeur au conservatoire des Arts et métiers et fondateur du Cercle des entrepreneurs du futur, Michel Godet les a réunis, aux côtés d'une douzaine d'autres dans La France des bonnes nouvelles.
Un titre déjà provocateur au moment de sa sortie, en novembre 2012. Son auteur est aujourd'hui 23 mai à Dijon (*) où il livrera aux chefs d'entreprises « 7 raisons d’espérer ».
Cliquez sur les photos pour les agrandir.
Quand on apprend que 97% des ménages français voient les choses en noir (**) et que 85% d'entre eux pensent que le pire est à venir : trouver sur son bureau, un livre intitulé La France des bonnes nouvelles (***) interpelle.
Et la lecture de ses 18 histoires qui nous « donnent envie de vivre et de partir à la conquête du futur » rassérène.
Parmi elles, quatre sont nées dans l'Est, sur le territoire couvert chaque jour par Traces Écrites News qui essaie aussi, sans faire la politique de l'autruche, de montrer qu'un média dédié à l'économie peut éviter de déverser quotidiennement un flot de nouvelles décourageantes.
Preuve ou coïncidence, deux de ces entreprises ont déjà rempli les colonnes de notre site. Lire Lachanche transforme les cuisines en objets d'art et Les bonnes idées du leader de l'insertion
Morceaux choisis.
- André Augagneur, ancien P-DG des cuisinières Lacanche (Côte-d'Or) auquel son fils Jean-Jacques a aujourd'hui succédé.
« Que conclure ? Que la volonté et la ténacité triomphent de l'adversité ; que l'esprit de famille (…) est une valeur forte, à partir de laquelle se diffuse l'énergie et la motivation de construire dans la durée ; que la droiture en affaires, source de confiance et de considération, est une ressource irremplaçable lorsque viennent des temps difficiles : on découvre alors qu'elle est payée de retour par le respect de tous et le soutien infatigable de quelques autres ; (…) On peut mesure la pusillanimité de certaines banques bien installées, la complexité parfois brouillonne des grands groupes, le manque de renouveau de certains ateliers jadis prospères, mais balayés par l'histoire faute de s'être adaptés (…) ; le rôle important des pouvoirs publics (…) et que les lois et les règlements qu'on leur reproche (…) sont en fait des appuis qui obligent à s'améliorer. »
- Pierre Choux, fondateur du groupe d'insertion par l'économique Id'ées (Dijon).
« Aucune fatalité n'existe qui voudrait que notre société s'organise pour développer un secteur d'activités pour les pauvres et les exclus. Si la solidarité exige des fils de sécurité et d'assistance, elle ne peut être une finalité qui confonde rente institutionnelle et intérêt général. (…) La réussite s'inscrit au travers des coopérations formalisées par des alliances avec les organisations patronales, l'insertion devenant un thème d'investissement judicieux plutôt qu'une nébuleuse marginale. (…) Dans le tryptique santé-logement-travail, c'est par le travail qu'il faut commencer. Le reste vient après, surtout avec certains jeunes des cités. Ils n'ont plus d'adultes référents dont l'autorité est effective. Ils ne voient jamais les travailleurs sociaux qui sont sur le terrain le jour, alors que le jour les jeunes désoeuvrés dorment. C'est la nuit qu'il faudrait s'en occuper. (…) Cet accompagnement permettrait d'éviter le scandale des emplois industriels qui ne trouvent pas preneurs. Ainsi en Côte-d'Or, près de Montbard, Vallourec a dû faire venir des chômeurs de la Réunion, alors que sur place, les chômeurs sont nombreux. »
- Philippe Bosc, fondateur du réseau de coiffeurs à domicile Viadom (Soultz, Haut-Rhin), côté en bourse, cédé à 70% à la Financière Atria en 2002 (chiffre d'affaires à l'époque de 30 millions d'€) pour se lancer dans l'hôtellerie en France et au Maroc et compter parmi les business angels alsaciens.
« Il faut avoir les bonnes idées au bon moment et savoir les mettre en œuvre. (…) Un métier ancestral judicieusement repensé peut peser aussi lourd dans la balance économique d'un pays que les nouvelles technologies. (…) Les premières foudres viennent des confrères. Affolés par le succès de l'entreprenant jeune homme (il avait 20 ans), les patrons des salons de coiffure craignent une concurrence déloyale. La corporation monte au créneau. L'affaire, portée en justice, tournera finalement en faveur de Philippe Bosc. Son cas fera jurisprudence. (…). Pourquoi ça marche ? Il faut anticiper, innover (…) Le système repose sur une analyse du marché basée sur l'évolution d'une société en mouvement. »
- Gérard Schmitter (décédé en février 2012), fondateur d'Alsace Croisières devenu CroisiEurope, dirigé aujourd'hui par ses enfants.
« Quand on a une idée, il faut tout risquer, ne pas hésiter, foncer. (…) Braver la tempête, quoi qu'il advienne. Celle des débuts, souvent chaotiques faute de moyens et de crédibilité. Celle de l'adversité lorsque le succès guide la route. (…) Il faut rester vigilant. Les goûts du public évoluent. Nous devons être à l'écoute de ses désirs, nous adapter. Humer l'air du temps. (…) Réinvestir chaque centime gagné dans l'entreprise. (…) »
Et concluons par cette affirmation de Beaumarchais : "La difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre."

(*) Conférence-débat du Medef et l’UIMM Côte-d’Or avec Michel Godet sur le thème : L’avenir en confiance : 7 raisons d’espérer et des pistes d’actions. 17h45 à la Maison des Entreprises. Inscriptions préalables: 03 80 77 85 00 / 85 11 et sur www.medef21.fr ou www.uimm21.com
(**) Sondage Ipsos/Publicis 14 mars-17 avril 2013 réalisé auprès de 6198 Européens.
(***) Corédigé avec Alain Lebaube, ancien journaliste au Monde et Philippe Ratte, ancien cadre à L'Unesco. Editions Odile Jacob, 313 pages, septembre 2012.















.png)

















.jpg)






















