PHARMACIE. Faute de projet jugé crédible de la part d’un tiers, une solution interne se dessine pour sauver le centre de recherche des Laboratoires Fournier de Daix, près de Dijon (Côte-d’Or).

Trois cadres scientifiques proposent une reprise partielle des actifs avec l’appui de l’Américain Abbott, propriétaire de l’entreprise depuis février 2010.

Cette proposition a été faite lors d'un comité d'entreprise qui s'est tenu jeudi 17 novembre 2011.

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Ils s’appellent Frédéric Cren, Pierre Broqua et Jean-Luc Paquet et travaillent depuis longtemps au centre de recherche des Laboratoires Fournier, implanté à Daix (Côte-d’Or).

Leur projet de reprise partielle des actifs du site, via une société baptisée Inventiva et créée sous la forme d’une SAS, concerne 109 des 311 personnes employées ou dépendantes de cette activité scientifique.

L’Américain Abbott (35 milliards de $ de chiffre d’affaires), propriétaire des Laboratoires Fournier depuis son rachat au groupe Solvay en février 2010, les accompagnera financièrement pendant une période de cinq ans.

Ce soutien, non communiqué mais évalué à plusieurs dizaines de millions d’€, porte sur l’ensemble des frais de fonctionnement, salaires et charges compris et, intègre aussi le financement de deux programmes de recherche.

«Abbott nous cède aussi la bibliothèque de Fournier, soit 200 000 molécules, véritable nerf de la guerre pour conduire nos travaux et trouver d’autres débouchés dans la mise au point de médicaments, notamment ceux destinés à soigner la maladie de Parkinson», indique Frédéric Cren, président d’Inventiva.

Aucun repreneur extérieur jugé crédible

Cette proposition est la seule qu’Abbott retiendra. «Aucune des sociétés que nous avons contacté depuis septembre 2010 ne s’est montrée désireuse et capable de reprendre les actifs du centre et de préserver l’emploi», souligne t-on chez Abbott.

Reste que l’emploi ne sera que partiellement sauvegardé si cette solution aboutie à l’issue des procédures en cours de consultation du personnel.

Car près de 200 personnes risquent de se retrouver sur le carreau, dont une soixantaine vraisemblablement par le biais de mesures d’âge (préretraites) et tous les autres par licenciements.

«Des mesures d’accompagnement social seront, bien entendu, offertes aux salariés qui ne seraient pas recrutés par Inventiva et à ceux qui ne trouveraient ou n’accepteraient aucun autre poste au sein d’Abbott», précise le laboratoire américain.

De leur côté les représentants du personnel en appellent aux politiques pour "intervenir dans cette catastrophe sociale issue de licenciements boursiers".

Ils déplorent également que : "le géant américain Abbott, appartenant au top 10 de la pharmacie mondiale ait fini par achever les Laboratoires Fournier, ne gardant que les revenus issus de ses produits, en particulier le Fénofibrate (hypolipidémiant), dont le chiffre d'affaires dépasse le milliard d'€".

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Crédit photo: Abbott

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