L’entreprise Stefia qui fabrique des boîtes pâtissières depuis 2019 entre dans une nouvelle phase de croissance. Elle double cette année son parc de machines pour s’installer en septembre prochain à Saint-Julien-du-Sault, dans l’ancienne friche industrielle Marelli Automotive Lighting. D’ici à un an, elle prévoit d’embaucher une trentaine de salariés complémentaires à ses 28 actuels, et de multiplier par cinq sa production.
A Saint-Julien-du-Sault dans l'Yonne, le site Marelli reprend vie. L’entreprise Stefia actuellement basée à Malay-le-Grand, dans le même départelment, va y installer sa production d’emballages alimentaires, sur la parcelle de 4,8 hectares et dans 15.800 m2 de bâtiments qui accueillaient l’équipementier Marelli Automotive Lighting, jusqu’à sa fermeture il y a un an, en juillet 2024.
Stefia va louer à la rentrée cet espace à la SEM Yonne Développement qui s’était rendue propriétaire de la friche, avec une option d’achat de la partie immobilière dans trois ans. Fixé à 1.000 euros dans un premier temps, le loyer triplera après la réalisation de travaux.
Avec cette nouvelle installation, l’entreprise, qui fabrique des boîtes en carton pour la pâtisserie, compte multiplier par cinq sa production de façon à atteindre 300 millions d'unités annuelles. Le chiffre d’affaires qui s’établit à 6,2 millions en 2024 devrait ainsi quasiment doubler, à 12 millions à la fin de l’année 2026, avec un objectif minimum affiché de 30 millions les années suivantes. Stefia a obtenu le soutien de la région Bourgogne-Franche-Comté à hauteur de 400.000 euros en avance remboursable, ainsi que celui de Bpifrance.
En l’espace d’un an, la PME a investi 3,2 millions d’euros afin de doubler son parc de machines. Outre deux nouvelles plieuses-colleuses, une machine de découpe, un massicot et deux retourneurs de piles, elle a surtout fait l’acquisition d’une ligne d’impression offset dotée de cinq groupes d’encrage et vernis. Cette machine, d'un coût de 2,2 millions d’euros à elle seule, permet d’imprimer en couleur les boîtes. « Cette évolution est récente pour nous. Jusqu'alors, nous passions par des partenaires externes pour l’impression, mais pour des questions de délais et de qualité, j’ai préféré que nous les fassions nous-mêmes », explique le dirigeant de Stefia, Stéphane Csizmarik. Cette nouvelle ligne, qui arrivera au cours de l’été, devrait selon lui réduire les délais de livraison à 4 semaines, contre 8 à 12 actuellement. « Nous essayons de faire de la qualité et d’avoir une prestation de service la plus cohérente possible », ajoute Stéphane Csizmarik.
La stratégie de développement de la PME passe par un autre doublement : celui du nombre de salariés. De 28 à ce jour, il devrait atteindre 60 au premier semestre 2026. La première étape consiste à recruter… la recruteuse : une responsable des ressources humaines débutera son poste à la mi-juillet. Elle aura en charge des embauches voulues exigeantes. « J'attends du staff qu'il soit soit hyper sérieux et professionnel. À partir du moment où les personnes ont les compétences, nous les prenons, même si cela nous coûte un peu plus cher », déclare Stéphane Csizmarik.
En parallèle, l’emballeur de boîtes alimentaires en profite pour faire évoluer les postes de ses salariés, pour ceux qui le souhaitent. Deux personnes sont chargées en interne de la partie formation. L’entreprise grandit, mais elle garde un esprit familial dans son fonctionnement : « Nous essayons de favoriser la polyvalence. Par exemple, je peux prendre le poste d’un receveur si besoin. Ici, il n’y a pas de grand patron, il n’y a pas de petits salariés, on essaie d’être une équipe, une famille », relate Stéphane Csizmarik.
2019, l’année tournant

Les vendeurs au détail (artisans pâtissiers, boulangers, traiteurs...) représentent 75 % du chiffre d'affaires de la société icaunause. Pour le reste, celle-ci conserve une activité de revente à de grands négociants de produits complémentaires : des sacs de croissants ou à pain tranché, des supports pâtissiers, des poches à douille… Le négoce a été la base de la création de l’entreprise en 2007. L’épouse de Stéphane Csizmarik, par ailleurs associée majoritaire dans l’entreprise, gérait cette activité.
C’est en 2017, date à laquelle l’époux se détache d’un ancien employeur, qu’il s’investit davantage dans Stefia. En 2019, un rendez-vous inattendu avec deux vendeurs va fait complètement la vie du couple dirigeant. « Nous voulons que vous mettiez en place une unité de production », luy-annonce-t-il. Face à cette quasi-injonction, et par peur de perdre leurs clients, il s’exécute. Bien lui en prend. Le chiffre d’affaires décolle et la transformation de l’entreprise devient une réussite.
Aujourd’hui, cette nouvelle étape de développement résulte du choix plein et entier de ses dirigeants. Regardant le parcours de ces dernières années, Stéphane Csizmarik ne peut s'empêcher de penser et déclarer : « Je continue à remercier ces clients de nous avoir contraint à créer notre production. »
Photos fournies par l'entreprise







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