Pionnière dans la conception de réservoirs à hydrogène, la start-up fondée en 2008 a rejoint depuis deux ans le groupe allemand d’électronique de défense Hensoldt. Se trouvant à l’étroit dans ses locaux de Dole, Mahytec va s’agrandir en transférant son activité à quelques kilomètres, sur le pôle Innovia du Grand Dole.


Chaque recoin a beau être exploité, Mahytec ne peut plus pousser davantage les murs du bâtiment de 1.100 m2 qu’elle occupe depuis 2015 sur la zone des Epenottes à Dole, dans le Jura. L’entreprise innovante spécialisée dans les systèmes de stockage énergétique à partir de l’hydrogène est en phase de croissance. Elle a recruté quatre salariés supplémentaires depuis le début de l’année, sur un effectif total de 36, et son chiffre d’affaires 2022 en cours de clôture devrait friser les 3 millions d’€, contre 2,2 millions en 2021.

Afin d'augmenter sa capacité de production bridée par ce manque de place, la société va déménager à une dizaine de kilomètres, à Damparis, sur le pôle Innovia du Grand Dole. D’ici à la fin de cette année, elle y transférera son activité dans les 3.500 m2 de l’ancienne usine de micromécanique Cylindre construite par le groupe suisse Dixi en 2018 et fermée trois ans plus tard seulement, en 2021. Auparavant, elle doit lancer pour plus d’1 million d’€ de travaux de façon à adapter le site à ses besoins spécifiques.

 

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L'entreprise en manque de place en trouvera dans l'ancienne usine de mircomécanique Cylindre à Damparis en périphérie de Dole, qui a été fermée il y a deux ans. © Edwige Prompt


Ces investissements sont soutenus par son nouveau propriétaire depuis deux ans : Hensoldt, un groupe allemand d’électronique de défense
(6.463 salariés pour un chiffre d’affaires d’1,7 milliard d’€ en 2022) établi près de Munich. En 2021, la branche française de cette ancienne filiale d’Airbus a en effet racheté la start-up jurassienne fondée en 2008 par quatre chercheurs de l’Université de Franche-Comté.

Trois d’entre eux ont quitté l’entreprise, dont Dominique Perreux le directeur général ; un de ses ex-collègues, Pascal Robinet, a conservé un rôle de conseiller. « Seuls, nous ne pouvions pas nous en sortir, estime Benoît Delobelle, l’ancien directeur adjoint devenu, pour sa part, responsable opérationnel après le rachat. Nous avions besoin de fonds et Hensoldt ne voulait pas être actionnaire minoritaire. »

 

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Impliquée dans plusieurs projets de recherche, Mahytec s’est positionnée sur un domaine clé du développement de l’usage de l’hydrogène : le stockage. Pour des applications mobiles ou stationnaires, elle conçoit et fabrique deux types de systèmes, pouvant contenir, selon les modèles, de 20 grammes à 10 kilos d’hydrogène par unité. Elle s’intéresse en premier lieu au stockage sous forme gazeuse, dans des réservoirs sous pression constitués d’un liner polymère recouvert d’une structure composite.

Mahytec produit aussi des bonbonnes de stockage de l’hydrogène à l’état solide mettant en œuvre des hydrures métalliques capables d’absorber d’importantes quantités de gaz à basse pression. Résultat : des réservoirs très lourds mais présentant très peu de risques, particulièrement adaptés aux démonstrateurs pédagogiques installés dans les universités et les établissements scolaires.

 

Plus de 3 millions d’€ d’investissement dans les trois ans

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Benoît Delobelle, ancien directeur adjoint, est devenu responsable opérationnel suite au rachat en 2021. © Edwige Prompt


Enfin, la fourniture sur mesure de systèmes intégrés, de la production d’électricité à la distribution d’hydrogène, représente un quart de l’activité. « La seule chose que nous ne faisons pas nous-mêmes, c’est le contrôle commande pour lequel nous nous associons à l’électronicien français Nexeya, également racheté par Hensoldt, deux ans avant nous », indique Benoît Delobelle.

Grâce aux perspectives de croissance, le nouveau site sur le pôle Innovia devrait accueillir 45 salariés à la fin de cette année et 70 à terme. De plus, fin 2025, une quatrième ligne de production s’ajoutera à celles déjà existantes, deux pour les réservoirs composites et une pour le stockage solide. « Pour un nouveau marché », encore confidentiel, la start-up vient en effet de passer commande d’une machine à enroulement filamentaire de fabrication des matériaux composites, d’un montant de 980.000 €. « Au total, nous avons prévu d’investir entre 3 et 4 millions d’€ sur trois ans afin de financer le déménagement/emménagement, la nouvelle machine et l’industrialisation de la chaîne de production », précise le responsable opérationnel.

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