PLAISANCE/CÔTE-D'OR. Le concepteur de solutions intralogistiques s’appuie sur son ingénierie pour concevoir des ports à sec destinés à accueillir de 200 à 500 bateaux.

Beaucoup moins chère à la place et beaucoup moins consommatrice de terrain que les traditionnels ports à flot, l'innovation de Savoye est basée sur l'automatisation avec un lissage des pics de fréquentation.

 

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L’ingénierie en intralogistique a cela de bon qu’elle permet de stocker des produits volumineux en optimisant l’espace de réception.

 

De là à envisager loger, sans intervention humaine, de 200 à 500 bateaux dans des ports à sec en automatisant intégralement le process de départ comme d’arrivée, Savoye, entreprise dijonnaise filiale du groupe Legris, l’a fait.

 

« Notre technologie d’automatisation et de mécanisation d’entrepôts s’adapte parfaitement pour répondre à un besoin urgent », argumente Rémy Jeannin, le président de Savoye. Après étude de marché, il constate que la plupart des ports de plaisance de la Méditerranée sont saturés. Quant à certains du Nord de l’Europe, ils ne sont pas loin de subir le même sort.

 

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« La carence d’anneaux disponibles en Europe s’élève à 50 000 et il faut cinq années d’attente en moyenne. En outre, un tiers des demandes d’achat de bateaux ne débouche pas sur une vente en raison des problèmes de place », poursuit le dirigeant.

 

La construction ou l’extension de marinas ne fait en outre plus l’unanimité parmi les élus locaux, en raison du coût et de l’impact sur le paysage. « Notre solution de port à sec est cinq fois moins consommatrice de terrain et le prix de la place entre 30 à 40% moins coûteux à réaliser », précise Rémy Jeannin.

 

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Quelle est la singularité de cette innovation, sachant que des initiatives ont déjà été prises en ce sens. « Cela n’a bien sûr rien à voir avec les racks à bateaux où l’on stocke et déstocke grâce à un chariot à fourche et où la densité est faible comme le flux lent : 10 mouvements par heure, pas plus », assure Hervé Aubert, le directeur projets chez Savoye.

 

Essais grandeur nature au port de Seurre

 

Le bureau d'études dijonnais a aussi étudié à Marseillan (Hérault) le transtockeur rotatif de la société Phar’o qui automatise le seul stockage des embarcations. En conséquence, Savoye a cherché une innovation de rupture qui réponde à la principale problématique en termes de flux : lisser les pics de fréquentation au départ et à l’arrivée des plaisanciers.

 

Deux ingénieurs détachés pendant près deux années à cette problématique, ont relevé ce défi avec succès après validation de leur process au port de plaisance de Seurre (Côte-d’Or) sur la Saône.

 

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Baptisé Take and Sail, le port à sec se compose d’un entrepôt terrestre doté d’un transtockeur et d’un double système de convoyage jusqu’au quai de mise à l’eau : l'élévateur positionne ensuite chaque bateau dans une des alvéoles d’un carrousel ou quai rotatif de 40 places (*).

 

Ce concept est inspiré de celui utilisé dans les aéroports pour la gestion du flux des bagages. Grâce à une application informatique, le plaisancier peut commander à distance, depuis un ordinateur ou un smartphone, la mise à l’eau de son bateau, comme prévenir de son arrivée.

 

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Le carrousel neutralise les temps d’attente dans un sens comme dans l’autre. « Si l’emprise de l’entrepôt est suffisante, on peut également prévoir d’installer une zone avec des ateliers de maintenance et de réparation des embarcations, ainsi qu’un espace d’avitaillement », précise Hervé Aubert.

 

Take and Sail est aussi le nom de la société d’essaimage de Savoye qui accueille à son capital plusieurs cadres de l’entreprise et des investisseurs extérieurs.

 

(*) Détenteur d'un double brevet quant au mécanisme de rotation qui tient compte de la résistance latérale des bateaux dans l'eau et du système d'amarrage par pince de ces derniers.

 

remyjeanninQui est Rémy Jeannin ?

 

Ce jurassien de 52 ans, né à Lons-le-Saunier, fait ses études à l'Université de Bourgogne où il obtient un diplôme d'études supérieures comptables et financières (DESCF).

 

Il débute sa carrière en 1988 en qualité de directeur administratif et financier au sein d’Agena (distribution informatique).

 

En 1993, il entre chez Savoye. D'abord DRH et directeur des finances, il devient directeur général adjoint de la division ingénierie des matériaux de construction du groupe Legris Industries, puis, en 2008, DRH du même groupe.

 

Membre du directoire de Legris Industries depuis sept ans, Rémy préside la division logistique Savoye depuis 2011, avec pour mission de la déployer à l'international.

 

 Pour bien comprendre toute la gestion des flux, lire la vidéo 

 

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