Le groupe alsacien recycle les emballages plastiques PET pour les transformer en polyol, un des principaux composants des mousses isolantes en polyuréthane pour le bâtiment. Visite en images de son usine de recyclage de Strasbourg, opérationnelle depuis janvier 2019.

Soprema veut s’affranchir des matières premières pétro-sourcées. Dans le cadre de cette stratégie, le groupe familial alsacien (*) a développé un procédé innovant permettant de recycler les emballages plastiques PET complexes (bouteilles de lait opaques, barquettes alimentaires, pots de yaourt…) pour les transformer en polyol, un des principaux composants des mousses isolantes en polyuréthane pour le bâtiment. 

« Nous devenons nos propres producteurs de matières premières », se félicite François China, directeur industriel du fabricant de produits d’étanchéité et d’isolation pour le bâtiment. Baptisé Sopraloop, ce procédé combine un recyclage mécanique et un recyclage chimique. Le groupe a investi 30 millions d’€ en R&D pour développer des solutions de recyclage pour les PET complexes et le polystyrène. Le lancement de l’usine de recyclage (25.000 m2 couverts), située dans la zone du port de Strasbourg, a nécessité 7 millions d’€ supplémentaires.

 

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Opérationnel depuis janvier 2019, le projet construit en partenariat avec l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et Citeo, l’organisme en charge du tri et du recyclage des emballages ménagers, vise à recycler 3.000 tonnes de déchets pour produire 5.500 tonnes de polyols la première année. D’ici à cinq ans, la production devrait doubler, tout comme l’effectif, aujourd’hui de 15 salariés. Le polyol produit à Strasbourg alimente deux usines du groupe qui fabriquent du polyuréthane, à Saint-Julien-du-Sault dans l’Yonne et à Hof en Allemagne.


Visite en images.

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Les emballages en PET complexe (bouteilles de lait opaques, barquettes…) arrivent en balles de 1 mètre cube et sont déposés sur la ligne de recyclage mécanique.
© Julie Giorgi.
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La ligne de recyclage effectue un tri optique pour supprimer les « contaminants », puis les emballages sont broyés et lavés.
© Julie Giorgi.
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À la fin du recyclage mécanique, les emballages sont transformés en paillettes. © Bartosch Salmansk
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Ces paillettes sont stockées dans des silos en attendant de partir pour la phase du recyclage chimique. © Julie Giorgi

 

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Le recyclage chimique s’effectue en deux étapes consistant dans un premier temps à casser la chaîne moléculaire du PET et à créer un liquide intermédiaire. © Julie Giorgi
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Dans un second temps, le procédé consiste à ajouter de l’acide et d’autres additifs.  © Bartosch Salmansk
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Le polyol créé est stocké dans des cuves avant d’être expédié dans des "big bags" vers les deux usines de polyuréthane à Saint-Julien-du-Sault (Yonne) et à Hof (Allemagne). © Julie Giorgi.

(*) L’entreprise fondée en 1908 à Strasbourg par Charles Geisen, sous le nom "Usines Alsaciennes d’Émulsions", rebaptisée Société des Produits et Revêtements d'Étanchéité Mammouth (Soprema) pendant la seconde guerre mondiale, est devenue un des leaders mondiaux de l’isolation et de l’étanchéité. Aujourd’hui présidée par Pierre-Étienne Bindschedler, le petit-fils du fondateur, Soprema emploie 7.600 salariés dans le monde et devrait dépasser les 3 milliards d’€ de chiffre d’affaires cette année. Dernièrement, Soprema a acquis Termo Organika, leader polonais des panneaux de polystyrène expansé pour le bâtiment.

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