Bonne volonté. Tout un aréopage d’élus et d’entrepreneurs a parrainé la naissance de la «plate-forme économique Suisse-Alsace» le 15 novembre à l’Euroairport Bâle-Mulhouse, lieu sans conteste le plus approprié pour illustrer les échanges entre les deux partenaires.

La Suisse est le 6ème client et le 2ème fournisseur des entreprises alsaciennes, mais elles peuvent encore mieux faire.

Cette conviction anime les CCI et agences de développement des deux côtés de la frontière, porteuses du projet.

Claire dans son objectif de «dynamiser les liaisons entre PME de Suisse et d’Alsace en vue d’échanges commerciaux et de coopérations techniques», la plate-forme doit encore prendre un visage concret.

Un «outil Internet pour favoriser les mises en relation» doit commencer par le faire. Sachant que l’enjeu à long terme n’a pas été éludé : maintenir, pour ne pas dire faire revenir, la maîtrise de l’allemand dans la population active alsacienne.

Car pour faire affaire, il faut se parler… et se comprendre.

La France plus compétitive des activités dégageant des marges nettes usuelles

En Franche-Comté aussi, les acteurs économiques veulent passer «d'une logique de concurrence à une logique de coopération» avec leurs voisins suisses.

Les similitudes entre les activités économiques des cantons de Berne, Vaud, Neuchâtel et du Jura faisant partie de la Conférence Transjurasienne (CTJ) et celles de la zone transfrontalière comtoise (travail des métaux, horlogerie, matériel médico-chirurgical, mécanique de précision, découpage …) débouchent sur un constat déjà connu.

Les entreprises rencontrent les mêmes difficultés : pénurie de main d'œuvre qualifiée, sur-représentation de la sous-traitance, densité urbaine faible…

Mais sont-elles vraiment concurrentes ?

Pas forcément, et c'est là une avancée dans la réflexion d'une coopération qui tarde à se concrétiser.

L'étude menée par la Conférence TransjurasSienne a le mérite de dire clairement les choses.

Pour des activités économiques courantes, dégageant des marges nettes usuelles, la localisation en France est plus favorable que la localisation en Suisse.

«Même si la Suisse dispose d’avantages fiscaux et sociaux considérables, la France, grâce à des coûts de main-d'œuvre (charges sociales comprises), des coûts immobiliers et des coûts de prestations externes moins chers est plus compétitive concernant ce type d’activité».

«En revanche, pour les activités à haute ou très haute valeur ajoutée, le facteur fiscal et la productivité de la main-d'œuvre rendent la localisation en Suisse plus pertinente».

Sensible, le sujet ne peut évoluer qu'au gré d'une «stratégie de petits pas», reconnaît la Conférence Transjurasienne.

Plus politique, un schéma des mobilités de l'Arc jurassien sera présenté le 26 novembre 2010 à Besançon lors de Conseil de la CTJ. Il vise à favoriser les déplacements collectifs (co-voiturage, amélioration des liaisons TER ou bus).

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