AGROMATÉRIAUX/BOURGOGNE. Fin juin, Vitis Valorem mettra en service à Meursault (Côte-d'Or), son unité de production de piquets de vignes, fabriqués à partir des sarments.

Stéphane Bidault, également patron de l’entreprise de systèmes de vidéo-protection et vidéosurveillance TEB  fait le pari d'une économie circulaire dans un marché pas encore mature, la filière viticole.

L'entreprise a investi 600 000 € et engrange ses premières commandes : piquets de palissage, marcottes (tuteurs), mais aussi agraphes biodégradables.

 

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Au brûlage des sarments de vigne, qu’il estime d’un autre âge et surtout polluant, Stéphane Bidault préfère leur valorisation en piquets de vigne.

 

Le traditionnel brûlage des sarments, lié à la taille des vignes à l’approche de l’hiver, a t-il du plomb dans l’aile ? Pas si sûr, tellement l’usage est ancré chez les viticulteurs qui la pratiquent dans des brûlots ou brouettes à feu.

 

Mais Stéphane Bidault, le président de TEB, fabricant de systèmes de vidéo-protection et vidéosurveillance à Meursault, est un homme plus que têtu.

 

Cet amoureux inconditionnel de la vigne et des vins en a plus qu’assez de ce viel usage qu’il juge « polluant, à risque pour les ouvriers viticoles qui inhalent les fumées, et aussi d’un autre âge ».

 

Il réfléchit depuis longtemps à valoriser ces déchets verts autrement qu’en craquant une allumette. « J’ai imaginé qu’on pouvait en faire des piquets en lieu et place de ceux, en acacia ou en pin, que les viticulteurs utilisent d’ordinaire pour palisser leur vigne », indique Stéphane Bidault.

 

La technique du palissage consiste à conduire une plante sur une structure, en général métallique, en y attachant ses tiges et ses branches à l’aide de liens afin d’en améliorer la qualité et le rendement.

 

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Léger, fonctionnel et résistant

 

Le chef d’entreprise se rapproche du cluster dijonnais Agrocomposites Entreprises, dont la vocation est d’aider à développer, puis industrialiser, des agromatériaux et le travail de mise au point, évalué à 300 000 €, commence.

 

« Les deux principales difficultés ont consisté à déterminer la bonne granulométrie issue du broyage des sarments puis obtenir par extrudage un mélange avec une résine thermoplastique qui offre les propriétés mécaniques recherchées », explique Maëva Coureux, directrice d’AgroComposites Entreprises.

 

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Stéphane Bidault réfléchit depuis longtemps à valriser les sarments, issus de la taille de la vigne, autrement qu'en craquant une allumette. ©©BIVB / Bernuy J.L.

Résultat : ce piquet agro conçu et breveté se veut plus léger, plus rigide, plus résistant - 10 à 15 ans en moyenne, contre cinq à dix ans pour ceux en bois - et moulable à différentes dimensions.

 

Dernier avantage, on pourra y intégrer préalablement les agraphes biodégradables pour passer les fils de fer. Le produit trouvera-t-il pour autant son marché ?

 

« Je le pense car nous le commercialisons au même prix que ceux en bois d’acacia », argumente Stéphane Bidault.

 

Vitis-Valorem est en train de construire une unité de production à Meursault, moyennant un investissement de 600 000 €, et a déjà embauché deux personnes sur un effectif à terme de cinq.

 

L’entreprise qui a déjà engrangré 100 000 € de chiffre d'affaires, organise parallèlement sa propre filière de ramassage, déjà en Bourgogne, et compte couvrir ensuite tous les vignobles nationaux.

 

 

couvertureCe portrait d'entreprise est l'un des 60 que la rédaction de Traces Ecrites News a retenu pour l'édition 2015 de son magazine annuel Le Best Of.

 

A découvrir et en vente ici.

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